La Méridionale ouvre une ligne entre les ports de Marseille et de Tanger Med

L’armement marseillais, La Méridionale, ouvre une ligne entre son port d’attache et Tanger Med à partir du 2 décembre. Une position sur une liaison en croissance au cours des dernières années.

L’ouverture de la ligne entre Marseille et Tanger Med le 2 décembre entre dans un contexte particulier de crise sanitaire. Au démarrage de la ligne, un navire, le Girolata, effectuera deux rotations par semaine. D’une capacité de 110 remorques, le navirede La Méridionale présente des capacités intéressantes pour le fret. Quand la crise sanitaire aura fini de produire des effets sur l’économie, l’armement marseillais envisage d’aligner un second navire. Le Pélagos, d’une capacité de 150 remorques et 355 passagers, viendra renforcer le Girolata.

Un potentiel important

Pour les responsables de La Méridionale, le potentiel est important sur cette rotation. De nombreux chargeurs ont déjà fait connaître leur intérêt envers cette rotation. « Le potentiel de fret entre l’Europe et le Maroc est important », souligne Eric Brioist, référent fret Maroc de La Méridionale. Les flux économiques entre le Maroc et la France sont globalement équilibrés. Les produits agricoles sont échangés entre les deux pays, avec notamment des céréales en export et des fruits et légumes en import. La saison des agrumes vient ainsi de débuter. Les productions agro-alimentaires, les produits chimiques et métallurgiques complètent les exportations pour l’essentiel. À l’import, il s’agit essentiellement de pièces des industries automobile et aéronautique, ainsi que du textile.
En 2018, la France a exporté 4,4 Md€ vers le Maroc et importés pour 5,3 Md€. Pour la Provence, l’export s’établit à 224 M€ contre 465 M€ pour l’import. Une fois que la ligne Marseille-Tanger aura atteint son niveau de croisière, La Méridionale espère transporter chaque année 280 000 m linéaires de fret, soit l’équivalent de 20 750 remorques. Ce volume représente entre 5 et 6 % du total des volumes de remorques transportés vers Tanger.

Un appui sur Tanger Med

En choisissant de relier le port phocéen à celui de Tanger, La Méridionale veut s’appuyer sur le rôle central que joue ce port sur le détroit de Gibraltar. « Tanger Med connaît un développement soutenu depuis près de 20 ans. Il est le terminus d’une autoroute reliant Casablanca, Rabat, Marrakech et Agadir. C’est dans ce secteur que se sont déployées de nombreuses zones franches, très dynamiques. Plus au sud, les productions de Mauritanie jusqu’au Sénégal passent majoritairement par Tanger », continue l’armement phocéen.

Une alternative à la route par la péninsule ibérique

En créant une ligne Marseille/Tanger, La Méridionale apporte une réponse à un marché du fret clairement identifié. « Jusqu’à présent, l’acheminement du fret transite par Algésiras en Espagne. La traversée maritime est certes courte, mais l’accès des poids-lourds au sud de la péninsule ibérique par la route, qui génère un goulet d’étranglement, est long et producteur de CO2. Notre offre régulière au départ de Marseille présente une alternative pertinente en termes de flux et une solution dont l’impact écologique est plus vertueux que le tout-route », explique Éric Brioist. »La traversée entre Marseille et Tanger dure 39 heures et, contrairement à la route, ne mobilise pas une équipe de chauffeurs. Pour capter les flux rouliers notre offre combine le croisement de deux navires, dont les départs dans les deux sens auront lieu les lundis, mercredis et samedis La régularité et la ponctualité déjà démontrés de La Méridionale constituent des atouts essentiels à la réussite de la ligne. »

Une réussite qui tient à la volonté des opérateurs routiers

L’idée de relier Marseille à un port marocain ne date pas d’aujourd’hui. Des liaisons entre les deux ports ont déjà eu lieu avec une réussite sans lendemain. Avant la crise sanitaire, l’armement Neptune Lines a examiné avec minutie l’ouverture de cette rotation. Après des études poussées, l’armement a finalement décidé de renoncer. Quant à la réussite de cette ligne, elle devra se faire par un choix volontaire des chargeurs mais aussi des opérateurs de logistique routière. La durée de 39 heures entre les deux ports peut présenter un avantage sur le temps de conduite des chauffeurs. Il n’en demeure pas moins que les opérateurs routiers ont toujours été réticents à embarquer des camions sur des navires au lieu de les faire rouler.