Le Bahri Yanbu repart sans son chargement

Le Bahri Yanbu, navire appartenant au groupe saoudien Bahri, n’est pas entré dans le port du Havre comme prévu initialement. Il devait y charger du matériel militaire destiné aux forces saoudiennes. L’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) a mené une procédure judiciaire.

Le Bahri Yanbu s’est présenté devant le Grand port maritime du Havre le mercredi 8 mai au soir. Il devait entrer le 10 mai pour y charger une cargaison. Selon le site de Mer et Marine, le ministère des armées a confirmé que le navire devait charger du matériel militaire destiné à l’Arabie Saoudite. Dans le même temps, l’Acat (Association des chrétiens pour l’abolition de la torture) a déposé un référé devant le tribunal administratif de Paris pour bloquer ce chargement. L’ONG a justifié son action en s’appuyant sur le traité sur le commerce des armes, « signé et ratifié par la France », indique un communiqué de l’ONG. Elle considère que cette vente est contraire au traité « en raison de la possibilité que ces armes soient utilisées au Yemen contre des populations civiles ». En effet, le navire aurait dû charger, au Havre, des canons de type Caesar, selon une note de la Direction du renseignement militaire, continue l’ONG.

Au final, le navire a continué sa route et rejoint le port de Santander en Espagne, sans y faire escale au Havre. Pour l’ONG, cette situation a montré le poids que les associations, les citoyens et les parlementaires disposent « face à des intérêts internationaux qui mettent à mal les droits fondamentaux de millions de personne », a déclaré Nathalie Seff, déléguée générale d’Acat France.

Si le navire a continué sa route sans ce chargement, cela n’est pas lié à la décision de justice. Le tribunal administratif de Paris a rejeté le référé déposé par l’Acat considérant que « l’autorisation de sortie douanière de ces armements ne créé pas un danger caractérisé et imminent pour la vie des personnes. » Pour l’ONG, il s’agit d’une décision de « justice cynique ». Prête à poursuivre sa procédure judiciaire, l’Acat y a renoncé après avoir appris la décision de Bahri de ne pas charger au Havre. Néanmoins, pour le cabinet d’avocat qui a procédé à ce référé au nom de l’Acat, la décision du tribunal administratif est « choquante. La justice est le dernier rempart pour empêcher un chargement constituant le dernier acte sur lequel les autorités avant une livraison sur un terrain de massacre. »

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