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GPM de la Guyane : une année 2025 satisfaisante malgré la baisse de trafic

L’année 2025 affiche un trafic en retrait de 5,3% à 961 361t. Une baisse que la direction du GPM de Guyane temporise. Du côté des investissements, le port achève la deuxième année de son plan stratégique. En 2026, il prévoit une enveloppe de 11 M€.

Les chiffres ne sont pas toujours le reflet d’une situation réelle. Avec 961 361 t, le GPM de la Guyane affiche un recul de ses volumes de 5,31%. Pour la direction du port, 2025 ne doit pas être vue stricto sensu avec l’année précédente. « En 2024, nous avons dépassé le cap du million de tonnes. Cette année a été exceptionnelle », souligne Stéphane Tant, président du directoire de Guyane Port. Sur la dernière décennie, depuis 2015, la tendance générale du trafic global du port reste positive. En effet, en passant de 600 000 t à 960 000 t, le port guyanais affiche une progression de 50%.

Une baisse des trafics de vracs

Cette baisse de trafic tient à des flux moindres dans les vracs. Ainsi, les vracs liquides perdent 15,5% à 276 041 t. Une diminution qui représente une baisse d’environ 50 000 t par rapport à l’année précédente. Cependant, en 2024, EDF a réalisé des importations massives de produits pétroliers pour pallier l’arrêt de sites de production. En effet, en 2024, le GPM de Guyane a traité 176 000 t de produits pétroliers. « Il s’agit d’un record pour notre port. »

Les vracs solides dans une fourchette de 110 000 t

Du côté des vracs solides, la diminution est plus faible. Elle s’élève à 7,67% pour porter le trafic à 103 199 t. Sur les dernières années, ce courant progresse, continue la direction du port. Aujourd’hui, il évolue entre 105 000 t à 115 000 t, selon la demande. Il peut aussi varier par l’arrivée d’un navire reporté sur l’année suivante. Cette catégorie regroupe principalement du clinker et du gypse.

Les diverses compensent partiellement les baisses

Enfin, ces baisses sont partiellement compensées par les marchandises diverses et le fret roulier. Les diverses affichent une augmentation de 0,9% à 568 970 t. Pour sa part, le fret roulier augmente de 1,9% à 13 151 t. Les diverses se composent des flux conteneurs, du fret des armées et du fret spatial pour Kourou.

Conteneurs : une progression des conteneurs pleins

Le trafic conteneurisé affiche une baisse de son volume. Il perd 0,5% à 556 364 t. En nombre, la tendance est à la baisse. Guyane Port perd 0,8% à 74 594 EVP. Une diminution qui traduit deux tendances inverses. D’une part, les conteneurs pleins augmentent quand les vides baissent. Et Stéphane Tant confie que la progression des pleins se confirme sur les deux dernières années. En effet, entre 2023 et 2025, ce catégorie de conteneurs augmente de 8,1% à 42 870 EVP.

La baisse des vides tient aux perturbations de Port of Spain

Globalement, l’année 2025 demeure de bonne facture, souligne la direction du port. Elle voit dans la hausse des conteneurs pleins un signe positif. Quant à la baisse des vides, elle tient principalement aux perturbations dans les services desservant le département français. En effet, les grèves à Port of Spain impactent le port guyanais. Ce port est l’escale précédente de Degrad des Cannes. Un mouvement social dans le port de Trinidad & Tobago signifie que les armateurs accumulent les retards. Pour le rattraper, ils annulent des escales dont celle en Guyane. « Pour notre port, cela signifie que nous avons subi, au cours de l’année, des congestions sur les conteneurs vides dans notre port. »

Adapter le port à la progression attendue

Cette situation est conjoncturelle. Cependant, remarque Stéphane Tant, la progression du trafic conteneurisé progresse régulièrement sur les dernières années. ?e nombre d’EVP pleins augmente de 3% sur la dernière décennie. « Nous avons besoin d’étendre nos capacités pour s’adapter à ce trafic », souligne le président du directoire. Une nécessité qui passe par des investissements. Déjà, en 2025, le port a réceptionné sa nouvelle grue. Elle permet une amélioration de la productivité. Du côté des terre-plein, l’extension consiste à déménager des administrations pour récupérer du terrain dans le port.

