Maroc : les opérateurs plaident pour une flotte nationale

Une conférence organisée par l’Amlog sur la maîtrise du transport maritime, le 15 mai, a plaidé pour le retour d’une flotte nationale marocaine. La volonté politique doit se coordonner avec la réalité économique.

Une flotte nationale permet de réduire sa balance de paiement. Un argument que les partisans des flottes avancent. Il n’en demeure pas moins que cela doit se faire dans le cadre d’une volonté politique.

Réduire le déficit de la balance des paiements

Le lien entre pavillon national et compétitivité de la chaîne logistique maritime devient importante. Lors d’un webinaire organisé par l’Amlog le 15 mai, les responsables économiques ont plaidé en faveur du retour d’une flotte sous pavillon. « La facture des services maritimes atteint des niveaux importants. Le déficit de 15 Md DHM (1,3 Md€) représente 45% de la facture énergétique », a rappelé Anes Eloualia, représentant la direction de la marine marchande du Maroc.

Une étude stratégique en 2015

En 2015, le ministère marocain a lancé une étude stratégique pour un plan d’action de 20 actions. Parmi ces actions, l’étude a proposé de proposer des réformes pour la mise à niveau des conditions de sécurité et de sûreté de la flotte nationale. Il est apparu que le cabotage national devienne la rampe de lancement de cette stratégie. Aujourd’hui, deux compagnies avec quatre navires se sont installées sur cette filière.

Disposer de moyens humains

Avec une flotte totale de 14 navires, le Maroc est revenu à son niveau d’après la colonisation. ” Avant toute politique, il faut savoir ce que nous voulons véritablement rassembler “, a indiqué Mohammed El Jaouadi, représentant Arma, l’organisation des armateurs marocains. Cela passe par la mise en place de moyens pour rassurer les investisseurs mais aussi pour « reconstituer un savoir-faire managérial du maritime ».

La concurrence internationale

Redonner un nouvel élan à la flotte nationale doit se faire dans les conditions de concurrence internationale actuelles. Aujourd’hui de nombreux navires sous inscrits sous des pavillons de libre immatriculation. Jusqu’à la crise du Covid 19, le lien entre pavillon national et compétitivité de la chaîne logistique n’avait pas lieu d’être. “Les choses ont évolué “, a souligné Abdelfettah Bouzoubaa, expert maritime. Les lignes qui desservaient le Maroc dans les années 80 sont désormais intégrées dans les schémas de transport des grands opérateurs.

Déployer le Made in Morocco

Il ressort des discussions entre les opérateurs que le choix d’un navire sous pavillon national doit se faire dans la stratégie nationale du Made in Morocco. La crise du Covid 19 a amené une prise de conscience sur la relocalisation de la production. « Les chargeurs doivent choisir le pavillon national dans le cadre de cette stratégie », a rappelé le vice-président de l’Asmex (association marocaine des exportateurs), Aziz Mantrach. Pour cela, il faut des navires marocains qui soient compétitifs par rapport aux autres flottes.

Une feuille de route politique

« Il y aura de la place pour le pavillon marocain s’il peut s’aligner sur ceux de libre immatriculation », a insisté l’expert maritime. L’important est de maîtriser le fret avant de se développer sur le pavillon. Et le représentant de l’Asmex a souligné que sans une volonté politique claire sur le sujet, il sera difficile pour un investisseur de se lancer sur ce marché. Les différents intervenants se sont accordés sur un point : « créer un observatoire, comme cela était prévu au début des années 2000 ne sert à rien. Il faut une feuille de route politique pour inciter à l’investissement ».

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

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