Plan de relance : les ports sont verts

Dans la présentation du Plan de relance faite par le premier ministre le 3 septembre, les ports ont trouvé une place. Ils sont intégrés dans le chapitre Écologie de ce plan. Sur les 100 Md€, les ports disposent d’une enveloppe de 200M€.

« Nous avons de quoi être vert », indique un responsable portuaire après avoir lu le Plan de relance proposé par le gouvernement. Un commentaire qui peut se lire dans les deux sens. En effet, le Plan de relance inscrit les ports dans une logique de verdissement. Pour les opérateurs c’est aussi une grande déception de ne voir qu’une somme parcellaire affectée à leur secteur.

650 M€ pour le ministère de la mer

Le Plan de relance du gouvernement prévoit une enveloppe globale pour le maritime de 650 M€. « Le volet maritime du Plan de relance permettra de mener des actions de soutien et de développement de l’économie portuaire, des filières pêche et aquaculture et des industries de la mer. Il permettra également de renforcer la préservation et la résilience du littoral, de promouvoir les métiers de mer, d’aider les secteurs du tourisme et de la recherche et de mieux diffuser la culture maritime », indique un communiqué du ministère de la mer.

La transformation verte des ports

Jean Castex, premier Ministre, a présenté le plan de relance pour la France. Une enveloppe de 100 Md€ est prévue dont 650 M€ pour le ministère de la mer. Les ports disposeront d’une enveloppe de 200 M€. ©Photo sous licence CC

Le Plan de relance veut accroître les mesures en faveur de la transition écologique par les ports. « Le renforcement de leur compétitivité économique doit s’accompagner d’une démarche exemplaire en matière environnementale, notamment en offrant aux navires, des énergies propres évitant les émissions polluantes », continue le dossier. Pour l’équipe de Jean Castex, premier Ministre, « les ports constituent des lieux privilégiés de réindustrialisation des territoires, capables de renforcer la présence de la France dans les réseaux économiques et logistiques mondiaux. » Le gouvernement a octroyé une enveloppe de 200 M€ pour les ports, soit 0,2% du Plan de relance.

La participation des ports

Le développement de ces installations doit se faire dans un contexte de « verdissement ». Il s’agit de déployer des solutions d’avitaillement en carburants alternatifs et en investissant vers le report modal. Les 200 M€ prévus pour les ports devra se faire « en cofinancement avec les grands ports maritimes, les collectivités concernées et, le cas échéant, l’Union européenne ». Cela signifie qu’au-delà des 200 M€, les ports, qu’ils soient GPM ou ports régionaux, devront participer au financement de leurs développements avec les collectivités locales.

Des ports plus compétitifs et plus attractifs

La mesure vise à rendre les ports français plus compétitifs et attractifs dans le domaine économique. Cela passe par des investissements sur les infrastructures portuaires, les équipements en faveur de la transition écologique, l’aménagement d’infrastructures fluviales et ferroviaires, la construction d’entrepôts de stockage à haute qualité environnementale, l’électrification des quais et la création de points d’avitaillement au GNL. Parmi les exemples de projet, le Plan de relance cite l’amélioration des accès ferroviaires des GPM de Dunkerque et de Marseille. Il vise la production d’énergie verte par la pose de panneaux photovoltaïques. Enfin, il évoque la construction d’usines de fabrication de pales d’éoliennes au Havre.

Des projets qui datent

Des projets qui sont vertueux dans un sens. Cependant, il faut rappeler que la fabrication d’éoliennes au port du Havre est engagée depuis plusieurs mois. Quant à la desserte ferroviaire de Dunkerque et Marseille, elle est au programme depuis plusieurs années. Parmi ces exemples, le Plan de relance n’évoque pas de financement de la chatière de Port 2000. Il n’évoque pas les retombées de ce plan pour les ports qui ont déjà mené des actions en faveur de la transition écologique à l’image du GPM de La Rochelle.

Est-ce ce que veulent les logisticiens?

De plus, « les projets mobiliseront des emplois français pour leur construction. Ils pérenniseront la compétitivité des ports français et l’attractivité pour l’implantation de nouveaux industriels et logisticiens.» Un souhait ou plutôt un vœu pieu ? Il ne semble pas que le gouvernement ait entendu les opérateurs logistiques sur les attentes en matière de logistique portuaire. L’attractivité des ports se fera par leur compétitivité mais aussi leur fiabilité. Un sujet que ce dossier ignore totalement.

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