Maroc : les ports de l’ANP affichent une baisse de 0,5% au premier semestre
L’Agence nationale des ports, en charge de la gestion des ports du Maroc, publie son rapport semestriel. Les trafics baissent de 0,5%.
Le premier semestre 2026 peine à égaler le score de 2025 au Maroc. Les ports gérés par l’Agence nationale des ports (ANP), à savoir l’ensemble des ports marocains sauf Tanger Med et Nador West Med, indiquent une baisse globale de 0,5% à 51 Mt. Au global, les ports du royaume chérifien perdent 300 000 t sur les six premiers mois.
Une baisse liée aux exportations
Cette diminution générale est avant tout à mettre au passif des exportations. Elles se réduisent de 3,3% à 16,4 Mt, Au global, ce courant diminue de 600 000 t, indique l’ANP dans son rapport semestriel. Le recul des exportations s’explique en partie par la diminution des sorties de phosphates et des dérivés. Ils perdent 11,2 %. L’ANP ne précise pas si cette tendance tient à une diminution de la production ou de la demande extérieure.
La progression des importations
Les hausses enregistrées sur les importations ne suffisent pas pour les compenser. En effet, les entrées améliorent leur score de 300 000 t, soit 0,8%, à 34,7 Mt. Cette progression des importations est cohérente avec des besoins d’approvisionnement soutenus. Le pays a acheté en quantité des céréales. Une partie de ces arrivées sont originaires de France. La récolte 2025 n’a pas été à la hauteur des besoins nationaux. Alors, le pays a comblé le déficit par des achats sur les marchés internationaux. La meilleure récolte 2026 laisse entrevoir une baisse des approvisionnements internationaux dans les prochains mois. Outre les céréales, les entrées d’hydrocarbures ont augmenté.
Les vracs solides profitent de la bonne tenue des céréales
L’analyse par conditionnement montre une progression des vracs solides. Ils augmentent de 0,2% à 31,1 Mt. Ces vracs représentent 61% des trafic totaux des ports de l’ANP. La hausse est portée par les volumes de céréales et des ferrailles, à l’importation. Elle est nuancée par une baisse des flux de charbon et de soufre. Du côté des vracs liquides, la baisse est plus marquée. Ces flux enregistrent une diminution de 6,1% à 9,6 Mt. Elle s’explique par la baisse des exportations d’acide phosphorique et des importations d’acide sulfurique et d’ammoniac. Néanmoins, ces volumes sont atténués par la hausse des entrées d’hydrocarbures. Elles augmentent de 7% par rapport au premier semestre 2025.
Un trafic de 6,3 MEVP au premier semestre
Quant aux marchandises diverses, elles pèsent 10,2 Mt. Globalement, elles reculent sur les flux de marchandises conventionnelles de 15,1% à environ 1,5 Mt. Les conteneurs et le trafic roulier affichent, pour leur part, une progression. Les premiers améliorent leur score de 1,7% à 6,3 MEVP, précise Hespress. Quant au trafic roulier, il connaît des sorts différents. D’un côté, il est porté par une hausse des trafics de véhicules neufs. Les ports de l’ANP enregistrent une progression de 12,9% à 357 634 véhicules neufs. De l’autre côté, le trafic routier international se contracte de 3,2% à 301 191 ensembles.
L’écart entre Jorf-Lasfar et Casablanca se réduit
Enfin, la répartition de ces trafics par port donne le même classement qu’en 2025. Jorf-Lasfar demeure le premier port marocain géré par l’ANP avec 18,3 Mt. Il traite principalement les volumes liés à l’Office Chérifien des Phosphates (OCP). Ainsi, il reçoit les phosphates, les minerais, hydrocarbures et autres produits chimiques pour la production de l’entreprise. Les difficultés de l’OCP à vendre ses produits se répercutent sur ce port. Il affiche une baisse de 7,8%. En deuxième place vient le port de Casablanca. Avec 17 Mt, il voit ses volumes progresser de 6,5% et réduit l’écart par rapport au premier. Port généraliste, Casablanca demeure la principale porte d’entrée pour les conteneurs et certains vracs. Sur la troisième marche du podium, Agadir améliore son trafic de 7% à 4 Mt. Le port du sud du Maroc s’impose notamment dans les trafics de produits maraichers.
Le Maroc, plate-forme de la logistique portuaire méditerranéenne
Le paysage portuaire marocain ne se limite pas aux ports de l’ANP. Tanger Med, géré par une structure indépendante, et le futur port de Nador West Med, sous l’autorité d’une structure indépendante, viennent compléter le tableau. Le port du détroit de Gibraltar est tourné vers la conteneurisation et l’automobile. Le port ne publie pas ses résultats semestriels. Quant à Nador West Med, il doit ouvrir officiellement ses portes au dernier trimestre. Certains médias marocains annoncent un début d’opération dans les premières semaines de 2027. Ainsi, le Maroc deviendra, en 2027, une des premières puissances portuaires méditerranéenne, si elle n’a pas déjà atteint ce statut.

