Calais 2015 : J – 343 jours

La livraison de Calais 2015 est prévue pour le 13 janvier 2021. Le port du Détroit du Pas-de-Calais sera apte à recevoir les ferries de dernière génération.

L’événement ne manquera pas de marquer le monde portuaire français. Le 13 janvier 2021, soit dans 343 jours, le groupe Bouygues livrera l’extension du port de Calais, appelé Calais 2015. Depuis 2003, ce projet est attendu sur le Détroit du Pas-de-Calais pour donner un nouvel élan au premier port des relations Transmanche. « Nous n’avons pas de raison de voir un retard dans la livraison du terminal », nous a confié Laurent Devulder, directeur de la SPD (Société des Ports du Détroit), en charge de la construction de ce projet. Ensuite, la SPD livrera les postes à la SEPD, Société d’exploitation des ports du Détroit, qui en aura la charge opérationnelle.  À aujourd’hui une grande partie des ouvrages sont réalisés. Les caissons des nouveaux quais sont

Les travaux des futurs postes 11 et 12, le Finger Pier, à Calais 2015 © Port de Boulogne Calais

terminés, la pose des tirants est achevée à 80% et le remblaiement a commencé. Quant à l’ouvrage de raccordement entre le nouveau terminal et les anciens postes à quai, son achèvement est attendu pour les prochaines semaines. Il reste encore des bâtiments à réaliser ainsi que le « Finger Pier » pour les postes 11 et 12.

D’abord le fret puis le tourisme

Une fois le passage de témoin fait entre le bâtisseur et l’exploitant, le basculement des activités depuis les anciens postes à quai vers les nouveaux devra se faire rapidement. « Nous continuerons d’exploiter deux ou trois postes à quai de l’ancien port mais la majorité des flux seront transférés sur le nouveau terminal, explique Laurent Devulder. Il faudra assurer la fin du raccordement entre les deux terminaux, l’ancien et le nouveau. » Des opérations qui vont se faire dans un laps de temps court mais qui est d’ores et déjà anticipée. Une commission a été créée entre la Région, la SEPD, les services de l’État et les différents acteurs privés pour déterminer le phasage le plus rapide du transfert des activités sans pour autant gêner le trafic. Le phasage, selon le directeur de la SPD, devrait se faire en premier avec le fret pour ensuite accueillir le tourisme. « Il n’est pas envisageable, à ce stade de nos réflexions, d’opérer des transferts service par service ».
En ouvrant ce nouveau terminal, Calais se dote de trois nouveaux postes pour les ferries. Le site actuel offre cinq postes. Deux de ces cinq postes, les numéros 5 et 6, seront arrêtés pour être détruits vraisemblablement. Les nouveaux postes à quai permettront de recevoir des navires de dernière génération. Le nouveau terminal anticipe les évolutions pour l’électricité à quai. Des espaces pour tirer des lignes de haute tension sont prévus. Hormis P&O Ferries qui prévoit une alimentation à quai pour ses futurs navires, aucune autre demande n’a été déposée pour l’instant. La SPD a prévu l’avitaillement par GNL des navires. Une première étude a été réalisée en 2012 sur ce sujet entre les ports de Calais, Douvres et Dunkerque. Avec l’entrée en service du terminal GNL de Dunkerque et sa capacité à pouvoir avitailler les navires, il pourrait être envisagé de dédier une barge qui alimenterait les navires soit la nuit soit sur des postes éloignés, pour répondre à la réglementation.
Les nouveaux postes à quai pourront accueillir des navires allant jusqu’à 240 m de longueur. Le plus grand navire actuellement en opération dans le port de Calais mesure 213 m et le futur navire de P&O Ferries est prévu à 230 m. « Les postes actuels sont aisément extensibles pour recevoir des navires encore plus grands s’il le faut dans un proche avenir », continue Laurent Devulder. En outre, ce terminal prévoit deux passerelles pour les navires rouliers. La première sera adaptée pour tous les navires disposant d’une rampe arrière. La seconde est plus adaptée à la taille moyenne des navires naviguant actuellement en Mer du nord, à savoir 165 m de longueur. Des outils qui correspondent à la volonté du port de Calais de vouloir aller plus loin dans son rôle de hub roulier entre l’Europe du nord et du sud (lire notre article).

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