Ports français : un premier trimestre positif
Avec 72,2 Mt, en données brutes, les ports français enregistrent une croissance de 3,9% sur le premier trimestre. Les vracs liquides se stabilisent. Les solides progressent. Les diverses s’orientent à la hausse.
Le Service des données et études statistiques du ministère des Transports (SDES) publie le bilan du premier trimestre des sept premiers ports français. Il prend en compte les six Grands ports maritimes de l’Hexagone (Dunkerque, Haropa, Nantes Saint-Nazaire, La Rochelle, Bordeaux et Marseille-Fos) ainsi que celui du port de Boulogne Calais.
Données brutes ou corrigées
Cette analyse peut se percevoir sous deux angles. D’une part, elle peut se voir avec une baisse de 1,1% à 73,2 Mt. Cet angle de vue prend en compte les données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables. D’autre part, la publication du SDES peut se regarder en prenant les données brutes des trafics. Dans cette hypothèse, les chiffres varient puisque ces sept ports affichent un trafic global de 72,2 Mt. Nous considérerons ces derières données dans notre article.
Une hausse des volumes bruts
Les trafics globaux des GPM de l’Hexagone en données brutes sont encourageants. Leur score de 72,2 Mt les place à quelques longueurs au-dessus du trafic du premier trimestre 2022. Or, cette année s’est avérée comme une des meilleures depuis le début de la décennie. Ainsi, la bonne tenue des volumes sur le premier trimestre augure de bons résultats sur l’année.
Dunkerque et La Rochelle se distinguent
Sur ces trois premiers mois, deux ports se détachent. En effet, les GPM de Dunkerque et de La Rochelle affichent des progressions à plus de 12% par rapport au premier trimestre 2025. Dunkerque profite d’une demande plus élevée de minerais pour la sidérurgie locale. Quant à La Rochelle, elle bénéficie d’une reprise des exportations de céréales par rapport aux premiers mois de 2025. Haropa Port s’inscrit avec la même orientation. Les ports de la vallée de Seine augmentent de 6,8% à 21 Mt. Enfin, du côté des hausses se retrouvent aussi le port de Calais. Il surfe sur une reprise du fret transmanche. Le GPM de Nantes Saint-Nazaire se stabilise à 6,6 Mt.
Une baisse à Marseille et Bordeaux
Quant aux ports en baisse, ils sont au nombre de deux. Le GPM de Marseille-Fos rétrograde de 2,9% à 17,7 Mt. Il accuse le coup notamment sur les vracs liquides et les vracs solides. Les marchandises diverses compensent les diminutions de ces deux postes. Pour sa part, le GPM de Bordeaux voit on trafic de vracs liquides perdre 8,5%. Or, ce courant ente à hauteur de 75% du volume global.
Vracs liquides : l’effet conflit du Moyen-Orient
L’analyse des trafics par catégorie confirme la place des vracs liquides. Sur le premier trimestre, ils pèsent 31,7 Mt, soit 44%. Un courant qui se stabilise sur la période par rapport à 2025. En effet, il recule de 0,4%. Une orientation qui peut s’expliquer par l’ouverture du conflit au Moyen-Orient en février. La baisse des approvisionnements en pétrole brut joue. Le GPM de Marseille-Fos garde la main. Avec 11 Mt, le port phocéen voit son trafic reculer de 5,6%. Haropa Port et le GPM de Nantes Saint-Nazaire, les deux principaux sites de réception de ces produits affichent une progression.
Les vracs solides portés par les céréales et la sidérurgie
Les vracs solides affichent une bonne santé. Ils enregistrent une croissance de 14,7% à 12,1 Mt. Hormis Marseille-Fos, tous les ports répertoriés sont en progression. Ils bénéficient d’une campagne céréalière meilleure au cours de ce trimestre comparativement à 2025. Ainsi, Haropa Port gagne 22,4% à 3,4 Mt, dont une partie est liée aux matières premières agricoles expédiées depuis Rouen. Le GPM de La Rochelle suit la tendance avec une progression de 21,2% à 962 469 t. D’autre part, la sidérurgie de Dunkerque démarre l’année avec une reconstitution de ses stocks de minerais.
Les diverses en progression de 22,7%
Enfin, les marchandises diverses entrent à hauteur de 40% des trafics globaux de ces sept ports. Ils totalisent, sur ces trois mois, 28,4 Mt. Un volume en hausse de 22,7%. Ce secteur est dominé par le port de Boulogne Calais. Le port septentrional pointe en première place avec 9,8 Mt, soit 99% de son trafic. En un an, il gagne 2% en raison de la reprise du trafic transmanche. Haropa Port se positionne en deuxième place avec 7,9 Mt. Il perd 27,6% principalement en raison du roulier et des diverses. Pour sa part, le GPM de Marseille-Fos progresse de 38,3% sur ce trimestre à 5,1 Mt. Il est à noter aussi la progression considérable du GPM de Bordeaux de 102%. Le port girondin gagne 7 000 t d’une année sur l’autre.
Conteneurs : une augmentation de 8,7% à 1,4 MEVP
Quant au trafic conteneurisé, il s’inscrit dans une tendance de croissance. Sur le premier trimestre 2026, les sept ports réalisent un trafic de 1,4 MEVP, en hausse de 8,7%. Une orientation qui pourrait porter l’Hexagone à un trafic global proche des 6 MEVP, si la tendance se confirme aux autres trimestres. Ces données sont de bon augure quand le principal concurrent des ports français pour les conteneurs, Anvers-Bruges, perd 2,6% à 3,4 MEVP. Une partie des pertes du port belge tient aux mouvements sociaux. De là à imaginer que les ports français ont repris des flux destinés au territoire national, la tentation est grande.
Marseille-Fos affiche la plus forte progression
La principale progression est à mettre au crédit du GPM de Marseille-Fos avec 12,9% à 399 709 EVP. De son côté, Haropa Port demeure en première place avec 785 428 EVP, en hausse de 8,4%. Dunkerque, le troisième du classement, s’inscrit dans cette veine avec une amélioration de 1,1% à 190 732 EVP. Il est à mentionner une performance du GPM de Nantes Saint-Nazaire. Le port ligérien enregistre une croissance de 9,5% à 33 600 EVP.

