Automatisation des terminaux : l’approche allemande a porté ses fruits

L’automatisation des terminaux en Europe progresse doucement. En Allemagne, Espagne ou aux Pays-Bas des terminaux entrent dans l’ère du terminal automatisé. En Allemagne l’organisation des opérateurs privés de terminaux, ZDS, nous explique l’approche qu’ils ont adopté pour automatiser des opérations.

Le monde portuaire n’échappe pas à l’évolution technologique. L’automatisation des terminaux devient un sujet posé sur la table des négociations entre partenaires sociaux. Aux États-Unis, ce sujet a fait débat au mois de juillet. APMT a souhaité imposer cette évolution dans son terminal de Los Angeles. Le groupe danois a argué de ce que cette évolution était prévue dans le contrat signé avec les partenaires sociaux en 2015. Après des manifestations et des blocages, APM Terminals a finalement pu engager le processus.
En Europe, le mouvement vers une plus grande automatisation des terminaux a commencé. En Europe du nord, en Allemagne et aux Pays-Bas mais aussi dans le sud, et notamment à Barcelone, l’automatisation prend différentes formes.
Pour Daniel Hosseus, délégué général de la ZDS, Zentralverband der deutschen Seehafenbetriebe e. V, organisation patronale allemande des opérateurs privés de terminaux, l’automatisation ne se fait pas à marche forcée. « Nos adhérents ont fait le choix d’une automatisation raisonnée. Des terminaux sont entièrement automatisés, comme celui de Hansaport quand d’autres, à l’image du Container Terminal Altenwerder, ne le sont que partiellement. » Ce choix dépend de nombreux facteurs continue le délégué général de la ZDS. « Le degré d’automatisation dépend du type des opérations, des spécificités locales, de la technologie disponible, de la performance recherchée, des coûts de structure et de l’aptitude des sociétés à passer à cette évolution technologique et de leurs employés. »

Daniel Hosseus, délégué général de la ZDS: “Le syndicat Ver.di a montré une véritable volonté de coopérer avec nous sur les projets d’automatisation.“. ©ZDS

L’aspect social représente une large part dans la décision de passer à l’automatisation des terminaux. Comme indiqué plus haut, aux États-Unis, le passage d’un travail manuel à des tâches automatisées a été inscrit dans le contrat entre les partenaires sociaux qui régit les relations sociales pendant six ans. En Allemagne, ZDS, organisation patronale, est chargée des négociations avec les différents syndicats de la manutention. « ZDS et le syndicat Ver.di sont les partenaires sociaux principaux de la manutention portuaire. Nos relations se réalisent dans de bonnes conditions. Ver.di a montré une véritable volonté de coopérer avec nous sur les projets d’automatisation. Nous avons pu discuter de cet aspect. » Le syndicat allemand se montre en effet favorable globalement à ce passage. « Digital muss sozial », indique le slogan de Ver.di, ce qui signifie que la digitalisation et l’automatisation des terminaux ont des atouts si ces projets ont des effets positifs en matière sociale. Pour le responsable de la ZDS, derrière ces paroles les syndicalistes cherchent avant tout à assurer la sécurité de leurs emplois, le maintien des salaires, des conditions de travail sûre, des horaires de travail adaptés et de la formation continue.
Le processus visant à automatiser les terminaux amène une modification des tâches des dockers. « Nous avons désormais besoin d’emplois nouveaux sur les docks. Il va de soi que nous avons besoin de nouvelles compétences pour répondre à nos nouveaux besoins. Nous menons des actions de formation continue des ouvriers dockers pour que leurs connaissances soient régulièrement mises à jour », assure Daniel Hosseus.
Outre cet aspect social, l’automatisation des terminaux signifie pour l’opérateur du terminal d’investir dans de nouveaux matériels. Cela passe par des systèmes informatiques, des portiques, des cavaliers ou encore des engins pour transporter les marchandises d’un point à l’autre du terminal. « Cela peut même aller jusqu’à disposer de nouveaux locaux pour accueillir des personnels dont la tâche ne sera plus forcément sur les quais. »
Enfin, parler d’un processus d’automatisation ne se limite pas aux opérations pour les conteneurs. Si ce type de terminal est aujourd’hui en pointe sur cette évolution, en Allemagne, des terminaux comme celui de Hansaport à Hambourg, qui traite des minerais et du charbon, a automatisé une partie de ses opérations de quai.

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