Haropa Port fête son D-Day

Le 1er juin, Haropa Port est né de la fusion des trois établissements de l’axe Seine. Une étape vers une stratégie de reconquête des trafics.

« Depuis le mois de novembre, le temps est passé vite. La fusion des ports du Havre, Rouen et Paris sous Haropa Port est effective depuis ce matin », a expliqué Stéphane Raison, directeur général du nouvel établissement portuaire.

Un grand port fluvio-maritime

La mission de préfiguration entamée au mois de novembre par l’ancien directeur de Dunkerque a pris fin le 31 mai. Haropa Port, la nouvelle dénomination née de la fusion des trois ports, est né ce 1er juin. « Nous sommes devenus le grand port fluvio-maritime de l’axe Seine, nous plaçant au premier rang français et au cinquième rang en Europe du nord », a continué le directeur général.

Une fusion qui intervient après dix ans de rapprochement

Cette date marque une étape clé pour le cluster logistique de l’axe Seine. En 2012, les trois ports se sont regroupés au sein d’un GIE. Une démarche entreprise après la réforme de l’organisation portuaire de 2011. Le gouvernement de l’époque a appelé les ports à se rapprocher pour unir leurs forces face à la concurrence étrangère.

La préfiguration initiée en 2019

À l’époque, il est question d’un rapprochement. La fusion entre les trois ports n’est pas à l’ordre du jour. Bien au contraire, les syndicats s’opposent à voir une fusion, en 2012. Il faudra attendre février 2019 pour initier la démarche de la fusion avec la nomination de Catherine Rivoallon comme préfiguratrice. Elle sera remplacée en novembre 2020 par Stéphane Raison.

Trois instances à créer

La création de Haropa Port doit maintenant entrer dans sa dernière phase. Les trois instances de gouvernance sont attendues pour les prochaines semaines : le conseil de surveillance, le conseil de développement et le conseil d’orientation de l’axe. D’ores et déjà, le directeur général met en place la stratégie du Grand port fluvio-maritime autour de trois volets principaux.

Le renouveau de la logistique

Le premier volet vise à adapter le port au renouveau de la logistique. L’idée est d’attirer de nouvelles industries pour fixer les flux dans le port. Pour cela, il est prévu de disposer de terrains sur les trois ports pour répondre aux besoins logistiques. « La logistique se réinvente. La mise en place de zones à faibles émissions dans les grandes métropoles oblige les industriels à trouver des solutions décarbonées. Nous devons proposer à nos clients des schémas qui répondent à ces nouvelles exigences », a expliqué Stéphane Raison.

Proposer une logistique alternative décarbonée

Le second axe de cette stratégie se mènera pour reconquérir des parts de marché des ports de l’axe Seine. Une stratégie qui se décline sur toutes les filières depuis les produits agricoles jusqu’aux conteneurs. La desserte de l’Île de France depuis les ports d’Europe du Nord se réalise majoritairement par la route. « Nous devons proposer une stratégie différente en basculant les flux sur la voie d’eau pour aller chercher des relais de croissance ». Cette différenciation sera, pour le directeur général, une des actions de reconquête des flux.

L’élan du short sea

Le troisième volet de la stratégie vise à donner au Short Sea un nouvel élan. « Nous avons des connexions avec les grands marchés internationaux. Nous devons aussi proposer des lignes vers la Baltique, la Scandinavie et la péninsule ibérique. De plus, le Brexit créé des opportunités nouvelles ». Ces lignes seront, à l’avenir, une façon de fidéliser les flux sur les ports de la Seine.

Un défi portuaire inédit

Pour atteindre ses objectifs, le gouvernement a annoncé, lors du Cimer de janvier, une enveloppe de 1,4 Md€ sur la période 2020-2027 pour le port fluvio-maritime. Une somme importante pour un port en France.
« En créant le grand port fluvio-maritime de Haropa, nous lançons un défi portuaire inédit en France », a indiqué Stéphane Raison.