Algérie : le projet du port de Cherchell est relancé

Lors du conseil des ministres algériens le 28 juin, le ministre des travaux publics, Farouk Chiali, a présenté le projet de relance du port de Cherchell. Le président de la République algérienne a souligné l’importance de voir ce port se concrétiser.

Le projet de port du Centre à El Hamdania, dans la commune de Cherchell a fait couler beaucoup d’encre. Lancé en 2015, le port du centre a d’abord été la proie d’investisseurs peu scrupuleux. Lors du changement de gouvernement en Algérie, une partie des personnes présentes dans ce projet ont été arrêtées et emprisonnées.

Détrôner Tanger Med

Le gouvernement actuel a repris à son compte l’idée de créer sur le territoire algérien un port qui devrait être le futur pôle conteneurs de la Méditerranée. L’ambition d’Alger vise à détrôner Tanger Med. Lors du conseil des ministres du 28 juin, le ministre des Travaux Publics d’Algérie, Farouk Chiali, a présenté un exposé sur ce futur port.

Zones logistique et corridors logistiques

Outre le port, le projet prévoit aussi la construction d’une zone logistique et industrielle ainsi que d’un réseau ferroviaire et routier vers le sud du pays et les pays sahéliens. « Le projet sera réalisé par un financement mixte algéro-chinois à travers un prêt du Fonds national d’investissement (FNI) et un crédit de la banque chinoise Exim-Bank », indique le communiqué du conseil des ministres.

Relier le port au réseau routier et ferroviaire national

Pour relier le port au réseau national routier et ferroviaire, il est prévu la réalisation d’un tronçon autoroutier de 37 km avec système de péage pour le relier à l’autoroute Est-Ouest, à hauteur d’El Affroun (Blida). De plus, une double voie ferrée électrifiée vers la gare d’El Affroun d’une longueur de 48 km sera ajoutée. Les dossiers d’expropriation et les enquêtes ont été préparées assure le gouvernement. Un projet qui prend aussi en compte l’aspect environnemental des zones concernées.

Le désenclavement des pays africains

Le projet semble alors reparti sur de nouvelles bases. Le président de la République d’Algérie, Abdelmadjid Tebboune, a insisté sur ce dossier. Le retard occasionne des pertes, selon le chef de l’État. Par ailleurs, il a souligné « l’objectif stratégique de ce port étant le désenclavement des pays africains sans accès maritimes avec ce que cela implique en termes d’impulsion de la vie économique et de création d’emplois », continue le communiqué de presse du conseil des ministres.

La transsaharienne

Dans ce projet de port, le gouvernement algérien prévoit aussi la construction d’une liaison ferroviaire entre Alger et Lagos. La liaison entre Niamey et l’Europe serait plus courte par un port algérien et une desserte terrestre via le Sahara plutôt que de rejoindre un port de la côte ouest africaine et de remonter vers les pays sans littoral.

La concurrence entre fer et maritime

En premier lieu, la traversée par le Sahara de trains de fret suppose surtout que la région soit « pacifiée ». Les attaques par les groupes armés peuvent faire capoter ce corridor. En second lieu, l’économie de cette chaîne logistique doit aussi prendre en compte les taux de fret maritimes actuels. Le coût du fret maritime est actuellement bas. Celui du fret terrestre à tendance à croître. Or, l’alternative ferroviaire par l’Algérie pour desservir des pays comme le Niger, le Mali ou le Burkina Faso devra trouver sa place économique. L’option par Abidjan, Dakar, Lomé ou Téma pour relier ces pays reste attractive.

Il a, demandé au Premier ministre de prendre de nouveau contact avec le partenaire chinois. Il devra étudier le projet sur de nouvelles bases transparentes. Une nouvelle consultation devant le conseil des ministres est prévue dans les trois mois.

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