Soja : la Chine modifie ses circuits logistiques pour privilégier le Brésil
La Chine change de fournisseur pour son soja. Elle se tourne désormais vers le Brésil au détriment des États-Unis.
Le soja devient une commodité qui compose environ 5% des vracs transportés par voie maritime. En 2025, il représente 159,9 Mt, indique le courtier de fret Banchero Costa. Un trafic en progression de 4,6%. Et sur les premiers mois de l’année, la croissance continue. Ainsi, de janvier à avril, AXS Marine note une hausse de 11% à 61,7 Mt.
Le Brésil premier exportateur
Par conséquent, sans égaler des produits comme les minerais, le charbon, les céréales ou la bauxite, le soja prend un poids de plus en plus important dans les échanges mondiaux. Le marché se réparti entre trois pays exportateurs. Au premier rang se retrouve le Brésil. Il a réalisé 73,2% des volumes en 2025, soit environ 117 Mt. Et le poids de ce pays s’accroît puisque sur le premier quadrimestre de l’année, il voit ses exportations augmenter de 5,9% à 45,1 Mt.
Trois pays totalisent 98% des flux
La deuxième place revient aux États-Unis. Il absorbe 23,6% des volumes. Cela représente environ 38 Mt. Les exportations américaines de soja enregistrent une croissance de 33,9% sur les quatre premiers mois de l’année à 14,6 Mt. Une hausse qui vient compenser les pertes enregistrées dans le courant de 2025. Enfin, le podium se referme avec le Canada qui réalise 1,3%, soit quelque 2 Mt, des flux de soja. Ainsi, les trois pays totalisent 98% des volumes. L’Argentine arrive en quatrième position avec 0,7%, soit 1,1 Mt.
L’Union européenne réduit ses importations de soja
De l’autre côté de la chaîne logistique, la Chine entre en première place des importateurs. L’Empire du milieu achète 59,9% des flux maritimes de soja. Et l’appétit chinois croît. En 2025, les importations de soja ont augmenté de 2,1% à 107,6 Mt. La Chine favorise l’augmentation de la production. En effet, sur les quatre premiers mois de l’année, elle a augmenté ses achats de 9,8% à 27 Mt. Derrière la Chine, l’Union européenne pèse 13,5 Mt, soit 9% des volumes échangés. L’UE semble moins gourmande de soja que la Chine puisque ses volumes se réduisent de 13% d’une année sur l’autre.
Rizhao, premier port chinois de soja
Ainsi, la Chine fait office de principale destination du soja. Dans son analyse de marché, le courtier de fret Banchero Costa rappelle que la Chine reçoit le soja dans les ports de Rizhao, Machong, Tianjin, Zhangjiagang, Gaogang, Fangcheng, Nantong, Dongjiakou et Ningbo. Des trafics portuaires qui semblent faibles pour ceux qui observent les flux conteneurs. En effet, le plus grand port de soja chinois, Rizhao, a traité 9,6 Mt en 2025, celui de Machong a réalisé 7,4 Mt et Tianjin 7,2 Mt.
La diminution des approvisionnements chinois aux États-Unis
Le phénomène de ces dernières années est le changement de circuit logistique de la Chine. Depuis 2025, la Chine diminue ses importations depuis les États-Unis. En l’espace de trois ans, les achats de soja aux États-Unis ont perdu près de 52%. En 2024, la Chine achète 16,3 Mt au pays de l’oncle Sam de janvier à avril. En 2025, les importations chinoises se réduisent de 8,3% puis de 20,8% sur le cumul des quatre premiers mois de cette année. Donc, sur le premier quadrimestre de l’année, la Chine a acheté 7,8 Mt aux États-Unis, qui représente 28,7% des approvisionnements du pays. Une tendance qui coïncide avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump et de sa politique des droits de douane.
Les exportations brésiliennes de soja vers la Chine se confirment
Cette baisse des échanges nord-américains se compense par une hausse des volumes depuis le Brésil. Le pays pèse 59,3% des importations chinoises. Au total, sur les quatre premiers mois, la Chine a acheté 16,1 Mt au Brésil. Un volume en croissance de 11%. Les flux au départ du Brésil se réalisent sur la période de février à juillet. Pour leur part, les États-Unis exportent leur production surtout en fin d’année. Cependant, la politique chinoise a changé. Elle préfère le soja brésilien. Alors, les flux en sortie de Brésil pour la Chine devraient confirmer leur essor sur le premier semestre. Une orientation qui pourrait se renforcer. L’Empire du milieu ne cache pas ses intentions d’accroître sa présence en Amérique du Sud. Après le Pérou, le souhait de conserver ses intérêts au Panama, le Brésil est aussi en ligne de mire des investissements chinois.

