Corse : Corsica Ferries voit ses offres refusées pour la DSP

Le président de Corsica Ferries, Pierre Mattei, a souligné dans un article posté sur Linkedin le refus de la Collectivité de Corse pour la DSP 2021 et 2022. L’offre de l’armateur de Bastia a proposé une offre 60% moins chère que ses concurrents.

Les choses ne s’arrangent pas entre l’armateur bastiais et la collectivité de Corse. Les propositions faites par Corsica Ferries pour les deux années de DSP 2021 et 2022 seraient 60% moins chères que celles de ses concurrents.

Dans un article de Corse Net Infos du 16 février, la délégation de service public est transitoire.Elle doit durer 22 mois à compter du 1er mars jusqu’au 31 décembre 2022. Elle doit permettre de passer la crise sanitaire actuelle. Corsica Linea et La Méridionale ont été retenues pour cinq lignes : Corsica Linea et La Méridionnale remportent la ligne Ajaccio-Marseille, Corsica Linea remporte pour sa part les rotations entre Marseille et Bastia, Porto Vecchio et  L’Île Rousse. Enfin,, La Méridionale se voit attribuer les liaisons entre Propriano et Marseille.

Des offres rejetées pour absence de clé USB

Données communiquées par Corsica Ferries.

Dans un texte publié sur Linkedin, le président de l’armement, Pierre Mattei, explique la position de l’armement. Déjà, en 2019, l’offre de l’armateur de Bastia a été refusée. « En 2019, les offres de Corsica Ferries ont été rejetées pour l’absence de clefs USB, alors que la version papier desdites offres était parfaitement complète », indique l’article de Pierre Mattei. Les choses se sont répétées en 2020. « Les offres de Corsica Ferries sont les meilleures, mais à la dernière minute le besoin de service public a soudainement évolué, conduisant la Collectivité de Corse à déclarer l’appel d’offres sans suite », continue le président de l’armement. Et en 2021 « les offres financières de Corsica Ferries sont de nouveau les mieux disantes : de 34 à 87% moins chères selon les lignes. Mais la dernière trouvaille de la Collectivité de Corse, est de rejeter les offres de Corsica Ferries au motif que … ses navires ne disposeraient pas de suffisamment de cabines pour les convoyeurs ! »

Un rejet pour défaut de l’outil naval

Le rejet des propositions de Corsica Ferries a été motivées par la Collectivité de Corse en raison de l’outil naval. « Votre proposition est adossée à un outil naval ne répondant pas aux exigences du dossier de consultation, notamment aux prescriptions de l’annexe 1 (Annexe technique des services) dès lors qu’elle n’offre pas le minimum d’installations couchées, de cabines et de fauteuils requis pour le transport des passagers et convoyeurs. […] Pour des raisons de sécurité évidentes, il est indispensable – au-delà même de la qualité du service et dès lors que toutes les traversées auront lieu la nuit – que les convoyeurs soient en mesure, à leur arrivée, de reprendre la route après avoir bénéficié des meilleures conditions de repos possibles ».

La 10è compagnie en nombre de couchages

Ces arguments sont rejetés par Corsica Ferries. Pour Pierre Mattei, il faut remettre les choses en perspective. La compagnie bastiaise occupe le septième rang mondial en capacité et 10è en capacité de couchage. Autre motif de rejet, rappelé par Corsica Ferries, « l’exécution des rotations supplémentaires prévues à l’annexe 1 est subordonnée à un accord entre les parties, alors même que celles-ci ont vocation à être imposées par l’autorité délégante ».

Un sevrage difficile

Pour finir, la direction s’indigne de ces rejets successifs. « Au fil des appels d’offres, les motifs de rejet deviennent de plus en plus créatifs pour éviter de nous attribuer la moindre ligne en DSP. Ces scenarii qui se répètent, alimentent des aides d’État et des surcompensations du transport maritime vers la Corse qui est devenu le plus coûteux d’Europe en service public. La desserte maritime corse est-elle condamnée à une éternelle perfusion de subventions ? Le sevrage est difficilement possible quand l’addiction est institutionnalisée. Face à cette nouvelle mise en concurrence déloyale, nous étudions actuellement avec nos avocats toutes les voies de droit de nature à défendre les intérêts de la compagnie », indique Pierre Mattei.

risus accumsan felis pulvinar felis vel, elit. facilisis suscipit