Ports

Ports du Panama : une affaire judiciaire pas diplomatique

Dans un courrier reçu à la présidence du Panama, la Chine reconnaît que l’affaire des ports du Panama est judiciaire. Un dossier qui s’étend sur les immobilisations de navires sous pavillon panaméen en Chine.

L’affaire des Ports du Panama n’est pas politique mais judiciaire. C’est à peu près en ces termes que la Chine a écrit au président du Panama, José Raúl Mulino. Le gouvernement de Pékin reconnaît un différent juridique sur la concession des ports du Panama. Le courrier confirme que la solution appartient au tribunal arbitral. « Il ne constitue pas un différend entre les gouvernements », indique le courrier de Pékin à la présidence du Panama.

Un règlement du litige par voie arbitrale

Pour le gouvernement panaméen, ce courrier montre la volonté de la Chine de vouloir régler ce litige par le biais des tribunaux. « Je suis ravi de constater qu’ils admettent qu’il s’agit d’un litige en cours devant des tribunaux d’arbitrage aux États-Unis. Là-bas (à savoir au tribunal d’arbitrage, ndlr), tant l’entreprise que le gouvernement panaméen se défendent en s’appuyant sur l’ensemble des preuves dont nous disposons pour soutenir une position panaméenne justifiée. Je me réjouis que ce message s’accompagne d’une volonté d’apaiser les relations », a déclaré le président de la République.

Des mesures justifiées par le droit panaméen

Le gouvernement de Panama City justifie son action. Il soutient avoir agi conformément au droit panaméen. « Le contrat avec le Panama a pris fin, sur décision de la Cour suprême. Le Panama devait prendre immédiatement le contrôle de ces deux ports. Nous nous sommes préparés, en envisageant d’autres scénarios possibles, pendant un an, pour être prêts à agir comme nous l’avons fait lorsque le moment est venu. Voilà que les ports fonctionnent », a-t-il souligné.

La préoccupation des immobilisations de navires panaméens en Chine

Le président a continué en abordant la question de l’immobilisation des navires sous pavillon panaméen en Chine. Il se dit préoccupé par la situation. Elles augmentent de manière exponentielle par rapport aux autres registres de navires. Le président de la République reconnaît le pouvoir aux États d’appliquer les règles internationales de sécurité pour les navires qui escalent dans leurs ports. « Il est courant que des détentions surviennent et que les autorisations de départ soient refusées. Elles doivent cesser quand les problèmes de sécurité sont résolus. »

La situation s’aggrave

Pour le directeur du ministère de la marine marchande du Panama, la situation s’aggrave. De plus, les armateurs concernés ont déposé de nombreuses plaintes. De son côté, José Raúl Mulino, rappelle que ces immobilisations se réalisent dans un contexte qui n’implique pas le Panama. « Cela concerne la Chine et un autre pays », souligne le communiqué de la présidence. Ainsi, le Panama ne souhaite pas que ce dossier devienne un sujet de négociations bilatérales entre le Panama et la Chine.

Le lien entre les ports du Panama et les immobilisations des navires

De son côté, le département d’État américain a publié une déclaration commune avec la Bolivie, le Costa Rica, le Guyana, le Paraguay et Trinidad et Tobago à propos de ces immobilisations, le 28 avril. Elle rappelle que « la liberté de notre région n’est pas négociable. » Pour ces pays, les immobilisations des navires « font suite à la décision de la Cour suprême du Panama concernant les terminaux de Balboa et de Cristóbal. Elles constituent une tentative flagrante de politiser le commerce maritime et de porter atteinte à la souveraineté des nations de notre hémisphère. » La déclaration mentionne que le « Panama est un pilier de notre système de commerce maritime et, à ce titre, doit rester à l’abri de toute pression extérieure indue. »  La Chine estime que ces propos sont « diffamatoires ». Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères rappelle que « les États-Unis politisent à outrance la question portuaire. »