Banana : en RDC le port en eau profonde flotte en eau sombre

Infrastructure majeure pour le nouveau président de la République Démocratique du Congo, le port de Banana devient une affaire politico-judiciaire entre le gouvernement et la société en charge de la gestion de ce futur port.

Disposer d’un port en eau profonde est devenu un élément essentiel du développement pour un pays. Pour la République Démocratique du Congo, l’accès à l’océan reste limité. Le pays ne dispose que d’une bande littorale de 50 km entre l’Angola et l’enclave du Cabinda. La construction d’un port en eau profonde dans la commune de Banana demeure la seule possibilité.

Le coup fourré des ministres

Le précédent gouvernement de la RDC a négocié avec le manutentionnaire DP World pour les études et la construction d’un port sur le site de Banana. « Alors que le contrat conclu le 23 mars 2018 devait expirer le 23 mars 2020, il a été reconduit pour 18 mois, à l’initiative unilatérale de trois ministres, et à l’insu du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi », indique le site mediacongo.net. Le site d’information qualifie ce retournement de « coup fourré » contre la présidence de la République.

Retour en arrière

Le président de la République souhaitait que les termes du contrat soient renégociés pour permettre à la RDC de tirer plus de profits de ce projet. Or, l’initiative des trois ministres du gouvernement remet les pendules à la situation du 23 mars 2018. DP World dispose de deux années supplémentaires.

Un projet de 80 ans

Le projet de construire sur la bande littorale de Banana un port en eau profonde date des années 1930. À l’époque, l’idée de construire un grand port d’exportation à Banana a été étudié par plusieurs ingénieurs belges. Après 80 années d’études, le port n’est toujours pas en fonction. L’élection à la présidence de la république de Félix Tshisekedi en janvier 2019 a donné un nouvel élan à ce projet.

Priorité au port face au pont

En effet, le nouveau président de la République a souligné que la construction du port de Banana devient prioritaire par rapport au pont sur le Congo dans la capitale, Kinshasa. Les précédents gouvernements de la RDC ont plutôt misé sur le pont reliant la RDC au Congo.

Les Banana Port Papers

La Plateforme de protection des lanceurs d’Alertes d’Afrique (PPLAAF) a mené l’enquête sur ce projet. La construction de ce port est devenu le « Banana Port Papers ». Selon des lanceurs d’alertes, « le contrat que s’apprêteraient à signer le gouvernement de la RDC et DPW pour la construction et l’exploitation du port de Banana est supposé créer une structure de sociétés permettant l’enrichissement personnel d’individus politiquement exposés, dont le président congolais Joseph Kabila ». Une analyse réalisée avant les élections de janvier 2019.

Les intérêts de Joseph Kabila

Dans le projet initial, indique la PPLAAF, une co-entreprise entre DP World et une société qui appartiendrait indirectement à l’ancien chef d’État Joseph Kabila, tirerait une partie des profits de ce port. Et pour compléter ce dossier, la construction du port serait assurée par une société chinoise, Guang Ping International. Cette dernière aurait signé un contrat logistique avec la société de Alan Wan, homme d’affaires belgo-congolais et épinglé par plusieurs commissions contre la corruption.

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