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Haropa Port : un trafic en hausse de 2% en 2025

En 2025, Haropa Port progresse de 2% à 84,7 Mt. Une augmentation tirée par les conteneurs et les vracs solides. L’autorité portuaire concentre une partie de ses 190 M€ d’investissements sur la chatière et le Port Seine Métropole Ouest.

En 2025, Haropa Port termine l’année avec un trafic de 84,7 Mt. Un volume en progression de 2%. Ainsi, les trois ports de la Seine, à savoir Le Havre, Rouen et Paris, ont résisté aux perturbations géopolitiques. En effet, entre la refonte des alliances maritimes conteneurisées, une campagne céréalière 2024/2025 au plus bas et les effets des droits de douane américains, Haropa Port a su faire preuve de résilience au cours de cette année.

Les céréales progressent de 4%

La progression du trafic tient à deux courants : les vracs solides et les conteneurs. Du côté des vracs solides, la croissance s’élève à 10% à 12,9 Mt. Une augmentation d’autant plus remarquable que les signaux du début de 2025 s’affichaient plutôt à l’orange. Effectivement, la récolte céréalière 2024 est tombée à un des plus bas niveaux depuis quatre décennies. Elle s’étend de juillet 2024 à juin 2025. Pour le port, le début d’année demeure stable par rapport à la précédente campagne avec 3,05 Mt. La seconde moitié est plus encourageante avec 4,31 Mt. Ainsi, avec 7,4 Mt, les céréales augmentent de 4%. Un début de campagne tonitruant avec des expéditions dès l’été. Les derniers mois de ce semestre se montrent plus en ligne avec les campagnes précédentes.

Hausse des autres vracs solides

Les autres vracs solides s’inscrivent dans la même dynamique. Les engrais progressent de 35%. Une augmentation qui tient à une anticipation des acheteurs avant l’entrée en vigueur du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) au 1er janvier 2026. Enfin, les pierres et sables augmentent quand le ciment et le clinker reculent de 2%.

Les vracs liquides perdent 0,5%

Du côté des vracs liquides, le trafic s’élève à 39,7 Mt. Un courant qui accuse un repli de 0 ,5% par rapport à 2024. Or, cette année 2024 enregistre aussi une baisse des vracs liquides de 5%. La baisse des liquides en 2025 tient à la filière des produits raffinés. Elle perd 9%. Une diminution qui s’explique par la bonne tenue des raffineries de l’axe Seine. Leur production a limité les besoins d’importation de produits raffinés. Ce regain d’activité a aussi permis de voir une progression de 5% du pétrole brut à 20,4 Mt. Quant aux produits chimiques, ils affichent une hausse de 5%. Des augmentations qui compensent en partie la diminution des produits raffinés.

Conteneurs : un trafic record sur l’hinterland

Enfin, les marchandises diverses connaissent une année de croissance pour les conteneurs et une baisse du trafic roulier. Ainsi, avec 3,2 MEVP, la conteneurisation continue sa progression. Les ports de Seine enregistrent une hausse de 4% du nombre de boîtes. Un trafic qui voit aussi son volume augmenter de 2,1% à 30,5 Mt. « Ces résultats sont définis par une légère hausse de 2,4 % sur le transbordement à 927 000 EVP et par un trafic hinterland atteignant un record historique de 2,3 MEVP, soit une hausse de 4 % », indique l’autorité portuaire.

La résilience de Haropa Port face aux perturbations

Pour la direction d’Haropa Port ce résultat démontre de la résilience du cluster portuaire normand. En effet, dès le mois de février, la reconfiguration des alliances a fait craindre des pertes d’escale. Il n’en a rien été. Le havre conserve sa place dans les services des alliances sur les routes Asie-Europe et transatlantiques. De plus, l’arrivée à la Maison blanche de Donald Trump et les nouveaux droits de douane ont perturbé le commerce international. Dans ce contexte, les opérateurs ont anticipé par des commandes importantes. Au cours de l’année, les flux ont évolué de façon erratique. Ainsi, prenant l’exemple des vins et spiritueux sur l’Amérique du Nord, la direction de Haropa rappelle que le début d’année a enregistré une hausse. À la fin du premier semestre, les échanges ont ralenti pour reprendre en fin d’année. « Les droits de douane s’imposent à nous. Nous ne pouvons agir alors, nous nous adaptons à la situation », souligne Benoît Rocher, président du directoire de Haropa Port.

Le roulier suit la baisse des immatriculations

Du côté du roulier, la situation est moins engageante. Les volumes sont en retrait de 2% en 2025 par rapport à 2024. Une diminution qui tient au marché automobile français. La baisse des immatriculations en France. Ainsi, le terminal roulier a accueilli 242 000 véhicules. Cependant, la direction reste optimiste. Les derniers mois montrent un rebond de ce courant.

Un budget de plus de 1 Md€ pour le prochain projet stratégique

Ce bilan montre la santé de Haropa Port. La direction aborde 2026 avec optimisme. Cette année sera aussi celle du nouveau projet stratégique. « Lors du premier projet stratégique (2021-2025), correspondant à la création de Haropa Port, nous avons investi 1 Md€. Nous travaillons au deuxième projet et le volume d’investissement sera du même ordre, voire plus élevé », confie le président du directoire.

En 2026, Haropa Port table sur 190 M€ d’investissements

Déjà, en 2026, le port table sur une enveloppe d’investissements de 190 M€. Une somme qui sera consacrée d’une part, à la poursuite des travaux de la chatière. Les travaux ont démarré en mars. Ils visent à construire une digue de 1800 m pour un accès facilité des unités fluviales à Port 2000. Un projet qui s’inscrit aussi dans la décarbonation du port. « Elle permettra d’augmenter d’au moins 50 % les volumes transportés par voie fluviale depuis et vers Port 2000. Cette chatière complètera le développement de Port 2000 et ouvrira la voie à une croissance durable du trafic fluvial du corridor logistique vert de l’axe Seine. » Le port prévoit qu’elle sera opérationnelle en 2027, selon le calendrier.

PMSO : un port fluvial avec 100 hectares de stockage

Le deuxième projet qui absorbera une partie importante des investissements est le port de l’ouest parisien, Port Métropole Seine Ouest (PMSO). Situé sur les communes d’Achères et de Conflans Saint Honorine, ce port fluvial coûtera, dans son ensemble, 150 M€. Les travaux ont démarré en 2025. Ils doivent créer un port avec une zone de stockage sur 100 hectares. L’objectif est d’accueillir sur le site des entreprises de la filière BTP. Outre ces deux dossiers, le port travaille aussi à l’entretien du chenal d’accès. La livraison d’une nouvelle drague en janvier 2025 permet d’effectuer les travaux pour offrir un tirant d’eau de 11,5 m jusqu’à Rouen.

L’optimisation du foncier

Enfin, pour accompagner le développement, le port travaille sur l’optimisation du foncier. Elle vise à permettre l’accueil d’industries sur les ports de la Seine. Ainsi, à titre d’exemple, Il a aussi finalisé la préparation d’un terrain de 52 ha labellisé France 2030 à Grand-Couronne pour accélérer l’implantation de projets industriels ou logistiques. Des projets logistiques sont aussi dans les cartons. En effet, un nouveau projet prévoit la construction d’un entrepôt logistique bas carbone de 23 000 m² sur le Parc Logistique du Pont de Normandie 2 (PLPN 2). « Notre stratégie foncière est un levier au service de la souveraineté industrielle et de la transition énergétique», souligne Kris Danaradjou, directeur adjoint développement de Haropa Port.