Ports

Les trafics d’Anvers-Bruges et Rotterdam se tassent au premier trimestre

Les trafics du premier trimestre des deux principaux ports européens, Anvers-Bruges et Rotterdam, sont en baisse. L’impact de la crise du Moyen-Orient reste limité.

Les deux plus grands ports d’Europe subissent les effets de la crise au Moyen-Orient. En effet, le port d’Anvers-Bruges enregistre une baisse globale de son trafic de 3,2% à 65,5 Mt sur le premier trimestre. Rotterdam sauve les meubles avec une diminution de 0,7% à 103 Mt.

Les vracs secs en baisse

Dans les deux ports du Benelux, les vracs secs sont à la peine. Le port belge affiche une baisse de 4,9% à 3,3 Mt. Pour sa part, Rotterdam recule de 4,3% à 15 Mt. Ainsi, Anvers-Bruges voit ce courant fléchir en raison de la fin du trafic de charbon et de la diminution des importations d’engrais. Rotterdam souffre des mêmes causes. Le principal déclin de trafic est à mettre au passif des vracs agricoles. Pour la direction du port, il s’agit avant tout d’un retour à la normale. L’année 2025 a été exceptionnelle au premier trimestre. De plus, le charbon voit ses volumes se contracter en raison d’une production électrique plus intense en 2025 qu’en ce début d’année. À l’inverse, les trafics de minerais de fer et de ferrailles s’améliorent. La reprise d’activité de la sidérurgie allemande pousse ces flux vers le haut.

Anvers-Bruges affiche une hausse des vracs liquides

La crise du Moyen-Orient n’a pas produit d’effets sur les trafics de vracs liquides. Le port d’Anvers-Bruges annonce une hausse de 0,2% à 18,5 Mt. Un mouvement qui confronte deux tendances opposées. En effet, d’une part, l’essence, le naphta et le GNL augmentent. S’agissant du GNL, l’interdiction d’importer des produits depuis la Russie incite les opérateurs à remplir les stocks. D’autre part, le diesel, le kérosène et le LPG se replient. Le trafic de produits chimiques reste sous pression en raison de la faiblesse du secteur chimique européen.

La hausse du pétrole brut à Rotterdam

Aux Pays-Bas, le port de Rotterdam s’inscrit dans la même veine. Les vracs liquides enregistrent une progression de 2,2% à 49,1 Mt. Ainsi, sur le premier trimestre, le pétrole brut connaît une hausse de 1,7% à 25,2 Mt. En janvier et février les marges de raffinage sont demeurées sur les mêmes niveaux que l’année passée. Le blocage du détroit d’Ormuz et la hausse du prix du pétrole brut a entraîné une hausse de ces marges. Par conséquent, les opérateurs ont approvisionné leurs stocks. Quant au GNL, il augmente en raison des températures basses du début d’année. La consommation incite les stockeurs à reconstituer leurs stocks.

Une baisse des marchandises diverses

Quant aux marchandises diverses, elles voient leur volume se réduire dans les deux ports. Rotterdam affiche une baisse de 1,5% à 7,7 Mt sur le premier trimestre. De son côté, Anvers-Bruges perd 7,9% à 2 Mt. Les conteneurs entrent dans cette catégorie. Pour le port belge, la baisse atteint 5,5% en tonnage à 36,3 Mt. Une diminution moindre en nombre. Elle est de 2,6% à 3,4 MEVP. L’autorité portuaire d’Anvers attribue ce mouvement à une année 2025 solide sur les premiers mois. De plus, les conditions météorologiques du début 2026 avec des tempêtes de neige ont perturbé le trafic. Par ailleurs, le mouvement social de quatre jours à Anvers a perturbé le trafic. Pour la direction, ces perturbations ont entraîné « le déroutement de plusieurs navires vers d’autres ports et le traitement incomplet de certaines cargaisons en raison d’un manque de capacité de réserve dans les terminaux. » Ainsi, quelques 100 000 EVP ont choisi d’autres ports.

Conteneurs : Rotterdam progresse de 0,3%

Dans le port de Rotterdam, les trafics conteneurisés ont mieux résisté. Le trafic affiche une hausse de 0,3% à 3,3 MEVP. Un chiffre plus faible que prévu par le port. La raison tient à des soucis sur le système de gestion d’un terminal (Terminal Operating System). En tonnes, les conteneurs perdent 3,2% à 31,2 Mt. Une baisse qui tient à la présence plus importante de conteneurs vides au cours de ce trimestre.

Rotterdam : le Moyen-Orient pèse 4,4% du trafic total

La crise du Moyen-Orient aura un impact dans les deux ports. Pour Rotterdam, le trafic avec les pays du golfe Persique pèse 19 Mt, soit 4,4% du total. Des volumes qui se composent de pétrole brut depuis l’Irak et l’Arabie Saoudite, du kérosène depuis le Koweït ou encore du diesel depuis le Qatar. Le principal effet sur le port est la hausse des coûts des carburants et donc le coût du fret. Le blocage du détroit d’Ormuz impacte plus lourdement les pays asiatiques. Ils cherchent à acheter toutes les cargaisons qui peuvent passer ou qui sont disponibles. Ainsi, note la direction de Rotterdam, cinq pétroliers attendus dans le port néerlandais ont changé de route pour se rendre en Asie. La crise se fera encore sentir au deuxième trimestre. Le prix élevé des produits pétroliers pourrait permettre aux raffineries néerlandaises de prendre des parts de marché.

L’impact indirect de la crise à Anvers-Bruges

Dans le port d’Anvers-Bruges, l’impact de la crise du golfe Persique reste limité. Les premiers effets se sont fait sentir dès la fin mars. Ainsi, le 23 mars, le dernier méthanier en provenance du Qatar est arrivé à Zeebrugge. L’impact principal du conflit et du blocage du détroit d’Ormuz est pour l’instant indirect. En effet, la hausse du prix de l’énergie et des carburants augmente les coûts de soutage et de transport. Elle exerce une pression supplémentaire sur la compétitivité de l’industrie européenne.