Geodis : la marge opérationnelle demeure stable malgré le contexte économique
Marie-Christine Lombard, présidente du directoire de Geodis, a présenté les comptes financiers de la société et le plan stratégique des années à venir.
En 2025, Geodis enregistre un chiffre d’affaires de 10,6 Md€. Un volume en baisse de 6,2% par rapport à 2024. Pour Marie-Christine Lombard, présidente du directoire, ce recul tient principalement à la baisse des taux de fret maritimes et aériens. Les variations de ces prix impactent directement et immédiatement le chiffre d’affaires du groupe.
Un chiffre d’affaires de 3,1 Md€ en France
Ce volume d’affaires se répartit entre l’Europe, l’Amérique et l’Asie. Le premier continent réalise 61% de ce global à 6,4 Md€. La France représente 3,12 M€. Vient ensuite l’Amérique. Elle regroupe 30% du volume avec 3,1 Md€ de chiffre d’affaires. Enfin, l’Asie Pacifique et le Moyen-Orient terminent ce classement avec un revenu de 1 Md€. Ces différences s’expliquent par l’activité du groupe. « Nous transportons les produits depuis l’Europe et l’Amérique vers l’Asie pour qu’ils soient transformés. La facturation se fait en Europe par les sociétés commanditaires. Alors, le chiffre d’affaires est comptabilisé dans ces continents. »
La marge d’Ebitda est stable
Si le chiffre d’affaires recule en 2025, la marge d’Ebitda reste stable. Elle se situe aux environs de 11%. En effet, l’Ebitda s’élève à 1,1 Md€ en 2025. Il recule de 5,8% par rapport à 2024. Néanmoins le ratio Ebitda/chiffre d’affaires, qui représente la marge d’Ebitda, se stabilise à 10,7%. « Ce chiffre est un indicateur pour nos équipes. Il représente les gains réalisés sur notre activité. »
Un environnement économique chaotique
Des chiffres financiers qui résultent d’un environnement économique chaotique en 2025. Il pèse sur les chiffres. La volatilité et les incertitudes de 2025 ajoutées à la baisse de croissance du commerce mondial, a réduit les volumes transportés. De plus, les opérations maritimes ont vécu une année marquée par les tensions tarifaires. Le groupe partage son activité en trois tiers presque égaux. Le premier tiers, ou 34% du chiffre d’affaires, se réalise sur le transport routier de colis et de palettes. Le deuxième, de 34%, concerne la commission de transport international. Le dernier tiers du volume est intégré dans la logistique contractuelle.
Une dynamique commerciale robuste
Dans ce contexte économique, Geodis se retrouve affecté à différents niveaux. Ainsi, le recul des exportations allemandes, la baisse de la consommation des ménages en France et aux États-Unis et la croissance économique en Pologne modifient le paysage économique du groupe. « Malgré ce contexte défavorable, Geodis démontre une dynamique commerciale robuste, traduite par l’acquisition de nouveaux clients et le développement des clients existants », ajoute Marie-Christine Lombard.
Geodis parmi les dix premiers mondiaux
Ces évolutions ne devraient pas changer la place de la société dans le classement mondial des commissionnaires de transport. En effet, dans le classement des sociétés de transport en 2024, réalisé par Upply, le groupe SNCF se situe en 14è place. Le chiffre d’affaires de 14,4 Md€ est réalisé à 88% par Geodis. En 2025, Marie-Christine Lombard estime que cette place ne devrait pas changer. « Nous restons parmi les dix premiers groupes mondiaux de logistique. » Cependant, cette position pourrait évoluer. La consolidation du secteur modifie le paysage logistique mondial. L’événement marquant de 2025 est le rachat de Schenker par DSV. « Nous pensons que ce phénomène continuera », assure la présidente du directoire. Elle précise que le marché va se présenter avec d’un côté les opérateurs mondiaux. D’un autre côté, des groupes locaux et régionaux pour assurer la logistique de proximité.
Ormuz pèse sur la commission de transport
L’avenir se dessine sous les mêmes traits avec une incertitude et une volatilité du marché. Le contrôle du détroit d’Ormuz par les Gardiens de la révolution iraniens créé des perturbations. D’une part, « nous ne savons pas où sont les conteneurs de nos clients faute d’informations de la part des compagnies maritimes. » D’autre part, les alternatives terrestres pour atteindre les marchés du golfe Persique nécessitent deux à trois semaines d’acheminement supplémentaires. Une solution que le groupe privilégie pour la desserte du Qatar pour les produits de l’oil& Gas. Geodis décharge les marchandises dans le port de Djeddah et rejoint par la route le Qatar.
L’aérien perturbé par le conflit en Iran
De plus, une grande partie des flux aérien vers cette destination se réalisent par des compagnies locales. Or, elles sont à l’arrêt ce qui trouble encore plus les flux. « Nous avons toujours conseiller à nos clients de réaliser des stocks tampons pour s’approvisionner en cas de difficultés. Nous constatons que cette solution prend aujourd’hui toute son importance. »
Le rachat du groupe Malherbe
Ces dysfonctionnements n’empêchent pas Geodis de regarder vers l’avenir. Le groupe envisage une croissance organique dans les zones où il n’est pas présent. Deux régions sont concernées : l’Afrique et l’Asie centrale. À propos de la première, Geodis souligne qu’il est déjà présent au Maroc et en Afrique du Sud. « Nous regardons mais le développement dépend aussi des projets de nos clients », précise Marie-Christine Lombard. Une croissance qui se fait aussi sur l’externe. Geodis investi dans le routier en reprenant le groupe Malherbe. Une société présente sur l’agroalimentaire et la grande distribution, « deux secteurs qui nous manquent et où nous avions des difficultés à entrer. » Alors, en 2026, le groupe devrait afficher une augmentation de son volume d’affaires.

