Indice de performance portuaire : le GPM de Marseille-Fos affiche la plus forte amélioration
La Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence publient le Container Port Performance Index pour l’année 2025. Il montre une légère dégradation des temps d’attente des navires dans les ports.
La sixième édition du Container Port Performance Index (CPPI) 2025, publié par la Banque mondiale et et S&P Global Market Intelligence montre une légère dégradation des résultats. Cette sixième édition rompt avec les précédentes. En effet, depuis la pandémie, la performance portuaire s’inscrit dans une amélioration de sa productivité. En 2025, l’indice rétrograde.
La fiabilité en baisse
Pour rappel, en 2025 les armements ont décidé de contourner le canal de Suez. Les attaques répétées des Houthis contre les navires ont amené les armateurs à choisir la route par le cap de Bonne-Espérance. Des décisions qui ont entraîné une fiabilité moindre. Pour mémoire, en décembre 2025, le nombre de jours de retard des navires conteneurs de lignes régulières est de 4,98 jours, ce qui représente une semaine en jours ouvrés.
L’Asie domine le classement
Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir le rapport annuel sur la performance portuaire se dégrader en 2025. La constante de ce document reste la place des ports d’Asie. Ainsi, dans les dix premiers du classement se retrouvent six ports chinois. Fuzhou, port intérieur chinois domine le classement de cette année. Il gagne avec quatre longueurs d’avance sur Dalian. Viennent ensuite les ports de Mawan, Chiwan, Ningbo et Hong Kong. Cette domination asiatique est confirmée avec de nombreux ports du continent parmi les 20 premiers. Ainsi, Kobe, Haiphong, Cai Mep, Xiamen, Tianjin, Kaoshiung et Tanjung Pelepas occupent les premières places.
La congestion par salve
Le rapport de 2026 introduit une nouvelle notion pour les ports : la « burst congestion ». Ce phénomène signifie une « congestion par salve ». Les ports souffrent de congestions épisodiques. L’arrivée de navires dans un laps de temps court sature les terminaux. Le rapport note que ces congestions sont propres aux ports les plus modernes.
Pas de corrélation entre revenus du pays et performance portuaire
Outre la position des ports d’Asie, la corrélation entre revenus du pays et performance portuaire n’est pas de mise. Cette tendance s’impose sur les six dernières éditions. Alors, en 2025, les économies à revenu intermédiaire supérieur, notamment en Asie, ont surpassé les économies à haut revenu. Concrètement, cela signifie que le premier port européen, Algésiras, est en 12è position. De plus, il est largement dépassé par le port de Tanger Med, au Maroc. Il occupe le 6è rang.
La congestion des ports européens
En Europe et en Amérique du Nord, les ports continuent leur chemin vers une stabilisation. Néanmoins, ils restent vulnérables aux goulots d’étranglement de l’arrière-pays et aux contraintes de main-d’œuvre. En Europe, la performance est contrastée. Certains ports comme Algésiras maintiennent une efficacité de premier plan. À l’inverse, d’autres subissent les contrecoups de la congestion. À titre d’exemple, Hambourg enregistre une légère détérioration liée à la congestion par salve. Une situation symptomatique du phénomène.
En France, Marseille au premier rang des améliorations
Les ports français montrent des signes encourageants. En Méditerranée, le GPM de Marseille se distingue avec une performance sans égale dans le monde depuis 2020. Il gagne 39 points dans l’indice de 2020 à 20226. Cette dynamique positive souligne les efforts de modernisation et de gestion opérationnelle, souligne le rapport. En revanche, le port du Havre continue de naviguer dans un environnement complexe. Son score reflète les défis structurels de la connectivité hinterland partagés par de nombreux grands ports européens.
Les autres ports français en bas du classement
Les autres ports conteneurisés français se situent plutôt en bas du tableau. Ainsi, le GPM de Dunkerque se situe en 227è place avec un indice négatif de -2,9. Un score équivalent au port de Brest. Le GPM de Bordeaux est à quelques marches au-dessus. Avec un indice de 0,9, il se situe en 213è place. Le GPM de Nantes Saint-Nazaire sauve la côte atlantique avec un score de 2,4 et occupe la 198è place.
Outre-Mer : le bon score des ports antillais
En outre-mer, les ports évoluent dans différents niveaux du classement. Le premier port ultramarin est le GPM de Guadeloupe. Le GPM de Guadeloupe affiche un score de 27,4 et occupe la 91è place. En Martinique, le GPM suit avec un indice de 25,2 à la 96è place. Dans l’océan Pacifique, Le Port autonome de Nouvelle Calédonie occupe la 165è place avec un score de 5,9 points. Quant au Port autonome de Papeete, il affiche un indice de 1,7 points à la 200è place. Seul Port Réunion voit son indice en négatif (-24,2 points) et se retrouve à la 316 place. À titre de comparaison, Rotterdam se situe à la 333è place avec un indice de -38,3.
L’Afrique : Entre défis structurels et réussites fulgurantes
Le continent africain présente la trajectoire la plus hétérogène du rapport. En effet, Tanger Med maintien sa place de 6è port mondial. Cependant, le port marocain affiche un indice en baisse sur les deux dernières années à 134 points en 2025. En deux ans, il a perdu cinq points d’indice. Les ports d’Afrique subsaharienne connaissent des sorts divergents. L’importance des importations dans ces ports et le manque de concurrence ne jouent pas en leur faveur.
Durban a su s’améliorer
Alors, dans le classement se retrouvent des ports avec une forte croissance. L’exemple de Durban, en Afrique du Sud, reste exceptionnel. Malgré des temps d’attente encore longs, il s’inscrit parmi les plus belles progressions de l’année. De son côté, Dar es Salaam améliore son indice. L’entrée d’Adani Ports en 2024 produit ses premiers effets. Enfin, Djibouti gagne aussi avec des temps d’escale plus court. Un « exploit » dans le contexte géopolitique en mer Rouge.
L’Afrique de l’Ouest en bas de classement
Quant aux ports africains qui baissent, se retrouvent notamment le Port autonome d’Abidjan. Le port ivoirien subi les effets d’un report de trafic lié à la crise au Moyen-Orient. Une partie des conteneurs destiné à ce marché est transféré dans le port d’Abidjan. Le port frôle parfois la saturation. Dakar, Monrovia, Cotonou, Lomé, Kribi ou encore Pointe-Noire affichent des scores en baisse en 2025. Les ports se situent dans le bas du tableau à l’exception de Dakar qui se maintien avec la 144è place.
La digitalisation parmi les quatre piliers de la performance portuaire
Ce classement est réalisé selon une formule mathématique qui prend en compte de nombreux facteurs. Cela peut expliquer la position de Rotterdam ou Anvers à la 306 place, malgré un trafic de 14 MEVP. Cet indice doit être perçu comme un outil de diagnostic des forces et faiblesses. Pour la Banque mondiale, la performance s’appuie sur quatre piliers : la digitalisation, la résilience opérationnelle, la coordination avec l’hinterland et la gouvernance.