Des investissements de 11M€

Au global, Guyane Port table sur une enveloppe de 11 M€ en 2026. Après avoir consacré 15 M€ sur les deux dernières années, le port continue dans l’objectif défini par le projet stratégique 2024-2028. « Nous avons déjà réalisé 20% de nos projets. Nous continuons sur cette lancée en 2026. » La direction explique qu’une partie des travaux envisagés en 2025 sont reportés en 2026. Il s’agit par exemple de la reconstruction des caniveaux pluviaux du port. »Depuis 2021, nous entreprenons des travaux sur la dalle pour dimensionner le port aux trafics conteneurisés. » Au total, le port doit disposer de 9000 m2 supplémentaires.

Renforcer la sûreté du port

L’année 2026 est consacrée à la réalisation d’un programme de modernisation du réseau de vidéosurveillance. Il permettra une couverture à 360° du terminal. Il sera complété par un contrôle d’accès renforcé avec des badges et un système de détection anti-intrusion. Le port se situe dans une région où les trafics illicites se développent. « Nos différents investissements et actions visent surtout à dissuader les trafiquants de venir sur le port. Nous avons peu d’exportation ce qui nous éloigne de ces flux. Cependant, nous devons rester vigilant. » Dans le cadre de la lutte contre ces trafics illicites, les douanes ont investi dans un scanner mobile pour inspecter les conteneurs.

Le poste roulier prévu pour 2029

Outre ces travaux, le GPM de la Guyane continue de travailler sur le poste roulier. La phase des travaux est prévue l’année prochaine pour la partie terrestre et en 2028 sur la partie maritime. En 2026, le port continue les études techniques. Le redimensionnement du poste roulier peut attendre. Le trafic enregistre une baisse de 6,4% à 6 609 unités transbordées dans le port. En tonnage, le trafic progresse de 1,9% à 13 151 t en 2025 par rapport à 2024. Une croissance qui ne compense pas les pertes de volume enregistrées en 2024. Au cours des trois dernières années, le trafic roulier demeure sur un niveau moyen à 13 100 t. En Guyane, le renouvellement du parc se fait toujours vers des modèles thermiques. Les voitures hybrides et électriques percent peu. « Le service après-vente pour ces véhicules souffre d’une logistique peu efficiente. Il faut parfois attendre plusieurs semaines pour avoir une pièce et cela immobilise des voitures indispensables dans notre territoire. »

Développer le cabotage régional

Enfin, la position géographique de la Guyane lui offre un avantage concurrentiel. Le département demeure le seul territoire de l’Union européenne sur le continent. Alors, l’idée de créer une ligne de cabotage sur le plateau des Guyanes fait son chemin. « En 2025, nous avons acquis trois hectares de terrain à côté du port. Nous pouvons dédier cet espace pour y faire des opérations logistiques de groupage et de dégroupage », assure le président du directoire. Et le port en fait la promotion auprès des opérateurs. La direction du port souhaiterait développer une ligne avec le Brésil. Et cela est favorisé par l’ouverture, en 2024, du nouveau poste d’inspection frontalier. Il permet de réaliser les contrôles pour les produits phytosanitaires et vétérinaires directement dans le port. De plus, la mise en service des nouvelles grues offre la possibilité de recevoir des navires non gréés. « Nous avons toutes les conditions pour développer une ligne de cabotage régionale. Il faut maintenant disposer de boîtes pour assurer les rotations. Le port de Guyane n’a des conteneurs que de Marfret et CMA CGM. » Un appel à s’implanter pour des opérateurs locaux