Corridors et logistique

Automobile : en Turquie les taxes limitent la croissance du marché

À la veille de l’ouverture de l’assemblée générale de European Car Group à Istanbul, l’organisation européenne revient sur l’effet des taxes sur le marché national.

European Car Group tient son assemblée générale à Istanbul. Un lieu choisi pour sa position. « La Turquie est souvent qualifiée de tremplin vers l’Europe et de pont vers l’Asie », indique un communiqué de l’organisation européenne. Le pays cumule les indicateurs au vert. « Pour l’industrie automobile, les signaux sont au vert pour une hausse de la vente de voitures neuves dans le pays. »

Un marché de plus d’un million de véhicules

Ainsi, en 2025, le marché représente 1,08 million de véhicules vendus, déclare l’association des constructeurs turcs. Un volume en hausse de 10,6% en un an. Une courbe encourageante qui a rapidement baissé. Au premier trimestre 2026, le marché se contracte. Avec 210 688 unités vendues, soit une baisse de 5,8% par rapport à 2025.

Des taxes qui s’élèvent jusqu’à 220% du prix

Un retournement de situation qui tient aux taxes imposées par les taxes, explique un rapport de Price Waterhouse Cooper (PwC) dans un rapport publié le 4 juin. Reprenant les termes d’un passionné de l’automobile, le rapport souligne que ces taxes peuvent s’élever jusqu’à 220% pour certaines catégories de véhicules. Alors, « ces voitures coûtent de quatre à cinq fois plus cher qu’au sein de l’Union européenne. »

Des taxes qui impactent le marché national

En effet, les taxes constituent un obstacle majeur à la croissance économique et les ventes de voitures sont confrontées à un défi de taille. Le secteur souffre d’un ensemble de taxes qui concernent tant les véhicules neufs que les unités en activité. Pour les responsables turcs du secteur, cela « affecte gravement le potentiel de croissance du marché automobile. »

Des véhicules 76% plus cher qu’en Allemagne

Le spécialiste de l’automobile de PwC,  Steven van Arsdale, compare les marchés allemand et turc. Les deux pays disposent des populations de taille similaire. Cependant, le nombre de ventes en Allemagne est deux fois plus importante outre-Rhin qu’en Turquie. « Une voiture électrique d’un prix net de 40 000 € coûte 76 % plus cher en Turquie qu’en Allemagne. » La raison tient notamment à la taxe sur la consommation, Özel Tüketim Vergisi (OTV).

OTV et TVA font de la Turquie un des marchés les plus chers du monde

Pour rappel, l’OTV se présente comme un impôt indirect, prélevé sur certains produits comme les véhicules, le tabac ou les produits de luxe. Instaurée en 2002, l’OTV vise à décourager la consommation de produits nocifs pour la santé et l’environnement. L’impact est lourd pour les automobiles. Elle dépend de la cylindrée, du prix HT pour les véhicules thermiques et varie sur une large échelle pour les véhicules électriques. De plus, l’OTV s’applique avant la TVA, d’un montant de 20%. Alors, la Turquie se place parmi les pays où les véhicules sont les plus chers du monde.

Une croissance assombrie du marché

Des conditions fiscales qui inquiètent les logisticiens automobiles. Et Steven van Arsdale craint que la situation empire avec la hausse de l’OTV en 2025. De plus, la taxe annuelle sur les véhicules augmentent. Elle intervient pour toutes les voitures en activité. « Elle est due en janvier et en juillet, précise le consultant. Elle dépend de la cylindrée du véhicule. En 2026, les taux ont encore augmenté. »  Ces deux taxes ne sont qu’une partie de la fiscalité automobile. Il existe six taxes différentes en Turquie. Alors, «  les indicateurs économiques qui laissent entrevoir une croissance du marché automobile sont assombris par le poids de la fiscalité dans le pays. »

La Turquie pourrait atteindre 3 million de voitures

Pour les observateurs, avec une fiscalité similaire à celle de l’Allemagne ou de l’Espagne, le marché automobile turc pourrait atteindre 3 millions d’unités par an. « Si la Turquie égalait les ventes de voitures par habitant de l’Allemagne, les volumes de ventes annuels atteindraient 3 millions d’unités », abonde Steven van Arsdale.