Logistique automobile : la flambée du diesel accentue la pression sur la logistique automobile européenne
European Car Groupe et PwC Autriche publient l’indice de la logistique automobile pour le premier trimestre. La tendance est à la hausse.
Les coûts de la logistique automobile européenne ont de nouveau augmenté au premier trimestre 2026. La publication par European Car Groupe (ECG) et Price Waterhouse & Coopers du Finished Vehicle Logistic Index (FVL Cost Index) atteint 159,7 points. Au précédent trimesstre, à savoir le dernier de 2025, il s’établit à 151,1 points. Cette progression de 8,6 points en un trimestre confirme la pression persistante qui s’exerce sur l’ensemble de la chaîne logistique automobile.
L’effet du contexte économique
Cette hausse s’explique d’abord par l’évolution du contexte économique et géopolitique. De plus, la remontée des prix du diesel influe sur cet indice. En effet, il est utilisé pour le transport des véhicules dans de nombreux modes. « Compte tenu du contexte macroéconomique actuel, il faut s’attendre à ce que les pressions inflationnistes continuent de faire grimper les coûts dans les prochains mois. Cela accentuera encore les difficultés financières des opérateurs », indique ECG. Le FVL Cost Index souligne l’impact des charges d’exploitation et des coûts salariaux, qui continuent d’alourdir la facture des opérateurs logistiques.
La hausse du prix de la route
Le segment routier reste le plus exposé à cette tension. L’indice pour le transport routier (FVL Road Cost Index) atteint 145,3 au premier trimestre. Il était de 129,4 points au trimestre précédent. L’augmentation de 15,9 points est principalement liée à la hausse du carburant et des salaires. Dans la logistique des véhicules finis, la route demeure essentielle pour les acheminements entre terminaux, hubs et points de livraison. Ainsi, ce segment demeure sensible aux variations de coûts. La France se place dans le bas du tableau. Avec un indice de 136 points, elle est plus chère que la Suède et l’Italie. Cependant, le coût logistique de la route en France reste inférieure à celui de l’Allemagne, de la Belgique ou encore de la Pologne. Cependant, en un an cet indice a augmenté de 15 points.
Maritime : la hausse du prix des soutes
Le transport maritime enregistre lui aussi une nouvelle hausse. L’indice maritime (FVL Sea Cost Index) s’établit à 205,2 points, contre 199,9 au quatrième trimestre 2025. Cette progression de 5,3 points est portée par l’augmentation des soutes et des coûts portuaires. Le maritime reste de loin le segment le plus coûteux, ce qui reflète le poids des dépenses d’exploitation des navires et la forte dépendance du secteur aux coûts énergétiques. L’indice du coût de la logistique maritime en France se situe en dessous de la moyenne européenne. Il est de 204 points. Hormis l’Espagne qui affiche un indice de 201,1 points, la France dispose du coût européen le moins élevé.
Le ferroviaire subi la hausse du prix des péages
ECG et PwC publient aussi un indice pour le fret ferroviaire. Avec un niveau de 143,6 points, il continue de progresser. En effet, au dernier trimestre 2025, il était de 133,5 points. La hausse de 10,1 points s’explique principalement par l’augmentation des coûts de carburant et par des péages plus élevés dans certains pays européens. Dans un contexte où les industriels cherchent à renforcer les reports modaux, la maîtrise des coûts ferroviaires devient un enjeu stratégique. La France se positionne en milieu de tableau pour cet indice. Avec 139,6 points, le transport ferroviaire en France demeure plus cher qu’en Italie, Espagne et Royaume-Uni. En un an, l’indice du coût de la logistique ferroviaire a augmenté de 11 points.
Stockage : le coût du terrain impacte l’indice
Enfin, les zones de stockage automobile affichent une évolution plus modérée. La hausse est de 1,5 points à 130,4 points en un trimestre. Une augmentation qui reste limitée, mais elle traduit la poursuite du renchérissement des actifs et de la main-d’œuvre. En effet, l’inflation grandissante en Europe impacte le prix des terrains. Ainsi, dans les pays où la disponibilité est plus limitée, le coût des zones de stockage progressent. En France, l’indice demeure à un niveau faible à 118,2 points. Il faut aller en Italie et en Suède pour trouver un indice plus faible. Par contre, la Belgique, l’Espagne et l’Allemagne affichent des indices bien supérieurs.

