Ammonitrates : l’effet Beyrouth dans les ports français

Les deux ministères de l’économie et de la transition écologique ont missionné, le 30 septembre, leurs conseils pour identifier les risques liés aux trafics de nitrate d’ammonium dans les ports français. Des sinistres qui ne datent pas d’aujourd’hui.

L’onde de choc de l’explosion du 4 août dans le port de Beyrouth de 2700 t de nitrate d’ammonium se sera fait sentir jusqu’en France. Le 30 septembre, par l’ONG Robin des Bois indique que la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, et le ministre de l’économie, Bruno Lemaire, ont signé un ordre de mission aux Conseil général de l’économie, de l’industrie de l’énergie et des technologies, et au Conseil général de l’environnement et du développement durable d’effectuer des recherches sur les risques liés à la présence d’ammonitrates dans les ports.

Des rapports informatifs

Les deux conseils doivent rendre leurs conclusions dans les quatre mois. Les rapports de ces deux conseils sont informatifs, précise l’ONG. « Ils émettent des recommandations qui sont le plus souvent suivies de prolongements réglementaires », continue Robin des Bois. Plusieurs ports sont concernés en France, selon l’ONG. En Manche, Saint-Malo et Saint Brieuc sont visés. Sur la façade méditerranéenne, Port La Nouvelle et Sète vont faire l’objet d’analyses de risques. Le port de Perpignan, Port La Nouvelle, a prévu des travaux d’extension pour recevoir des trafics d’ammonitrates.

L’accidentologie dans le ferroviaire et le routier

La lettre de mission des deux ministères vise aussi à « d’évaluer la robustesse et l’applicabilité des dispositions pour le traitement de situations inhabituelles », ce qui implique la prise en compte des risques et de l’accidentologie aussi dans le secteur ferroviaire et le secteur routier et d’une certaine manière chez les producteurs d’ammonitrates, précise Robin des bois.

Des risques en mer

Pour l’ONG, outre les risques portuaires, les ammonitrates exposent les navires et leurs équipages à des risques d’incendie ou d’explosion à l’intérieur des eaux territoriales et de la zone économique exclusive. « Par conséquent, les préfets maritimes et les spécialistes du sauvetage en mer devraient aussi être consultés par les rapporteurs. La question du « refuge » pour les cargos en difficulté chargés de plusieurs milliers de tonnes de nitrate d’ammonium est centrale. »

Dans le port de Dakar, 2700 t découvertes

Les ammonitrates ont été à l’origine de nombreux sinistres au cours des dernières années. L’explosion de l’usine d’AZF le 21 septembre 2001 a déjà eu pour effet de mettre en place de nouvelles normes de sécurité dans les ports, avec l’obligation de disposer de pompes à très haut débit d’eau. L’explosion de Beyrouth aura remis sur le devant de la scène les risques de ces produits. Au Sénégal, dans le port de Dakar, une cargaison de 2700 t a été découverte. Destiné à des sociétés du Mali, les autorités sénégalaises ont demandé au destinataire d’intervenir rapidement et ce, malgré la fermeture des frontières du pays depuis le coup d’État militaire du 20 août. Le port de la capitale sénégalaise a subi un accident en 1992 d’un camion-citerne avec des ammonitrates liquides. Le bilan humain a fait état de 107 morts.

Déjà à Tianjin une explosion fait 165 morts

Les ammonitrates ont fait des ravages dans les ports depuis des années. En 2017, le Cheshire navigue au large des Canaries quand des fumées s’échappent des cales. Les explosions vont se limiter aux cales. Le navire sera ensuite remorqué jusqu’à Motril pour être déchargé. Il finira par être envoyé à la casse. En 2015, dans le port chinois de Tianjin, l’explosion d’un entrepôt a impliqué 800 t d’ammonitrates. Au final, 165 personnes vont trouver la mort.

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