Logistique automobile : une reprise attendue sous certaines conditions

Lors de son assemblée générale, le European Car Group (ECG – association des logisticiens automobiles) a dressé un bilan des flux 2020. À la baisse d’activité en 2020, les logisticiens automobiles attendent une progression en 2021. Elle reste suspendue à la résorption de la crise des semi-conducteurs.

Le bilan 2020 de la vente de véhicules dans le monde s’affiche en baisse. Selon les chiffres détaillés par Justin Cox, de LMC Automotive, en 2020, les ventes d’automobiles se sont réduites de 3,6%. La plus forte baisse est à mettre au passif de la zone Euro qui voit ses ventes de véhicules légers perdre 6,7%. Aux États-Unis, les ventes se sont contractées de 3,5%. À l’inverse, en Chine, les ventes de voitures ont continué à croître avec une hausse de 2,3%.

Reprise dès le mois de décembre

Après cette année difficile, les ventes de véhicules ont repris de leur dynamisme avec une progression sur le mois de décembre. Selon Justin Cox, 92 millions de véhicules ont été vendus dans le monde. Un mois prometteur pour l’année 2021. Or, les choses n’ont pas continué sur leur lancée. En février de cette année, les ventes se sont élevées à 82 millions pour revenir à 88 millions en avril.

Une hausse globale de 12%

Malgré ces tendances, pour l’année 2021, les projections de ventes de véhicules légers s’affichent en hausse pour les principaux marchés. La zone Euro devrait enregistrer une progression de 11% à 18,3 millions d’unités. En Amérique du nord, la hausse devrait s’établir à 17% pour atteindre 19,5 millions de voitures vendues. Quant à la Chine, après la progression de 2020, l’Empire du milieu devrait continuer sur sa lancée avec une augmentation de 6% des ventes de voitures à 25,9 millions d’unités. Au global, en 2021, le nombre de véhicules légers vendus dans le monde devrait s’élever à 87,4 millions d’unités, soit une hausse de 12%.

Progression annuelle moyenne de 7,5% jusqu’en 2023

Sur un terme moyen, à l’horizon 2023, la production automobile devrait progresser de 7,5% en moyenne annuelle, estime le consultant. Une croissance qui sera tirée par les marchés non matures. L’Inde et le Brésil devant s’inscrire en pole position avec, respectivement, 16,3% et 12,9% par an entre 2020 et 2023. En Europe de l’Ouest, les ventes de voitures devraient augmenter de 9%. Des chiffres supérieurs aux croissances attendues en Chine et aux États-Unis dont les taux de croissance pour 2021 dépasseront à peine 5%. Selon Justin Cox, la Chine et les États-Unis, ainsi que la Corée du sud, ont enregistré une augmentation en 2020 alors que les pays développés affichaient des baisses. Cette croissance de 2020 expliquerait la relative augmentation plus faible sur ce terme.

Une croissance dans un scénario sans anicroches

Ces prévisions sont établies dans un scénario de retour à la normale, à savoir sans qu’une nouvelle pandémie ne vienne frapper le monde. Alors, à la croissance de 2021, le marché des ventes automobiles devrait retrouver ses niveaux d’avant la pandémie en 2022 et repartir sur des niveaux plus élevés en 2023. Néanmoins, en 2023, les prévisions de vente de voitures dans le monde seront inférieures de un million d’unités à ce que les estimations de 2019 laissaient présager. Pour que ces prévisions se réalisent, Justin Cox insiste sur la nécessaire stabilité des marchés non matures et une croissance soutenue dans les nouveaux marchés.

La “crise des semi-conducteurs”

Le retour à des conditions de croissance du marché dépendent aussi de la disponibilité des pièces électroniques comme les semi-conducteurs. Produites au Texas et en Chine, la météo américaine et les difficultés d’approvisionnement depuis la Chine ont quelque peu ralenti la croissance. Ainsi, en Europe, tant de l’ouest que de l’est, la difficulté à obtenir des semi-conducteurs a empêché la production d’environ 650 000 voitures sur le premier semestre, indique le consultant. Dans le même ordre d’idée, aux États-Unis, c’est un manque de production d’environ un million de voitures qui soufre de ce défaut de pièces. Dans le même temps, en Chine, l’impact de la logistique de ces pièces a ralenti la production automobile au premier trimestre mais ne devrait plus avoir d’impact au cours des prochains mois.

Fermetures et révisions de la production

Cette « crise des semi-conducteurs » a eu des impacts sur tous les continents. Ainsi, Ford a été contraint de fermer temporairement son usine de Saarlouis et de réduire la production dans les centres de Craiova, Valence et Cologne. Le même scénario s’est décliné dans le groupe Renault qui a fait face à des ruptures d’approvisionnement. Différentes usines, notamment celles du Maroc, ont été obligé de revoir leur mode de fonctionnement.