Commerce international : les échanges entre la Suisse et l’Afrique se maintiennent

Sur la dernière décennie, le commerce entre la Suisse et les pays africain reste stable. Des relations commerciales qui sont principalement centrées sur les services, explique le dernier rapport du SABC (Swiss-African Business Circle) publié le 29 novembre.

Les dernières données fournies par les autorités bancaires suisses estiment que 160 sociétés suisses travaillent avec le continent africain et disposent de personnels permanents sur le continent. Sur les 125 premières sociétés suisses, 40% réalisent des opérations de négoce, que ce soit en marchandise ou en service, avec des pays africains.

L’importance des relations commerciales entre la Confédération helvétique et l’Afrique n’est plus à démontrer. Or, ces relations commerciales demeurent stables sur la dernière décennie, constate le rapport du SABC (Swiss Africa Business Circle). En 2017, les échanges entre la Suisse et l’Afrique ont porté sur 5,2 Md CHF (4,6Md€). Une donnée stable sur la dernière décennie. L’Afrique représente, selon le rapport du SABC 1,3% du commerce extérieur de la Suisse. Ce chiffre ne prend pas en compte les échanges portant sur l’or. En intégrant cette commodité, les échanges entre l’Afrique et la Suisse s’élèvent à 12,1 Md CHF (12,7 Md€). En intégrant l’or, l’Afrique pèse 2,2% du commerce suisse.

La Suisse a tissé des relations commerciales avec l’ensemble des pays du continent africain mais, l’Afrique du sud, l’Égypte, le Nigéria, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie pèsent ensemble 75%. L’Afrique du sud entre en pole position avec 19% du volume financier des échanges. Les pays de la côte méditerranéenne de l’Afrique représente à eux seuls 48% du commerce entre la Confédération helvétique et le continent africain. Les pays du Maghreb, Maroc, Algérie et Tunisie, entrent pour leur part à 25%. En Afrique de l’ouest, le Nigéria et le Ghana pèsent 16% à eux deux. « Les volumes des relations commerciales entre la Suisse et l’Afrique sont quasiment identiques à ceux de 2009 qui représentaient à l’époque 5,3 MdCHF (4,6 Md€) et 1,6% du commerce extérieur suisse », indique le rapport du SABC. Le pic d’activité entre le pays alpin et le continent africain remonte à 2013 quand les deux entités ont vu leurs échanges portés sur 7,1 Md CHF (6,2 Md€) soit 1,9% du commerce international de la Suisse.

Des chiffres qui ne prennent pas en compte les échanges portant sur l’or. En intégrant le métal précieux, l’Afrique du Sud conserve sa première place avec 16%, viennent ensuite le Ghana qui entre pour 15%, le Burkina Faso (11%) et l’Égypte (10%). Les volumes du commerce entre la Suisse et l’Afrique comprenant l’or ont pour leur part crû de 75% entre 2009 et 2017. Le pic a été atteint aussi en 2013 avec un volume de 15,7 Md CHF (13,8 Md€), soit 2,5% du global du commerce extérieur suisse.

Exportation de produits chimiques et pharmaceutiques

Les exportations suisses vers l’Afrique s’élèvent à 3,4 Md CHF (3Md€). Une donnée qui reste stable sur la dernière décennie avec une légère tendance à la baisse. En 2009, les exportations suisses pesaient 2%. En 2017, les deux tiers des marchés suisses d’exportation sont l’Égypte, l’Afrique du sud, l’Algérie et le Maroc. Les deux premières nations, l’Égypte et l’Afrique du sud, ont vu les importations depuis la Suisse augmenter de respectivement 30 et 10%. À l’inverse, les exportations suisses vers l’Algérie se sont réduites de 60% et celles vers la Libye de 25%. Dans son rapport de novembre 2018, le SABC estime que 51% des produits exportés par la Suisse vers l’Afrique sont composés de produits chimiques et pharmaceutiques. Les machines et outils représentent 22%, les objets de précision comme les montres ou la bijouterie, pèsent pour leur part 10% et les produits agricoles entrent pour 9%.

Du côté des importations depuis l’Afrique vers la Suisse (sans compter l’or), elles sont passées de 1,1% en 2009 à 1% en 2017 du commerce extérieur total de la Suisse. 62% des importations suisses proviennent du Nigéria, d’Afrique du sud, de Tunisie et du Maroc. Ce dernier, le Maroc, a vu ses exportations vers la Suisse augmenter de 170% entre 2009 et 2017. L’Afrique du sud, pour sa part, a vu ses exportations progresser de 45%. D’un autre côté, les importations suisses depuis la Libye et l’Algérie ont presque disparu quand elles étaient de 40% et 10% en 2009. Les exportations africaines vers la Suisse sont principalement des produits énergétiques comme les hydrocarbures qui entrent pour 36%, les produits agricoles qui pèsent 27% et le textile à hauteur de 15%.

Les échanges entre la Suisse et l’Afrique sont portés en grande partie par les services. « Il est une tendance générale en Suisse de voir les services prendre une grande part des échanges internationaux du pays, environ un tiers », indique le rapport du SABC. L’Afrique ne déroge pas à cette règle. Les revenus générés par l’exportation de services pèsent 32% des échanges avec l’Afrique. Ils ont représenté 2,1 MdCHF (1,8 Md€) quand les biens entrent pour 4,4 MdCHF (3,8 Md€). L’Afrique du sud et les pays du Maghreb regroupent à eux seuls plus de 50% de ces revenus tirés des exportations de services suisses. Parce qu’une réputation ne se défait pas si facilement, 30% des services suisses exportés vers l’Afrique concerne les produits financiers suivis par les droits de brevet. Le transport prend la troisième marche du podium avec 14%, soit 298 MCHF (263 M€).

Un hub pour les matières premières
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Si les services entent pour une large part dans les échanges internationaux de la Suisse, les sociétés implantées dans la Confédération helvétique participent aussi aux échanges internationaux. « La chaîne logistique des matières premières est gérée, en grande partie, par des sociétés suisses qui ont, au cours des siècles, développé une expertise dans la création de valeur pour l’organisation des échanges, y compris dans les services financiers, les inspections, la certification et les assurances », continue le rapport du SABC. Selon la Swiss Trading & Shipping Association (STSA), le négoce en matières premières et les services afférents entrent pour 4% du PIB national. Pour le SABC, la Suisse est devenue un « hub du négoce des matières premières ». Des chiffres en atteste comme le négoce du pétrole réalisé pour un tiers de son volume mondial par des sociétés suisses. Les deux tiers des métaux de base (zinc, cuivre, aluminium, etc…) sont réalisés par des sociétés nationales ou leur filiale. D’autres matières premières passent entre les mains de sociétés suisses. Ainsi, les deux tiers des céréales négociées sur les marchés internationaux, la moitié du café ou encore du chocolat sont négociés par des sociétés helvétiques. Et l’Afrique disposant de réserves mondiales importantes, les sociétés suisses devraient continuer à accroître le poids des relations helvético-africaines. En effet, l’Afrique produit 70% du platine, 66% du cacao, 60% du cobalt ou encore 40% du manganèse et 10% du pétrole.

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