Ports

Le chantier du port de Kobé-Kobe a officiellement démarré

Le 8 juin, le président de la République du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema a officiellement lancé les travaux du futur port de Kobe-Kobe. Un chantier de cinq ans dont l’objectif est d’asseoir la position logistique du pays.

Le futur port minéralier de Kobé-Kobe, au Gabon, démarre officiellement en ce 8 juin. Le président de la République du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, a procédé à la cérémonie de la première pierre. Le port doit devenir opérationnel en 2031.

Un investissement de 8,6 Md€

Le projet de Kobe-Kobe est gigantesque. Il doit engloutir un investissement de 5 643 Md FCFA, soit environ 8,6 Md€. Le projet repose sur quatre piliers, indique la présidence de la République. En effet, il s’appuie sur le développement portuaire, les infrastructures ferroviaires, la production énergétique et l’industrialisation locale. Pour le gouvernement, il s’agit de renforcer la transformation industrielle et la souveraineté économique du pays.

L’ambition industrielle et logistique du Gabon

Parce que le projet de Kobé-Kobe n’est pas uniquement un nouveau port en Afrique. Il est aussi le reflet de l’ambition logistique et industrielle du pays. Les pays africains disposant de ressources naturelles agissent pour expédier plus rapidement les marchandises vers leurs ports et donc sur les marchés internationaux. C’est dans cet état d’esprit que le port de Kobe-Kobe apporte une réponse.

Kobé-Kobe, un port de 16 m de tirant d’eau

Le projet portuaire de Kobé-Kobe.
Le futur port de Kobé-Kobe disposera de quatre terminaux minéraliers.

Le site de ce futur port est situé au sud de l’estuaire du Gabon, dans la région de Kobé-Kobe. Il comprend un port en eau profonde pouvant recevoir les navires minéraliers de dernière génération. Il disposera d’un tirant d’eau entre 14 m et 16 m. Le port sera doté de quatre postes à quai pour les minéraliers. Pour le gouvernement gabonais, ce port doit désengorger celui d’Owendo. En effet, le port de la capitale du Gabon, Libreville, souffre d’un manque de tirant d’eau pour les navires de plus grande capacité. Alors, Kobé-Kobe sera aussi une alternative pour désengorger le site d’Owendo. Ce dernier verra sa destination plus centrée sur les trafics de marchandises diverses et notamment de conteneurs.

Transformer et exporter le minerai de fer de Belinga

Dans l’objectif annoncé du président de la République du Gabon, Kobé-Kobe doit faciliter les exportations de minerais depuis les sites de production de Belinga. Situées dans le nord-ouest du pays, les mines de Belinga sont exploitées par Ivindo Iron, filiale du groupe australien Fortescue. Elles constituent une des plus grandes réserves de fer du continent. Selon les informations non officielles, Belinga dispose d’un milliard de tonnes de fer. Alors, pour acheminer les produits sur les 560 km qui séparent la production du port, le Gabon prévoit la construction d’une ligne ferroviaire.

Diversifier les terminaux

Au-delà de la réalisation d’infrastructures, ce projet marque une rupture avec le modèle traditionnel. Les exportations ne doivent plus concernées des expéditions de produits bruts. Elles doivent se faire pour des produits transformés localement. L’objectif est de générer davantage de valeur ajoutée et de renforcer le tissu industriel national. Et le président de la République l’affirme. Le projet du port de Kobé-Kobe ne se cantonnera pas aux trafics de minerais. Il envisage aussi deux postes à quai polyvalents pour les conteneurs et les marchandises diverses. Au total, la capacité de ce port sera de 110 Mt par an.