P&O Ferries négocie un plan de sauvetage

Nous publions un article de Gael Cogné, de Mer et Marine, sur les conséquences de la pandémie actuelle sur P&O Ferries.

La presse britannique relate depuis quelques jours les difficultés rencontrées par la compagnie P&O, l’un des plus grands opérateurs de ferries du pays, qui importe 15% des biens au Royaume-Uni. Une situation provoquée par l’effondrement du trafic transmanche en raison de l’épidémie de coronavirus, selon son nouveau propriétaire, le groupe dubaïote DP World.

À l’inverse, les syndicats l’accusent de vouloir profiter de l’épidémie pour rogner salaires et acquis sociaux, tout en remplaçant des marins britanniques par des équipages étrangers. Selon DP World, qui a racheté P&O il y a un an, la compagnie de ferries manque de trésorerie et sa survie est en jeu. Le propriétaire essaie de conclure un accord de sauvetage de 250 millions de livres (285 millions d’euros) pour éviter le naufrage de la compagnie, vieille de 180 ans et comptant 4000 employés. DP World a demandé 150 M£ (171 M€) au gouvernement britannique.

Le syndicat RMT, qui a réagi « avec fureur », mardi, dans un communiqué, affirme qu’il est question de baisser les salaires, remplacer les marins britanniques par des équipages étrangers, réduire les indemnités du régime maladie, introduire des restrictions sur les congés… L’un des objectifs du plan, selon le syndicat, serait notamment de réduire de 20% le coût du personnel estimé à 142 M£ (162 M€), soit économiser ainsi 28 M£ (32 M€). Le syndicat a dénoncé une « agression totale de P&O sur les emplois, les salaires et les conditions de travail au milieu de la pandémie de coronavirus ». Son secrétaire général, Mick Cash, a relevé que DP World allait verser 332 M$ (304 M€) de dividendes à ses actionnaires ce mois-ci. Il a dénoncé le « mépris » de P&O, estimant que le groupe cherchait à tirer profit des « conditions temporaires du marché » pour « attaquer » les membres de son syndicat et les gens de mer. Il a appelé le gouvernement à « intervenir pour fournir plus de garanties pour protéger les marins ».
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