Ports

La FNPD CGT propose des solutions pour les ports de l’Atlantique

La FNPD CGT publie un document le 3 décembre pour le renouveau des ports de l’Atlantique. Il propose de créer une ligne entre Le Havre, Brest, Nantes Saint-Nazaire et Bordeaux.

Après les deux rapports de 2017 et 2022 sur l’état des ports français, la FNPD CGT analyse la situation sur la façade atlantique. Le syndicat des ouvriers portuaires appelle à la mise en place de lignes maritimes sur cette façade pour redynamiser le conteneur.

Faire évoluer par le haut les activités portuaires

La démarche du syndicat montre son intérêt pour l’industrie portuaire. Elle vise à proposer des solutions « dans un processus auprès des entreprises et des pouvoirs publics pour faire évoluer par le haut nos activités portuaires. » Il regrette que la France souffre « souffrons d’un véritable projet industriel portuaire. On ne peut plus tenir des discours vertueux d’un côté et être dans le renoncement de l’autre. Nos ports méritent une politique industrielle ambitieuse au nom de l’intérêt général, au nom de l’aménagement du territoire et des dynamiques sociales. »

Le recul de la conteneurisation dans l’Ouest

Le document analyse la situation sur la façade atlantique. Il constate une massification plus forte dans les grands ports que sont Le Havre et Marseille. Par ailleurs, il dresse un constat pessimiste sur les ports atlantiques. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 10 ans, les ports de Brest, Saint-Nazaire et Bordeaux affichent un recul de 30% de leur trafic conteneurs à 184 100 EVP. La plus forte baisse revient à Bordeaux qui enregistre une diminution de 46%.

Un potentiel de 40% de croissance

Les régions de la façade Atlantique regroupent environ 13 millions d’habitants avec des taux de croissance parmi les plus élevés du territoire. « Nous estimons à plus d’1,5 millions le potentiel de conteneur consommés si on le ramène à la population. » Alors, avec 30% de ces boîtes pour la région, les ports atlantiques disposent d’un volume de 300 000 EVP. Or, pour le syndicat cela signifie que ces ports peuvent augmenter d’environ 40% les volumes de cette filière. « Nous sommes loin du compte », affirme la FNPD CGT.

L’absence d’une multimodalité

Cette situation est accentuée par deux phénomènes. D’une part, les territoires atlantiques subissent des flux routiers importants. D’autre part, ils souffrent d’une faiblesse de « l’offre ferroviaire complémentaire à l’activité portuaire et la quasi-absence de solutions fluviales ». Cette absence de multimodalité entraîne des choix logistiques centrés sur la route. « Or, nos ports disposent déjà d’installations de premier plan, de personnels formés et opérationnels, ce qui offre une solution logistique réelle. Mais ces installations restent, dans l’ensemble, sous utilisées. »

La préférence pour la « logique marchande »

Dans ces conditions, les armateurs et les chargeurs privilégient des solutions à court terme, accuse la FNPD CGT. Certes, la ligne de CMA CGM sur l’Atlantique existe mais avec des capacités trop faibles. Alors, dans un souci d’économie, la logistique routière est préférée. « C’est encore une fois la logique marchande, non régulée, qui est privilégiée. » Pour défendre l’option maritime dans la logistique, le syndicat appelle à raisonner pour l’intérêt général et pas seulement sur l’intérêt individuel.

Un feeder atlantique avec un financement garanti

Pour réorienter ces logistiques vers la solution maritime, la FNPD CGT appelle à la création d’un nouveau feeder sur l’Atlantique. Il aurait pour effet de renforcer la visibilité et la régularité. Pour cela, il propose de poser les conditions essentielles en mobilisant les professionnels de la logistique portuaire. Il souhaite un rééquilibrage des flux entre l’import et l’export. Ensuite, il faut assurer les flux par un dimensionnement suffisant et un équilibre entre les conteneurs vides et les pleins avec une régularité de la ligne plus importante. Enfin, le financement doit être garanti par des financements pérennes pour l’amorce de cette ligne.

Un soutien de fonds publics

Par conséquent, pour un rééquilibrage logistique, la FNPD CGT revendique le paiement du « vrai coût de la route ». Néanmoins, elle reconnaît que la seule logique punitive ne peut suffire. Alors, pour amorcer et pérenniser cette logistique maritime, ce nouveau service doit « faire l’objet d’un soutien public, conditionné, de type aide à la pince comme en bénéficient certains modes de transport. » Cette nouvelle approche ne se fait pas dans un esprit de concurrence mais de complémentarité des modes, assure le syndicat.

Prendre sa place dans ce développement

Par ailleurs, le document regrette l’attitude des professionnels portuaires. Il note « la faible dynamique collective des acteurs, collectivités, entreprises. Nous sommes surpris par leur désorganisation, souvent incapables de porter une expression collective de place. Et les comportements individuels prenant le pas sur l’intérêt collectif, cette absence de coordination et de projet commun, nuit aux places portuaires où chaque acteur s’épuise isolément. » Ces constats posés, le syndicat s’engage. Il veut prendre sa place pour « empêcher les activités qui détruisent de la valeur de continuer à se développer au détriment du social et de l’environnement ». Il souhaite que les ports se développent dans « un environnement réglementaire et financier protecteur du bien commun ».