Corridors et logistique

Fluvial : le trafic du bassin de la Seine en baisse en 2025

La direction territoriale du bassin de la Seine a présenté ses chiffres du transport fluvial pour 2025.  Les volumes sont en baisse. La direction territoriale prévoit un investissement de 250 M€.

L’activité fluviale sur le bassin de la Seine subie les effets de la conjoncture. De plus, la mauvaise campagne céréalière 2024/2025 impacte les trafics. Alors, en 2025, le bassin de la Seine enregistre un trafic de 16,56 Mt, en diminution de 1,7 %. Un recul qui se décline aussi sur les flux. En effet, avec 2 965,3 Mt km, la Seine enregistre un repli de 1,6 %. Le bassin séquanien représente malgré tout 38% du trafic fluvial national en tonnes, précise VNF.

Les produits agricoles tirent le trafic vers le bas

Le recul tient surtout à la filière agricole. Ainsi, elle diminue de 8,2 %. Cette tendance est la conséquence directe de la campagne céréalière 2024–2025 parmi les plus faibles depuis ces quarante dernières années. Elle reste une filière majeure pour le fluvial avec 20% des trafics du bassin. La division territoriale reste optimiste. « Une reprise intervient depuis août. La campagne 2025–2026 apparaît plus favorable. Un rattrapage est attendu au début de 2026 », indique VNF.

Le trafic conteneurisé perd 3,8%

Le trafic conteneurisé s’inscrit dans la même veine. Avec 262 000 EVP traités, « le trafic de conteneurs sur la Seine maintient un fort niveau d’activité. » Cependant, il est en retrait de 3,8% par rapport à 2024. Le trafic conteneurisé dépend en grande partie des volumes traités par Le Havre. Or, en 2025, le port normand affiche une progression de ses volumes. La baisse du nombre de conteneurs traités par voie fluviale signifie donc un report sur les autres modes de transport, la route et le fer.

Une progression en intra-Île de France

Pour la division territoriale de VNF, le trafic conteneur a réalisé une progression des flux en intra-Île de France. L’ouverture en 2025 du nouveau terminal de Bruyères sur Oise laisse espérer une montée en puissance des flux avec Le Havre. De plus, VNF table sur une croissance avec la mise en opération de la chatière au Havre pour un accès direct des unités fluviales à Port 2000.

Les matériaux de construction se redressent en tkm

Au chapitre des hausses de trafic se retrouvent la filière des matériaux de construction. Elle pèse 57% des volumes séquaniens. Avec 9,55 Mt, elle voit ses volumes se stabiliser. Ce trafic apparaît comme le reflet de la santé du secteur du BTP. Alors, avec un léger redressement de cette activité en 2025, le fluvial a su en tirer bénéfice. Le transport fluvial intervient à double titre. D’une part, il évacue les déchets des chantiers. Ainsi, sur le Grand Paris Express, il a traité 5 Mt en 2025. D’autre part, il approvisionne en sables et graviers. Par conséquent, les chantiers du canal Seine-Nord et la poursuite des travaux du Grand Paris Express sont de bon augure pour 2026.

Métallurgie et chimie en hausse

La métallurgie enregistre un trafic en hausse de 10,7% en tonnes en 2025. La filière est portée par la progression des flux de ferrailles vers l’Île-de-France par le groupe Riva. Quant à la filière chimie, elle voit ses volumes progresser en tkm mais baisser en tonnes.

La montée en puissance de la logistique urbaine

La direction de VNF indique une montée en puissance de la logistique urbaine. Le tonnage progresse avec une hausse de 14% à 134 000 t. Le nombre de voyages suit la tendance en augmentant de 120% à 1 400 voyages par rapport à 2021. La construction d’un nouvel entrepôt Ikea à Limay et d’un nouveau port à Romainville par le Syctom ou encore les approvisionnements en éléments de voirie de la Ville de Paris donnent des perspectives de croissance pour les années à venir.

Une enveloppe de 250 M€ pour les investissements

Ces résultats incitent VNF à maintenir un niveau d’investissement important. L’établissement prévoit 250 M€ pour l’entretien et la modernisation du réseau. VNF indique vouloir concentrer « ses efforts sur la fiabilité et la sécurité du réseau fluvial et sur l’amélioration de sa performance au service des usagers et des activités économiques qu’il génère. »

Des interventions à Suresnes, Chatou et Notre-Dane-de-la-Garenne

Les travaux prévus pour cette année doivent, entre autres, porter sur la poursuite de la rénovation et de la modernisation du barrage à vannes de Suresnes. Il est aussi prévu des opérations de maintenance des écluses de Notre-Dame-de-la Garenne. La modernisation du système de vannage de l’écluse de Chatou et la finalisation des études pour l’allongement et l’approfondissement de l’écluse d’Ablon sur Seine sont également inscrites au budget.

La poursuite des travaux de Mageo

Sur l’Oise, la poursuite des études et travaux préparatoires pour le projet Mageo (mise à grand gabarit de l’Oise) continue. VNF doit entamer les procédures d’acquisitions foncières pour réaliser les travaux. Enfin, sur la Marne, les canaux de Picardie et de Champagne Ardennes, VNF liste des travaux de sécurisation, de modernisation et de rénovation de certains ouvrages.