Corridors et logistique

Céréales : des prévisions d’exportation de blé tendre en baisse

France AgriMer a publié ses prévisions d’exportation pour la campagne actuelle. Elle prévoit des volumes moindres que ceux annoncés en début d’année.

Les volumes d’exportation des céréales françaises sont revues à la baisse. Lors de son dernier conseil spécialisé, France AgriMer estime les exportations de blé tendre à 14,7 Mt. Un chiffre en retrait de 1% par rapport aux prévisions du mois de février.

Blé tendre : une baisse des échanges vers les pays tiers

Cette baisse des flux concerne principalement les pays tiers. En effet, en mars, France AgriMer table sur 7,1 Mt d’expéditions vers ces pays. D’un mois à l’autre, ces estimations perdent 100 000 t. Les exportations vers l’Union européenne restent au même niveau à 7,5 Mt. Globalement, sur les sept premiers mois de la campagne, la France a exporté 9 Mt de blé tendre. Un chiffre en progression de 80% par rapport à la campagne précédente. Pour mémoire, la campagne céréalière 2024/2025 se range parmi les plus mauvaises des 40 dernières années.

Le Maroc absorbe 47% des exportations de blé tendre

France AgriMer rappelle que ce volume d’exportations égale celui de la campagne 2023/2024. Or, sur les sept premiers mois de campagne, les expéditions de blé tendre ont dépassé les niveaux des deux précédentes campagnes. Si en janvier la France a exporté 115% de plus que l’année précédente à 1,3 Mt, cette performance reste en dessous des niveaux réalisés en 2024. De plus, sur la campagne céréalière actuelle, la France a expédié 4,5 Mt vers les pays tiers. Par ailleurs, ces volumes sont dirigés à 47% vers le Maroc. Le Royaume chérifien prend de l’importance. Pour le blé français, cette dépendance au marché marocain peut se retourner et laisser des stocks importants en France.

Les expéditions d’orges vers l’UE à un niveau bas

Du côté des orges, France AgriMer estime les exportations au même niveau que le mois précédent. L’administration française table sur 6,2 Mt dont 3,7 Mt vers les Pays tiers et 2,5 Mt vers l’UE. Sur les sept premiers mois de campagne, la France a exporté 4 Mt. Ainsi, la France a déjà réalisé 65% de ses volumes prévus. Un trafic en hausse de 75% par rapport à la précédente campagne. Pour leur part, les expéditions vers les pays tiers s’évaluent aux environs de 2,6 Mt. Un chiffre en reflet de la situation actuelle. Les sorties de céréales vers les pays de l’UE atteignent 1,4 Mt. Pour France AgriMer, « il s’agit du deuxième niveau bas historique derrière celui de la campagne 2020/2021. »

L’optimisme des flux de maïs

Enfin, les flux de maïs sont attendus à 5,2 Mt. Un volume équivalent à celui du mois dernier. Les trafics pour les pays de l’UE restent stables. À l’inverse, ceux vers les pays tiers perdent 3% à 500 000 t. Malgré ce recul annoncé, les chiffres des échanges du maïs affichent un optimisme. Ils sont en progression de 43% par rapport à la campagne précédente. Ils restent aussi au-dessus des niveaux de la campagne céréalière 2023/2024.

L’impact du conflit en Iran sur les engrais

Ce bilan d’étape de la campagne intervient dans un contexte géopolitique perturbé. Le conflit engagé par les États-Unis en Iran entraîne un blocage du détroit d’Ormuz. Or, cette région est essentielle dans les approvisionnements en gaz et en pétrole. Le premier constitue une matière première essentielle pour les engrais. Le second est vital pour l’économie. Les hausses de prix inquiètent le monde agricole. « Cette crise peut avoir des effets sur les prix des engrais, de l’énergie et du transport », souligne la direction de France AgriMer. Et l’ampleur des dégâts ne sera mesurable que dans les prochaines semaines selon la durée du conflit.

Le marché des vracs secs à deux doigts de la tension

Outre cet impact sur les engrais, le conflit en Iran a des impacts sur le marché des vracs secs. En effet, lors de l’attaque le 28 février et le blocage du détroit d’Ormuz, quelque 240 vraquiers sont « coincés » dans le golfe Persique selon plusieurs analystes. Une cale qui reste minime par rapport à la flotte mondiale. Cependant, ces navires peuvent tendre le marché. Le risque d’une hausse des taux de fret n’est pas à exclure. Ainsi, dès le 12 mars, le Baltic Dry Index entre dans une phase de hausse. S’il s’agit d’un épiphénomène lié à une réaction épidermique du marché, le risque d’un marché tendu n’est pas à exclure. Pour la France des céréales, cette crise n’alarme pas. Les exportations vers les pays du golfe Persique restent mineures. Sur les sept premiers mois de cette campagne, les flux dirigés vers ces pays pèsent 303 t à destination de l’Arabie Saoudite.