Corridors et logistique

La logistique pèse 267 Md€ de chiffre d’affaires

TLF a présenté l’étude réalisée par le cabinet Asterès. Elle révèle le poids des activités logistiques en France. Avec 267 Md€ de chiffre d’affaires et 1,8 millions d’emplois.

Lors de son assemblée générale, le 18 juin, TLF a présenté les résultats de son étude sur le poids du secteur en France. Réalisée par le cabinet Asterès, elle permet de replacer cette filière dans l’économie nationale.

Une empreinte économique supérieur à l’agroalimentaire

Présentée par Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet Asterès, l’étude réalisée pour le compte de TLF démontre du poids économique de la filière. La logistique prise dans son sens large apparaît comme un secteur essentiel à l’économie nationale. « Son empreinte économique est supérieure à celle de l’industrie agroalimentaire. Elle pèse trois fois le poids de la restauration et de l’hébergement. »

La logistique pèse 3% du PIB

Alors, la logistique et le transport représentent 3% du PIB. Un chiffre qui triple à 9% avec les effets indirects. « La démondialisation n’a pas eu lieu. Certains ont crû que les événements géopolitiques refonderaient le commerce international. Les routes des échanges se modifient. C’est plus long, parfois plus dur, mais la logistique a su faire preuve de résilience depuis le début de la décennie », continue Nicolas Bouzou.

Un secteur qui emploie 1,8 million de personnes

Et l’étude montre que cette filière est aussi parmi les premiers employeurs français. Dans l’étude d’Asterès il est démontré que la logistique emploie 1,6 millions d’ETP (équivalent temps plein). En nombre de personnes, ce sont 1,8 million de salariés qui sont rattachés à ce secteur. « Cela représente 6% de l’emploi en France. » Ces emplois se répartissent, à 56%, dans les sociétés de la logistique et du transport. Les 44% restants sont disséminés dans les autres industries. « Ainsi, note l’étude, près de la moitié de l’emploi logistique est invisible. »

194 millions m² en France

Enfin, la mesure de cette filière se fait aussi aux capacités d’entreposage disponibles sur le territoire. En France, 67 000 entrepôts occupent 194 Mm². Et la particularité de ce secteur est d’offrir 60 000 espaces logistiques avec une surface de moins de 5 000 m2. Une taille qui permet d’individualiser l’offre logistique. Ces bases logistiques placent leur centre de gravité dans la région Centre-Val de Loire. Avec 16% de l’emploi du secteur, la région s’impose. « Une place qui s’explique aussi par l’histoire. La région, et notamment le département du Loiret, se place au carrefour des routes Nord-Sud et Est-Ouest. » Il est donc logique que cette empreinte demeure malgré les changements du commerce dans le temps.

Les Hauts de France, première région logistique

Les Hauts de France et la Normandie apparaissent dans le haut du classement de l’emploi de la logistique. La première compte 15% d’emploi dans la logistique quand la seconde atteint 13%. Ces deux régions bénéficient de la présence de ports de premier rang. Avec Le Havre et Rouen en Normandie, Dunkerque et Boulogne Calais dans les Hauts de France, la logistique s’ouvre à l’international. Le classement des régions portuaires françaises, réalisé par Ports et Corridors et Mer et Marine démontrent que le centre de gravité de la logistique portuaire est au Nord et à l’Ouest. De l’autre côté du tableau, l’Ile de France enregistre le plus faible taux d’emploi de la logistique. En effet, 9% de l’emploi francilien est assuré par le secteur.

La France, 13° rang du LPI

Cette étude pose, pour la première fois, les bases de comparaison du secteur. Elle le fait sur des bases nationales. L’analyse à l’international apporte des ombres au tableau. L’étude du cabinet Asterès reprend les mesures réalisées par la Banque mondiale sur la performance logistique. Le LPI (Logistic Performance Index) se calcule selon des critères d’efficacité des flux, des infrastructures et des éléments de facilitation des échanges. En 2023, le rapport de la Banque mondiale place la France au 13° rang.

Le manque d’interopérabilité et la qualité des infrastructures

Elle affiche un indice de 3,9. Sa position la met au-dessus de la moyenne des pays du G7. Pour Nicolas Bouzou, « la France occupe une très bonne place ». Il tempère son argumentaire en comparant avec ses voisins. Les Pays-Bas, l’Allemagne et la Belgique se placent à des niveaux supérieurs à celui de la France. Et le fondateur du cabinet Asterès justifie cette place par le manque d’interopérabilité et la qualité des infrastructures. Or, il rappelle que la performance logistique impacte directement le PIB. Une hausse d’un point de l’indice LPI a pour effet d’augmenter de 0,14 % le PIB. Ainsi, si « les performances logistiques françaises s’alignent sur celles de l’Allemagne, l’effet immédiat serait une hausse de 0,7% du PIB », indique l’étude.

L’effet limité des barrières douanières

Outre ces aspects, la performance logistique a un impact direct sur les flux internationaux. L’étude démontre qu’une hausse de 10% de l’indice LPI permet d’augmenter de 3,5% les exportations et de 1,5% les importations d’un pays. Par ailleurs, l’étude révèle que les coûts logistiques représentent une part plus importante que les barrières tarifaires dans les coûts du commerce international. Le message est passé que les droits de douane américains n’ont qu’un impact limité avec une performance logistique. Et pour Nicolas Bouzou, la logistique portuaire et aéroportuaire pèse dans l’indice de la Banque mondiale. Il les qualifie de « pôles majeurs de création de richesse et d’attractivité. »