Corridors et logistique

Agents maritimes et consignataires de navires : une profession impactée par les changements du maritime

Le 3 juin, l’association des agents maritimes et consignataires de navires a tenu son assemblée générale. Au menu de cette année, un point sur la situation et un changement de gouvernance.

Les Agents maritimes et consignataires de navires (AMCF) ont tenu leur assemblée générale à Rouen le 3 juin. L’occasion pour les professionnels de faire un point sur la situation et « les sujets qui animent notre profession », a indiqué Jean-Pascal Bidoire, délégué général.

Les conséquences du conflit du Moyen-Orient sur le maritime

En ce début de mois de juin, les agents maritimes sont revenus sur le conflit qui fait rage au Moyen-Orient. Une guerre qui « déstabilise totalement le coût de l’énergie, l’économie mondiale et les échanges internationaux. » À la date de la réunion, il était difficile de prévoir l’issue de ce conflit. De plus, l’issue laisse peu d’espoirs sur les conséquences pour le commerce international et le transport maritime.

Des taux de fret imprévisibles

L’organisation française des agents maritimes et consignataires de navires est revenue sur l’année 2025. Elle rappelle que les volumes du transport maritime mondial ont augmenté de 0,5 %. Or, en 2024, la filière a enregistré une progression de 2,2%. Outre cette conjoncture morose, l’année passée a été marquée par des tensions géopolitiques, notamment dans le détroit de Bab el Mandeb. Alors, l’allongement des routes a entraîné une hausse des taux de fret pour couvrir le coût d’exploitation. Parallèlement, la mise en place de nouveaux droits de douane par les États-Unis, annoncée en avril et effectifs en octobre, ont perturbé l’activité. Enfin, la recomposition des alliances maritimes a aussi modifié le paysage.

Des priorités stratégiques revues

Ces différents éléments pèsent parfois lourdement pour les armements. Par voie de conséquence, les agents maritimes subissent par contre-coup les effets de cette nouvelle donne. Du côté des armateurs, note Jean-Pascal Bidoire, « les  priorités stratégiques ont visé l’adaptation à la décarbonation, à la numérisation, et les investissements. » Pour l’Europe, l’impact de la mise en place de l’ETS est également un enjeu important. Il nécessite une extrême vigilance sur ses conséquences en termes de compétitivité des ports.

Rendre l’impossible possible quel que soit le contexte local

Les guerres et conflits en cours, confirment la nécessité et l’importance d’une puissance maritime à la fois commerciale et militaire. « Dans ce cadre, nous tenons à rappeler le rôle capital de nos professions dans la chaine logistique internationale. L’agent maritime et le consignataire sont le lien entre la terre et la mer. Ils coordonnent et relient les autorités, les fournisseurs de services aux navires, les acteurs de la supply-chain et tous les intermédiaires portuaires. » Les agents doivent rendre l’impossible possible quel que soit le contexte local ou international.

Une nouvelle gouvernance

La réunion du 3 juin a aussi modifier la gouvernance de l’organisation. Le conseil d’administration d’AMCF a renouvelé la gouvernance. Ainsi, Johann Feltgen, directeur de Procéan Saint Nazaire laisse son siège. Il est remplacé par  Olivier Cebe,  directeur général de MCM Marseille. Johan Feltgen prend la vice-présidence pour l’activité des agents du liner. La vice-présidence pour les agents opérant dans le tramp est assurée par Antoine Poulain, directeur agence Associated Shipping Agencies à Calais. Trésorier : Henri Chotard, directeur de l’Agence Maritime Thomas à  La Rochelle, conserve son poste de trésorier. Le secrétariat général est assuré par Jérôme Christiaen,  directeur général de Lemaire V Shipping.