Corridors et logistique

Entreprises fluviales de France : un mode de transport vu comme un levier pour la compétitivité

Lors de son assemblée générale, le 7 juillet à Paris, Entreprises fluviales de France (E2F) a rappelé le poids du transport fluvial dans la stratégie de décarbonation.

Le fluvial prend toute son importance dans la stratégie de décarbonation du transport. « Il constitue désormais un levier stratégique au service de la compétitivité économique, de la transition écologique et de l’aménagement équilibré des territoires », rappellent les dirigeants d’Entreprises fluviales de France (E2F).

Les mutations de la filière

Ainsi, au travers des conférences, les échanges ont permis de mettre en lumière les mutations que connaît la filière. En effet, les attentes des chargeurs en matière de décarbonation et les impératifs de compétitivité des chaînes logistiques portent le mode fluvial. Une tendance qui s’est aussi décliné sur le transport de passagers. La filière « poursuit sa dynamique, porté par l’essor du tourisme durable, des mobilités urbaines et des investissements engagés dans le renouvellement des flottes », continue Didier Léandri, président délégué général.

Intégrer la décarbonation

Aujourd’hui, la décarbonation est devenue une préoccupation quotidienne pour les opérateurs logistiques. Alors, la transition énergétique a occupé une place centrale dans les débats. Les témoignages d’entreprises engagées dans les dispositifs REMO et LOG-te Fluvial illustrent la mobilisation de la profession pour réduire son empreinte environnementale. Une démarche qui se réalise à travers l’électrification, l’amélioration des performances ou encore la formation des équipages à l’écoconduite.

Le fluvial fait avancer le pays

Didier Leandri a rappelé que « le transport fluvial est souvent discret. Il ne fait pas beaucoup de bruit. Mais il fait avancer le pays. » Il continue en rappelant que les entreprises fluviales n’attendent pas pour investir dans leur décarbonation : « Nos entreprises n’attendent pas. Elles investissent. Mais elles ont besoin d’un cadre stable pour accélérer. » Alors, il souhaite que soient prolongés les dispositifs d’accompagnement, les infrastructures électriques dans les ports. Il demande à favoriser les carburants biosourcés et à mettre en place une fiscalité facilitant le renouvellement des flottes.

Disposer d’infrastructures performantes

Pour surfer sur la vague de développement du fluvial, la compétitivité repose sur des infrastructures performantes, une réglementation adaptée et une approche véritablement multimodale. Et pour le président délégué général, il faut opposer les modes de transport terrestre. « Il n’existe pas d’un côté la route, de l’autre le rail, le fluvial ou le maritime. Il n’existe qu’une seule chaîne logistique. » Pour assurer l’ambition de développement, Didier Léandru souligne la nécessité de donner à VNF les moyens de fiabiliser durablement le réseau. Il appelle à poursuivre les grands projets structurants, notamment la liaison Seine-Escaut.

Un mode important

Des points posés devant plusieurs personnalités politiques et économiques, dont le ministre des Transports, Philippe Tabarot. Le locataire de l’Hôtel de Roquelaure, a affirmé son attachement au transport fluvial. « Il est un secteur discret, mais ô combien important pour les transports dans notre pays. » Il a rappelé que le transport fluvial constitue un levier majeur de la décarbonation des mobilités et de la souveraineté énergétique du pays. Pour le ministre, « le secteur doit poursuivre l’effort de transition des bateaux et de verdissement pour préserver la compétitivité écologique du mode fluvial. C’est une garantie de succès, de résilience mais aussi de souveraineté pour notre pays. » La réunion annuelle a permis au ministre de salué les résultats atteints grâce aux Engagements pour la croissance verte (ECV). Le bilan est positif a souligné le ministre. Dans ce contexte, il confirme le soutien du gouvernement à un acte II des ECV.

La stratégie fluviale nationale

Par ailleurs, Philippe Tabarot s’est montré ambitieux pour ce mode. Le gouvernement souhaite faire entrer le fluvial dans une nouvelle dimension. « Nous sommes arrivés à un moment où il faut changer d’échelle. C’est pourquoi nous nous dotons d’une véritable stratégie nationale fluviale. » Et pour parvenir à cette ambition, il fixe le cap. « Cette stratégie doit être notre boussole pour stopper le déclin du transport fluvial et atteindre un objectif de croissance de 50 % des tonnages transportés. »

Un choc d’investissement

Cette volonté politique s’accompagne d’un soutien financier. Le ministre promet de s’engager dans « un choc d’investissement dans notre pays. » Et, il est revenu sur le projet de loi-cadre sur les transports. Il permettra de financer la modernisation des infrastructures fluviales et leur développement. Derrière cette vision se profile la liaison Seine-Escaut. Les recettes autoroutières doivent constituer une partie du financement. De plus, le ministre a « obtenu que votre secteur soit intégré aux aides mises en place par le gouvernement dans le cadre de la crise sur le carburant. C’est tout simplement parce que c’est juste. » Enfin, il a salué le travail collectif conduit par la profession sur les dispositions destinées à renforcer la compétitivité du transport fluvial.