Corridors et logistique

Conteneurs : les perturbations du marché impactent les taux de fret

Le marché du conteneur enregistre une progression. Selon les consultants Drewry et Xeneta, les taux de fret augmentent. Ils divergent sur le taux de croissance. L’impact du conflit entre les États-Unis et l’Iran se mesure sur les perturbations locales et dans les ports jusqu’en Asie.

Le 19 mars, Drewry annonce une augmentation de 2% à 2 172$ pour un conteneur de 40 pieds (FEU, Forty Equivalent Unit). Il s’agit de la troisième semaine consécutive de hausse de l’indice, précise le consultant britannique. Une augmentation tirée par les taux de fret sur le transpacifique. Une situation que Xeneta confirme. Dans son analyse du 20 mars, le consultant annonce une hausse de 22% des taux de fret d’Asie vers l’Europe et de 26% entre l’Asie et la Méditerranée. Une augmentation qui s’étale sur un mois pour atteindre 2 705 $/FEU entre l’Asie et l’Europe et 4 211 $/FEU entre l’Asie et la Méditerranée. La raison de ces progressions tient d’abord au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

La stabilité des taux de fret entre l’Asie et l’Europe

Une position que le consultant britannique ne partage pas. Dans son analyse du 19 mars, il estime que les taux de fret « demeurent relativement stables malgré les tensions au Moyen-Orient ». Néanmoins, cette remarque porte sur une comparaison d’une semaine. Alors, Drewry annonce un taux de fret de 2 478 $/FEU entre Shanghai et Rotterdam. Quant à la liaison sur la Méditerranée, elle reste stable. Elle est donnée à 3 108$/FEU, soit équivalente à celui de la semaine précédente. Cependant, les taux FAK se situent à un niveau plus élevé. En effet, CMA CGM et MSC donnent des taux FAK compris entre 6 200$/FEU à 6 400 $/FEU pour le 22 mars.

Le Transpacifique est moins touché

Les liaisons avec les États-Unis sont moins touchées, selon Xeneta. En effet, sur le Transpacifique, entre l’Asie et la côte Ouest des États-Unis, la progression s’élève à 12% à 2 118 $/40’. Elle est de 13% à 3 008 $/40’ entre l’Asie et la côte Est du pays. Quant au Transatlantique, il demeure stable. Avec un taux de fret à 1 482 $/40’, la hausse est de 0,1%. La comparaison sur la dernière semaine montre une situation plus tendue. Ainsi, Drewry annonce une hausse de 7% entre New York et Shanghai à 3 310$/FEU. Sur le Transpacifique, de Shanghai à Los Angeles, les taux de fret croissent de 4% à 2 591 $/FEU. Alors, avec les incertitudes liées à la situation au Moyen-Orient, Drewry table sur une hausse des taux de fret sur le court terme.

L’impact de la hausse du prix du pétrole

Ce renchérissement des taux de fret n’est pas le seul effet de la crise au Moyen-Orient. En premier lieu, le « contrôle » du détroit d’Ormuz par les Gardiens de la révolution iraniens impacte le prix du pétrole. Les armateurs répercutent déjà cette hausse avec des surcharges. Ainsi, CMA CGM a introduit une surcharge de 150/EVP pouvant aller jusqu’à 265 $/EVP. Ces surcharges participeront à la hausse des taux de fret. Le second effet tient à la congestion portuaire. « Nous voyons ce que nous avions prévu à savoir une congestion portuaire et une détérioration de la fiabilité des services réguliers », indique Peter Sand, analyste chez Xeneta.

Routes alternatives et congestion portuaire

Pour faire face à cette congestion, les armateurs proposent des routes alternatives pour l’acheminement des produits dans la région. Une solution qui reste marginale. Les habitants de la région consomment beaucoup moins depuis le début du conflit, nous ont confié des opérateurs opérant vers les pays du golfe Persique. En second lieu, la crise s’étend jusque dans les ports d’Asie du Sud-Est. Ainsi, Xeneta souligne que Port Klang atteint 50% de capacité, Colombo 46% et Singapour 36%. Un port est considéré comme saturé quand il atteint 70% de sa capacité nominale. « Cette congestion portuaire évolue quotidiennement. Les chargeurs, commissionnaires et armateurs travaillent à la protection de leurs intérêts. Alors, le suivi de la congestion et des schedules une fois par semaine n’est pas suffisant lors d’une crise de cette nature », conclu, Peter Sand.