États-Unis : un plan pour rénover la logistique portuaire

Le rapport de l’American Society of Civil Engineers met en lumière les handicaps des ports américains. Dans le cadre du Bipartisan Infrastructure Deal, l’administration du président des États-Unis, Joe Biden, lance un programme de rénovation des ports.

Le rapport 2021 de l’American Society of Civil Engineers (ASCE) n’a pas été tendre avec le système portuaire américain. Même si le secteur participe à hauteur de 26% au PIB du pays, il relève qu’aucun port américain ne figure dans les dix premiers ports mondiaux. Le classement des 50 premiers ports mondiaux n’intègre que quatre établissements américains.

Un coût pour les familles américaines

Pour les rapporteurs de l’ASCE, le manque d’investissements dans les infrastructures portuaires et fluviales « constitue un coût réel pour nos familles, notre économie et notre compétitivité ». Un constat que les auteurs tirent du manque de tirant d’eau et d’air de nombreux ports. Avec l’entrée en flotte de navires de plus en plus grands entraîne une tension sur une « infrastructure dépassée ».

Un programme de 17 Md$

L’administration de Joe Biden a alors décidé d’engager un programme d’investissement de 17 Md$ pour l’amélioration des ports maritimes, des ports fluviaux et des voies navigables. Dans un communiqué, la Maison Blanche assure que ce plan pour les infrastructures constitue une première pour les ports dans l’histoire du pays. Le Bipartisan Infrastructure Deal va se concentrer sur de nouveaux projets pour les ports. Ces différentes actions se répartissent dans le temps.

Créer des dépôts de conteneurs intérieurs en Géorgie

Ainsi, le programme prévoit, pour les actions à court terme, des solutions immédiates pour résoudre la crise de la logistique en permettant, d’une part, aux autorités portuaires de réaffecter les subventions qu’elles ont reçues. D’autre part, l’autorité portuaire de Savannah, en Géorgie, se verra dotée d’un financement de 8 M$ pour convertir le terminal intérieur à conteneurs actuel en cinq terminaux qui seront répartis en Géorgie et en Caroline du Nord. Ainsi, les conteneurs seront transférés par voie ferroviaire vers ces dépôts intérieurs par voie ferroviaire et routière pour être plus proches de leurs destinataires finaux. « Cet effort va libérer de l’espace sur le port pour accélérer les mouvements », indique le texte de la Maison Blanche.

 230 M$ pour les infrastructures portuaires

Les mesures prévues sur un moyen terme sont au nombre de trois. Elles prévoient de réserver une enveloppe de 240 M$ dans les 45 jours au travers du Port Infrastructure Development Grant Program. Ces investissements se répartiront en 230 M$ pour les infrastructures portuaires proprement dites. Les 13 M$ restant seront dévolues aux améliorations des voies navigables de l’est du pays.

Réparer les infrastructures fluviales

De plus, une enveloppe de 4 Md$ sera consacrée à la réparation des infrastructures fluviales et portuaires dépassées. L’administration de Joe Biden a demandé aux Corps militaires des Ingénieurs de dresser la liste des interventions à prévoir dans un délai de 60 jours. Enfin, dans les 90 jours, les installations portuaires vieillissantes seront identifiées pour assurer une plus grande efficacité des flux. Il est prévu une enveloppe de 3,4 Md$.

110 Md$ pour réparer les routes

Ce « new Deal » pour les infrastructures portuaires prévoit aussi une enveloppe pour réparer les routes du pays. L’administration du président des États-Unis a attribué une enveloppe de 110 Md$. En réhabilitant le réseau routier, le président souhaite améliorer les flux logistiques. Un guide destiné aux administrations des États sera publié pour leur permettre d’identifier les goulets d’étranglement et de postuler à ces fonds publics.

S’engager dans la digitalisation

Enfin, le gouvernement a donné une dimension digitale à ces améliorations. Devant le constat que les opérateurs, depuis les transporteurs routiers aux lignes maritimes en passant par les terminaux portuaires, ont développé des systèmes de digitalisation internes, il est nécessaire de passer à l’ère des échanges de données. « Ce manque d’échanges implique des allongements de délais et des inefficacités dans la chaîne logistique » », souligne l’administration américaine. Le ministère des transports américain va travailler avec la Federal Maritime Commission pour standardiser les échanges de données. « La standardisation des données constitue la première étape vers l’interopérabilité entre les acteurs de la chaîne logistique pour une plus grande transparence, une meilleure fluidité et une plus grande efficacité de la logistique », indique le communiqué de la Maison blanche.

Un programme pour l’avenir

En octroyant plusieurs milliards de dollars aux infrastructures de transport, l’administration de Joe Biden et Kamala Harris se porte au chevet d’un secteur économique qui n’a pas toujours été une préoccupation pour leurs prédécesseurs. Le monde portuaire et, plus globalement, logistique, a pu assurer son rôle quand les échanges ne connaissaient des progressions à un chiffre. La soudaineté de la croissance économique mondiale a mis en exergue les faiblesses du système portuaire américain. Même si, dans les intentions de l’administration Biden-Harris, le programme doit se développer rapidement, les travaux vont s’étaler sur plusieurs mois. En attendant, les navires patientent plusieurs jours au large des ports de la côte ouest américaine. En agissant dans l’urgence, l’administration Biden-Harris travaille pour le futur.