Maroc : les ports ont gagné 5,1% en 2020

Les ports marocains gérés par l’Agence nationale portuaire (ANP) ont totalisé 92,5 Mt en 2020, soit une progression de 5,1% par rapport à 2019. Jorf Lasfar et Casablanca emportent 72% du trafic.

Au Maroc, les ports ont su conserver leur croissance en 2020. Sur les cinq dernières années, le royaume chérifien voit ses trafics progresser. Ils ont augmenté de 20% sur ces cinq ans passant de 77,4 Mt en 2016 à 92,5 Mt en 2020. Le déséquilibre entre les entrées et les sorties profite surtout aux importations. En effet, les ports gérés par l’ANP ont réalisé un trafic importation de 56,1 Mt, en hausse de 4,4%. Les exportations se situent à 33,5 Mt. Elles ont augmenté de 7,5% en 2020. Enfin, le trafic de cabotage s’est contracté de 7,2% à 2,9 Mt.

Les céréales gagnent 34,4%

Le tableau des trafics par courant montre une bonne tenue des importations de céréales et des trafics liés aux phosphates et ses dérivés. En 2020, les céréales ont atteint un record avec un trafic de 9,4 Mt. Le Maroc a pesé sur les marchés internationaux en s’approvisionnant sur plusieurs origines, notamment la France. En 2020, les céréales ont vu leurs flux augmenter de 34,4%.

Phosphates: en hausse de 13,8%

Les phosphates et les produits dérivés se sont élevés en 2020 à 36,6 Mt, en hausse de 13,8%. « Cette progression s’explique par l’augmentation des volumes à l’export grâce à une diversification des débouchés commerciaux des phosphates et dérivés », explique la direction de l’Agence nationale portuaire du Maroc.

Les hydrocarbures dans les ports marocains gérés par l’ANP ont reculé de 11,7% à 9,3 Mt. La baisse de la consommation en raison de la pandémie a pesé sur ces courants. Les deux principaux ports pétroliers du Maroc, Mohammedia et Jorf Lasfar ont tous deux affiché des baisses de ces trafics.

Conteneurs: Casablanca perd 3,1%

Le trafic conteneurisé des ports gérés par l’ANP s’est contracté de 2,9% en 2020 à 1,2 MEVP. Globalement, le trafic conteneurisé a perdu 2,5% en tonnage à 12,1 Mt. Que ce soit en entrées ou en sorties, les conteneurs sont en diminution. Les exportations enregistrent une baisse de 2,9% à 527 556 EVP. Les importations ont perdu 4,5% à 519 488 EVP. Des pertes partiellement compensées par le cabotage national qui a progressé de 1,3% à 202 446 EVP.

Le trafic conteneurisé se réalise majoritairement sur les ports de Casablanca à hauteur de 1,05 MEVP. Le port de la capitale économique du Royaume chérifien a perdu 3,1% de ses volumes. L’autre port conteneurisé du Maroc se trouve plus au sud avec Agadir. Ce dernier a perdu 2,2% à 174 000 EVP.

Jorf Lasfar: 40% des ports marocains

Des différents ports gérés par l’ANP, le premier en volume reste celui de Jorf Lasfar. Situé à 120 km au sud de Casablanca, le port est avant tout la porte de sortie majeure de l’Office Chérifien des Phosphates. Le port de Jorf Lasfar a réalisé en 2020 37,1 Mt soit une progression de 4,5%. Au global, Jorf Lasfar pèse 40% des trafics des ports marocains. Le port de Jorf Lasfar tire sa progression des exportations d’engrais en hausse de 36,1%, des importations de céréales (+28%), de soufre (+12%), d’acide sulfurique (+31%) et d’ammoniac (+17%).

Casablanca: hausse des céréales et du sucre

Le second port marocain en importance est celui de Casablanca. Avec 30,3 Mt, le port de la capitale économique du pays a vu ses trafics progresser de 0,6%. Si les importations de céréales et de sucre ont augmenté, les baisses du trafic conteneurisé et des exportations de sel ont limité la progression générale du trafic. Le trafic conteneurisé de Casablanca s’est contracté de 3,1% en EVP et de 6,8% en tonnage.

Agadir sur les agrumes et les primeurs

Autre port important pour les trafics avec l’Europe et notamment la France, Agadir. Une grande partie des produits maraîchers, agrumes et primeurs, proviennent de la région du sud du Maroc. Ces produits sont conditionnés en conteneurs. En 2020, le volume des primeurs et agrumes a perdu 4,3%. Reporté sur le trafic conteneurisé, la baisse s’évalue à 4 000 EVP pour s’établir à 174 000 EVP sur l’année. La baisse de ces produits a été compensé par les importations de céréales et les exportations de clinker.