Corridors et logistique

Céréales : la campagne s’achève sur une note positive

Après 10 mois de campagne céréalière, de juillet à avril, les exportations sont en hausse. Les perspectives alertent sur les oléagineux.

Dans son rapport mensuel, FranceAgriMer confirme la bonne santé des exportations de céréales pour cette campagne 2025/2026. Les hausses d’une campagne à l’autre sont élevés en raison de la mauvaise récolte en 2024.

Des exportations de blé tendre en hausse

S’agissant du blé tendre, FranceAgriMer table sur 15,1 Mt exportées pour cette campagne. Comparativement à la précédente, ce poste progresse de 48%. Un chiffre élevé en raison de la mauvaise récolte de 2024. Cependant, la comparaison avec la moyenne des cinq dernières années reste plus significative. Les exportations de cette campagne demeurent au-dessus de la moyenne quinquennale de 14,8 Mt. Les flux vers l’Union européenne dominent. Ils entrent à hauteur de 7,8 Mt, soit 51%. Le solde, à savoir 7,2 Mt et 49%, est destiné aux pays tiers.

L’Afrique sub-saharienne, première destination du blé tendre

FranceAgriMer souligne que sur 10 mois de campagne, de juillet à avril, la France a exporté 12,9 Mt de blé tendre. Un volume en progression par rapport à la moyenne quinquennale. En effet, elle est d’environ 12,4 Mt. La campagne actuelle reste néanmoins dans une situation plus erratique. Après un démarrage dynamique, les opérateurs semblent ralentir l’activité depuis le mois de février. Et dans ces flux, l’Afrique sub-saharienne prend désormais une place importante dans ces échanges.

Une hausse des exportations d’orges

De leur côté, les orges affichent un score supérieur, à fin avril. Les exportations s’élèvent à 5,6 Mt. La moyenne quinquennale est de 5,2 Mt. Une augmentation qui devrait se maintenir sur l’ensemble de la campagne. En effet, les exportations sont prévues à 6,4 Mt pour cette campagne. Un trafic en hausse de 2% par rapport à la précédente campagne. Par rapport à la moyenne quinquennale, les exportations d’orges sont attendues en hausse de 6,9%. Les volumes destinés aux pays tiers augmentent de 67% d’une campagne à l’autre à 3,9 Mt. Ceux dirigés vers l’Union européenne sont en léger retrait. Ils perdent 9% d’une campagne à l’autre à 2,5 Mt.

La stabilité du marché du maïs

Enfin, le maïs continue sa progression des dernières années. Les échanges de maïs en grains devrait être de 5,8 Mt. Les flux vers l’Union européenne se stabilisent aux environs de 470 000 t. De leur côté, les exportations vers les pays tiers continuent leur progression avec une hausse de 9% par rapport à la précédente campagne à 5,2 Mt. La bonne tenue des flux de maïs s’explique par la dynamique en intra-UE.

Des perspectives rassurantes

Les perspectives pour les prochains mois sont rassurants pour certains produits. En effet, les stocks de blé mondiaux demeurent élevés, « malgré la baisse de 35 Mt d’une année sur l’autre », a précisé Sébastien Poncelet, directeur du développement chez Argus Media France, lors du Paris Grain Day. Le maïs s’inscrit dans la même tendance.

Le bio-carburant plus gourmand en matière première

Les difficultés sont prévues sur les oléagineux. Ainsi, la demande en colza pourrait se tendre. La hausse de la consommation des bio-carburants pèsera. Pour Fabricio Cardoso, responsable analyses biocarburants et agriculture chez Argus Media, les prévisions de consommation de carburant renouvelables s’évaluent à 300 Md litres en 2035, soit 50% de plus qu’en 2025. Alors, par voie de conséquence, les besoins en matière première agricole vont s’accroître. Un facteur qui pèsera aussi sur les huiles végétales. Dans ce contexte, les marchés vont se tendre, projette Fabricio Cardoso.

La logistique : une commodité pour la commodité

Outre ce phénomène, la géopolitique s’invite dans ce marché. « Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les coûts de l’énergie, les politiques commerciales des pays exportateurs ainsi que l’évolution de la demande mondiale continuent d’alimenter la volatilité du marché », a indiqué Antoine Guyon, analyste éditorial sénior chez Argus Media. Ces changements, souvent brutaux, impactent la logistique. Elle devient donc une commodité pour les commodités.