Céréales : Le blé français toujours en course

Dans son bilan mensuel de décembre, FranceAgriMer annonce la bonne position des blés français sur le marché de l’exportation. Les importations européennes de blé sont en baisse quand celles de l’orge et du maïs augmentent.

L’indice Baltic Dry a continué à jouer au yo-yo au cours des dernières semaines, indique FranceAgriMer dans son rapport mensuel de décembre. Il a perdu en deux mois une grande partie de ses gains pour tomber au plus bas depuis neuf ans pour ensuite revenir à son plus haut depuis cinq mois. La plus forte baisse est à mettre à l’actif de l’indice pour les Panamax, navires qui traitent surtout des céréales, qui a perdu 36% au cours des derniers mois.
Dans ces conditions de transport, le blé français garde son avantage compétitif avec un prix à 206,8$/t en FOB Rouen. Seul le blé allemand, en Europe, reste en dessous du prix français à 198,7$/t FOB Hambourg et en Argentine avec un prix à 197,8$/t depuis l’Up River. Même si le blé français a pris 5,5% en un mois, il reste à 11,6% de moins que le mois de novembre 2018.
Avec une demande mondiale dynamique, le blé tendre français continue de profiter de ses avantages en terme de prix. Les incertitudes qui pèsent sur la récolte dans l’hémisphère sud incitent les acheteurs à se tourner vers les stocks du nord de la planète. Du côté des orges, le marché reste stable, continue le rapport mensuel de FranceAgriMer.
Les exportations de blé tendre français vers les pays tiers reste en croissance au 2 décembre. Au global, la France a exporté 3,9 Mt au début de décembre, soit une progression de 15% par rapport à 2018 et de 45% par rapport à 2017. L’Algérie reste toujours sur la plus haute marche du podium avec un total de 2,02 Mt, soit les deux tiers des sorties françaises. Le 21 novembre, le gouvernement algérien a annoncé vouloir réduire ses importations de blé tendre à 4 Mt, contre 6,2 Mt la précédente campagne. « les exportateurs restent prudents face à cette nouvelle, il faudra suivre les prochains appels d’offre algériens », indique le rapport mensuel de FranceAgriMer. L’autre grande tendance de cette première moitié d’année est à mettre au profit de l’Afrique subsaharienne. Avec 841 298 t, la France a presque doublé ses trafics (la hausse est de 91%). Quant à la Chine, elle prend une place importante avec 467 812 t. Sur les cinq premiers de la campagne précédente, la Chine n’a pas fait appel aux blés français. L’Égypte reste un marché erratique pour la production française. Sur la campagne précédente, quelques appels d’offres ont été gagnés. Sur ce début de campagne, le Gasc (General Authority For Supply Commodities, Autorité pour l’achat de commodités) a préféré se tourner vers les blés russes. La concurrence de l’Argentine sur les flux à destination de l’Afrique du nord n’a pas encore joué à plein. L’Argentine, malgré des prix FOB moins élevé reste discrète dans le nord du continent.
D’un point de vue plus général, l’Union européenne a vu ses exportations de blé tendre progresser de 62% sur les 23 premières semaines de la campagne, du 1er juillet au 7 décembre à 12,2 Mt. « La bonne production de blé tendre de l’UE ainsi que la parité €/$ avantageuse aux origines UE favorisent en effet les exportations (retour aux exportations de la Lituanie, Lettonie, Allemagne, en nette progression par rapport à la campagne passée qui avait été impactée par une sécheresse estivale) », indique FranceAgriMer.
Pour les orges, sur la même période, les exportations européennes sont sur une tendance de hausse avec une augmentation de 33% à 4,7 Mt. La France entre pour 1,6 Mt de ces flux. Des échanges qui se réalisent surtout avec l’Arabie Saoudite, même si cette destination enregistre sur les cinq premiers mois de la campagne une baisse et vers la Chine. L’Iran, le Maroc, le Mexique et la Tunisie complètent le tableau des exportations.
Les importations de céréales sont, pour leur part, en recul global en Europe. Le blé tendre européen répond à la demande intérieure du continent. Au global, avec 1,1 Mt importées, le blé tendre affiche un retrait de 46%. C’est du côté du blé dur que la compensation se réalise avec une hausse de 64% à 700 000 t, surtout en raison de la demande italienne qui ne peut trouver d’autres ressources en intracommunautaire. Ensuite, le maïs reste en forte hausse pour les importations. L’Europe a importé 9,2 Mt sur les cinq premiers mois de l’année et devrait continuer pour un flux d’importation de maïs en Europe estimé à 17 Mt. En France, la récolte du maïs n’est toujours pas achevé à fin novembre. Selon l’organisme en charge de l’observation de ces récoltes, 91% de la production a été ramassée. Au global, la France devrait produire 11,8 Mt de maïs pour la campagne. Les intempéries et la récolte tardive devra décider de la qualité de ces produits.