Conteneurs: entre congestion portuaire et capacité réduite
Dans son rapport mensuel de mai, DHL Global Forwarding estime le volume de conteneurs bloqués dans les ports à 3 MEVP. Les conditions de passage du détroit d’Ormuz préoccupent.
La situation portuaire dans le monde se stabilise. Dans rapport du mois de mai, DHL Global Forwarding estime que le nombre de conteneurs bloqué dans les ports s’élève à 3 MEVP. Un volume stable par rapport au mois d’avril. Un phénomène que le commissionnaire attribue au manque d’infrastructure.
Le rôle des hubs chinois alternatifs
La société indique que l’effet du blocage du détroit d’Ormuz est globalement sous contrôle. « L’effet du blocage du détroit d’Ormuz est remarquablement bien géré tant au départ, qu’à destination et dans les ports de transbordement. Les hubs chinois alternatifs jouent leur rôle », indique le rapport. Néanmoins, en Chine, les conditions météorologiques et la maintenance dans les terminaux portuaires ralentissent les opérations. DHL Global Forwarding constate un délai entre trois jours et cinq jours. En Europe du Nord, le taux d’utilisation des terminaux s’établi à un niveau élevé. Pour le commissionnaire la capacité manque et les congés du mois de mai perturbent l’activité. En Europe du Sud, la situation tend à s’améliorer.
Des passages d’Ormuz au compte-gouttes
Le blocage du détroit d’Ormuz demeure la principale attention du marché. Les deux belligérants négocient un accord. L’un comme l’autre semble camper sur ses positions. La levée du blocus imposé par la marine américaine n’interviendra qu’après l’accord. Pour leur part, les Iraniens ont décidé de mettre en place un droit de passage pour tous les navires. Cependant, les navires ne sortent qu’au compte-gouttes. Certains empruntent le passage d’Ormuz par les eaux omanaises. D’autres préfèrent longer les côtes iraniennes et pakistanaises avant de regagner la haute mer. Le ministre de l’Économie indonésien a voulu s’inspirer de la décision iranienne. Il annonce la mise en place d’une taxe pour franchir le détroit de Malacca. Le premier ministre a rapidement démenti cette option.
Une croissance de la capacité en tassement
Le marché reste malgré tout sous la conduite de l’équilibre entre l’offre et la demande. La capacité offerte sur les principales routes conteneurisées croît faiblement. Ainsi, la capacité nominale est de 6% par an depuis 2018. Une progression qui intègre l’effet du Covid en 2020. En 2026, elle doit augmenter de 3%, soit moitié moins qu’en 2025. Cependant, ce chiffre reste théorique. Dans la réalité, indique DHL Global Forwarding la capacité réelle se réduit de 17% en raison du détour par le sud de l’Afrique et de la congestion portuaire.
Les flux asiatiques vers l’Amérique du Nord se contractent
Dans l’autre panier de la balance, la demande reste soutenue sur les premiers mois de l’année. Le Nouvel an chinois a ralenti les volumes mais, souligne DHL Global Forwarding, dans une moindre mesure qu’en 2025. Ainsi, sur les cinq premiers mois de l’année, la croissance des volumes conteneurisés progresse de 7%. L’Asie, et notamment la Chine, conserve son rôle de moteur dans l’économie conteneurisée. Or, depuis l’application des tarifs douaniers par l’administration Trump, les flux en sortie d’Asie vers l’Amérique du Nord accusent une baisse en ce début d’année. « Ces tarifs n’arrêtent pas les trafics. Ils déportent une partie de ces flux vers d’autres destinations. » Ainsi, sur les premiers mois de l’année, la plus forte progression, au départ d’Asie, est à mettre au crédit des liaisons Asie-Afrique.

