SITL 2026 (1/3) : le baromètre maritime consacre Haropa Port
Le 1er avril, le Maritime Day de la SITL a analysé le dernier baromètre de l’AUTF et d’Eurogroup. Haropa Port et Dunkerque Port trustent les premières places.
Jean-Michel Garcia, délégué au pôle international de l’AUTF, et Guillaume Chauvenet, directeur d’Eurogroup Consulting, ont présenté le résultat du baromètre maritime. Réalisé en 2025, ce sondage se réalise auprès de grandes entreprises à 51% et de 31% d’ETI. Des sociétés qui réalisent à 83% des trafics conteneurs. Les sondés se concentrent dans la chimie, le commerce de détail et l’agroalimentaire.
Dunkerque, premier port pour la satisfaction client
Il ressort de l’enquête que 50% des interrogés recourent à des commissionnaires en transport. Un quart, soit 24%, négocient directement avec les transporteurs, maritimes et routier. Le résultat est sans appel. Haropa Port s’affiche le premier port le plus utilisé pour les importations et exportations des personnes sondées. Une place qui tient aussi à la position du port de l’axe Seine dans la conteneurisation en France. En deuxième position se retrouve le GPM de Marseille avec 52% du choix des sondés, puis Anvers avec 52% et Dunkerque avec 35%. Quant à juger de la satisfaction des ports, le GPM de Dunkerque prend la première place. Il totalise une note de 3,29/4, devant Marseille avec 2,93, Anvers avec 2,83 et Haropa Port avec 2,74.
Une gouvernance de crise dès qu’un conteneur est bloqué
Un résultat que Jean-Marie Petitdider, vice-président de la commission maritime de l’AUTF commente. Il rappelle que ces résultats sont intervenus dans un contexte portuaire émaillé de congestions. « La saturation existe en Europe. Pour que le chargeur puisse réagir, il serait souhaitable que tous les ports utilisent les mêmes indicateurs pour la qualifier. » Il regrette que les armateurs imposent parfois des « fins de voyage » sans avertir les chargeurs. « Il faut mettre en place une gouvernance de crise dès lors qu’un conteneur est bloqué entre tous les opérateurs », souhaite le vice-président de la commission maritime. Pour Maurice Georges, président du directoire du GPM de Dunkerque, le choix d’un port se fait aussi pour ses capacités. Le port engage des travaux d’allongement des quais et la création d’un second terminal à conteneurs. Le projet de Cap 2020 doit apporter des disponibilités supplémentaires pour les opérateurs logistiques.
Une congestion surtout en Europe du Nord
Du côté des commissionnaires en transport, Louise Chevalier, déléguée aux affaires maritimes, portuaires et de multimodalité, souligne que la croissance de trafic en France n’a pas eu d’effets de congestion. « Elle (ndlr: la congestion) concerne surtout les ports d’Europe du Nord », rappelle Louise Chevalier. Elle est aussi revenue sur l’entrée en vigueur des nouvelles alliances maritimes en février 2025 et notamment, la coopération entre Mærsk et Hapag Lloyd, Gemini. Une nouveauté qui s’est faite dans la douleur au Royaume-Uni.
Les pré et post acheminements: pertinence de l’offre et facilité d’accès
Le baromètre s’est ensuite étendu sur les pré et post acheminements. Les sondés répondent qu’ils font appel à 98% au mode routier. Les autres, comme le combiné, le ferroviaire et le fluvial, sont aussi évoqué parfois mais dans une moindre mesure. Le choix de ces modes tient surtout aux délais. La pertinence de l’offre et la facilité d’accès au service constituent les deux critères retenus. Et Jean-Marie Petitdidier confirme. « La décision tient à des conditions pratiques. » Avec des trajets de moins de 200 km, le transport combiné n’est pas envisageable. L’autre choix tient aux conditions de stockage des conteneurs dans le port. Alors, il souligne l’intérêt de disposer d’un terminal terrestre déporté du maritime, à l’image du LHTE au Havre. « Il permet d’avoir quelques jours supplémentaires de stationnement sans frais. »
La stratégie de hub and spoke fonctionne
Enfin, le baromètre analyse le choix des compagnies maritimes par les chargeurs. Les trois critères de disponibilité de l’espace, des équipements et le transit time emportent plus de 60% des suffrages. Le respect du contrat, le prix du service, et la qualité du service client regroupent environ 45% des votes. Pour Guillaume Chauvenet, les trois premiers critères sont le résultat des grandes entreprises. Les trois derniers sont plus à mettre à l’actif des sociétés plus petites. Pour les sociétés interrogées, le groupe CMA CGM remporte la palme avec 76% des votes. Viennent ensuite, MSC, Mærsk et hapag Lloyd. Pour Louise Chevalier, ces votes ne doivent pas cacher une réalité. La coopération Gemini a réussi à prouver que la stratégie de hub and spoke fonctionne. Or, elle redoute les intentions de certains de vouloir copier le système. La création de systèmes de transbordement peut se développer sans apporter une fiabilité et une qualité de service.

