Suisse : le Conseil fédéral suisse s’engage en faveur du report modal vers le ferroviaire
Le Conseil fédéral suisse a publié un rapport, le 19 novembre sur la Nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA). Il constate une baisse du fret ferroviaire.
La Nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA) est entrée en service en 2020. Les tunnels du Saint-Gothard, du Loetschberg et du Ceneri « n’ont pas encore pu pleinement exploiter leur potentiel », indique le Conseil fédéral. Ainsi, fin 2024, la part du rail dans le transport transalpin de marchandises s’élevait à 70,3 %, soit 2,6 points de pourcentage de moins qu’en 2022. Un nouveau recul se profile pour l’année en cours. Avec 960 000 courses transalpines de camions enregistrées en 2024, l’objectif de transfert n’a à nouveau pas été atteint.
Le transfert modal stagne
Actuellement, le transfert stagne. La cause tient, principalement, à la lenteur de la modernisation des lignes d’accès nord à la NLFA. En effet, l’infrastructure empêche toute exploitation fiable et ne répond pas encore aux exigences d’un fret ferroviaire performant. Aux endroits où les tronçons sont modernisés, les nombreux chantiers et le manque de capacités sur les tronçons d’évitement nuisent à la qualité et à la productivité du fret ferroviaire.
Un engagement pour favoriser la modernisation dans les pays voisins
Dans ce contexte, pour favoriser le report modal, la Confédération helvétique continuera donc à s’engager dans les années à venir en faveur d’une modernisation rapide de l’infrastructure ferroviaire dans les pays voisins. En outre, elle veillera à ce que les travaux de construction soient bien coordonnés au niveau international. Enfin, elle sera attentive à la performance des possibilités de déviation pour le fret ferroviaire.
Des travaux à venir en 2026
D’ici à 2028, le tronçon allemand Stuttgart–Singen et son prolongement suisse Schaffhouse–Oerlikon–Othmarsingen doivent être aménagés pour désengorger la ligne allemande de la vallée du Rhin. Ce tronçon doit servir d’itinéraire d’évitement. Cette année, la signature d’une déclaration d’intention avec la France a permis de lancer des travaux conjoints afin de moderniser le tronçon de la rive gauche du Rhin et d’en faire une ligne d’accès moderne et performante pour le transport de marchandises. Du côté suisse, deux tunnels seront aménagés près de Bâle. Les travaux principaux débuteront en 2026.
Le risque d’un basculement en raison de la suppression de l’autoroute ferroviaire
De plus, la suppression de l’autoroute ferroviaire à la mi-décembre 2025 pourrait entraîner une augmentation du transit routier. Le Conseil fédéral envisage des incitations financières supplémentaires. « Il s’agit de transférer une part aussi importante que possible des transports actuels de l’autoroute ferroviaire vers le transport combiné non accompagné », indiquent les autorités suisses. De plus, le Conseil fédéral examine la possibilité de prolonger l’encouragement financier au transport combiné transalpin, qui est actuellement limité à fin 2030. Le 28 mai 2025, le Conseil fédéral a en outre soumis au Parlement un projet visant à perfectionner la redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP). Ce projet vise notamment à maintenir la compétitivité du rail par rapport à la route.

