La logistique du Père-Noël est assurée

Selon Lars Jensen, économiste et consultant spécialisé sur le monde maritime, les fêtes de Noël ne seront pas gâchées. Les rayons seront suffisamment garnis pour assurer les cadeaux du petit dernier sous le sapin.

Pas de panique ! Noël n’est pas annulé. « Il n’y a pas de risque de voir des rayons vides comme au temps de la guerre froide en Europe de l’est », indique Lars Jensen, consultant et observateur maritime. Et le consultant accuse les journaux d’en faire leurs choux gras.

Des flux plus importants en août

Cet optimisme est appuyé par les chiffres publiés dans le post Linkedin de Lars Jensen. Dans le monde, 15,2 MEVP ont été transportés en août, soit 620 000 EVP de plus qu’en août 2019, avant la pandémie. Une progression de 4,5%. En Amérique du Nord, la progression atteint 13,9% à 2,9 MEVP. Sur le mois d’août, ce sont 340 000 EVP de plus qui ont été acheminés vers le continent nord-américain.

Cette progression reste plus faible vers le continent européen. En effet, la progression de transport n’a été « que » de 1,7% à 2,9 MEVP par rapport au mois d’août de 2019. Et Lars Jensen de conclure : « il n’y a pas de pénurie. Les chargeurs auraient souhaité transporter plus ? oui ».

LEs marchandises bloquées dans les entrepôts

Pour l’observateur, les marchandises sont bloquées entre les entrepôts et le magasin. En un mot, ce n’est pas la faute des armateurs mais plutôt des opérateurs logistiques terrestres. Une analyse qui fait fi des annulations d’escale récurrentes de certains opérateurs. À lire Lars Jensen, si un conteneur est débarqué dans un autre port, il appartient aux chargeurs de faire en sorte de modifier sa logistique.

À chaque pied sa chaussure

Cette analyse ne prend pas en compte tous les conteneurs qui ne sont pas chargés dans les ports maritimes de départ en raison du manque de capacité à bord des navires et du manque d’équipements. Pour aller plus loin dans son raisonnement, Lars Jensen donne un exemple : imaginons que pour Noël, vous souhaitiez acheter une paire de chaussures. Votre échoppe préférée dispose généralement de 1000 paires. Or, cette année, il n’y en a que 900 paires d’exposer en raison des soucis logistiques. « Cela signifie qu’il y a pénurie de chaussures ? », interroge le consultant. Alors, continue Lars Jensen, quand vous ferez vos courses de Noël il ne faut pas s’attacher à vouloir un cadeau spécial mais plutôt d’être ouvert.

Retour à ces plaisirs simples

Je défie Lars d’aller expliquer cela aux enfants, certes un peu gâtés, mais qui se font de ces fêtes une joie pour avoir ce dont ils rêvent. Le post de Linkedin de Lars Jensen suscite bien des commentaires. Parmi ceux-ci, certains appellent à un retour sur le local. Choisir du local en France risque de nous projeter quelques décennies en arrière quand à Noël les enfants recevaient une orange pour seul cadeau.

Le refus de charger

Le Père Noël 2021 va devoir faire preuve d’une grande sagacité dans la logistique de ses cadeaux. Les retards cumulés dans les livraisons sont prévisibles depuis plusieurs mois. Aujourd’hui, des armateurs se permettent de refuser de charger les conteneurs de certains clients, faute d’espace. Il est facile de rejeter le manque sur la manutention, les logisticiens ou encore les transporteurs terrestres.

Un service minimum?

Face à cette crise, dont la résolution est attendue pour le milieu de l’année prochaine selon les dernières analyses des experts, quelles solutions apporter. Pendant les mouvements sociaux en France, de nombreuses voix se sont élevées pour demander un service minimum dans les ports. Pourquoi ne pas obliger les armateurs qui desservent le marché européen d’être assujettis à une obligation de service minimum dans des ports européens.

Le code de conduite de la Cnuced

L’idée serait d’obliger les armateurs, en période de pénurie, d’offrir un nombre minimum d’espaces à bord des navires pour permettre aux industriels locaux d’importer et d’exporter les marchandises. Cela pourrait être présenté comme une contre partie à la desserte du marché européen. Les armateurs qui souhaiteraient se couper de ce marché de plusieurs millions de consommateurs pourraient refuser de le faire. Finalement, le code de conduite de la Cnuced sur les partages de cargaison entre l’Europe et l’Afrique (30% pour les armateurs européens, 30% pour les armateurs africains et 40% pour les autres) pourraient revenir sur le devant de la scène en étant adaptés.