Villefranche sur Saône : un port à quatre modes

Le chargement le 16 mai d’un fluvio-maritime avec des grumes de bois confirme la place du  port de Villefranche sur Saône sur le fluvio-maritime.

Villefranche sur Saône, situé à 340 km de la mer, peut se revendiquer port maritime. Chaque année, le port reçoit des navires fluvio-maritime pour des trafics avec la Méditerranée.

Nouveau trafic de grumes consolidé

Le 16 mai, le chargement d’un navire fluvio-maritime de grumes de bois marque la mise en place d’un nouveau service. Les autorités portuaires de Villefranche souhaiteraient pérenniser la liaison.

Une complémentarité avec Arles

Le navire est remonté pour charger 1600 t de grumes. Le chargement a été complété sur la plate-forme d’Arles. « Au total, le navire charge un peu plus de 2000 t, dont 1600 t à Villefranche sur Saône et 400 à 500 t au port d’Arles », nous a expliqué Florent Dupré, directeur du port de Villefranche sur Saône.

Un flux qui pèse 6,2% des trafics totaux

Le trafic fluvio-maritime pèse 2,9% du trafic du port fluvial caladois. En 2019, le port a traité 52 027 t. Un chiffre qui prend en compte les quatre modes de transport (fluvial, fluvio-maritime, ferroviaire et routier). Sans les flux routiers, le fluvio-maritime entre pour 6,2% des trafics totaux.

L’export de produits agricoles

En 2019, la tendance a été à la baisse. Le fluvio-maritime est principalement actif sur les trafics de produits agricoles, métallurgiques et de minéraux bruts. L’an passé, le port a vu ses trafics agricoles progresser. Ils se composent d’exportation de céréales destinés aux fabricants d’aliments de bétail.

Un navire par semaine depuis l’Espagne

Les produits métallurgiques composent le second flux important du fluvio-maritime avec 10 761 t. Ces trafics sont en provenance d’Espagne et d’Italie. « Nous avons réalisé, l’an passé des trafics avec la Turquie. Ils sont suspendus pour le moment », continue Florent Dupré. Le marché espagnol a malgré tout été actif en début d’année. « Nous avons réalisé, jusqu’au confinement, un navire fluvio-maritime par semaine ».

La perlite a perdu du volume

Enfin, les minéraux bruts ont accusé en 2019 une baisse importante. Ils se sont contractés de 45,7% à 10 491 t. Il s’agit de flux en importation de perlite depuis la Sardaigne sur Villefranche sur Saône. Conjuguer avec les flux exports de bois sur l’Algérie serait judicieux. Il faudrait pour cela accorder les volumes. Enfin, les navires importent une partie des engrais depuis l’Algérie et la Tunisie.

Fluvio-maritime
Déchargement de produits métallurgiques en provenance de Méditerranée sur le port de Villefranche sur Saône. © Port de Villefranche sur Saône – Florent Dupré

Une logistique pertinente

Remonter le Rhône et la Saône depuis la mer peut paraître économiquement moins rentable. « Nous n’offrons pas les mêmes lots que le fluvial et le maritime avec le fluvio-maritime. L’offre logistique demeure encore intéressante pour les exportateurs français en ayant des lots plus petits à des coûts intéressants. » Et même si Florent Dupré ne veut pas jeter de l’huile sur le feu, le coût de passage dans un port fluvial permet une plus grande souplesse et reste moins cher.

Un port à quatre mains

Villefranche sur Saône a bâti son savoir-faire sur quatre modes. Outre le fluvio-maritime, le port offre des prestations fluviales, ferroviaires et routières. Avec un trafic global de 1,79 Mt, il a enregistré une croissance de 3,3% en 2019. Le port se divise en deux zones. Une partie de la circonscription est concédée à un opérateur privé. Il traite ses propres flux fluviaux de sables et graviers en fluvial.

834 000 t sur le port public

Le port public gère un trafic moins large mais plus diversifié. Avec 834 898 t, il a vu son trafic se stabiliser en 2019. Le principal trafic du port de Villefranche sur Saône demeure les produits agricoles. Ils représentent 16% en 2019 avec 288 751 t en intégrant les flux routiers. À ne pas prendre en compte que les flux massifiés, à savoir fluvial, ferroviaire et fluvio-maritime, le trafic de Villefranche sur Saône s’est établi à 112 345 t. Ces céréales partent soit par fluvio-maritime soit par fluvial ou encore par ferroviaire pour le terminal des Tellines au GPM de Marseille-Fos.

Un premier trimestre plutôt satisfaisant

Sur les premiers mois de l’année 2020, le directeur du port, Florent Dupré, se dit plutôt satisfait de la situation. « Comparativement aux autres ports de l’axe, nous avons bien résisté ». Les ports du bassin affichent une perte de 25% de leur trafic. « Notre baisse de trafic n’est pas aussi grande », continue Florent Dupré sans donner de chiffres précis.

Le Covid et l’écluse de Salaise sur Sanne

Le port affiche une baisse qui aurait pu être plus importante. En effet, avec la fermeture pendant six semaines de l’écluse de Salaise sur Sanne, le port n’a pu réaliser tous les trafics par voie fluviale. Une partie a été reportée sur le ferroviaire. Le confinement lié à la crise sanitaire s’est rajouté. Une crise qui a eu un impact notamment sur les produits métallurgiques.

Réfléchir à demain

La direction du port réfléchit d’ores et déjà à ce que pourrait être le port de Villefranche sur Saône demain. Dans un terme proche, elle examine les conditions pour l’achat d’une grue de plus grande capacité. Un outil qui améliorera la productivité des opérations de manutention. « Pour accompagner notre croissance, nous avons besoin de place », plaide Florent Dupré. Depuis plusieurs années, le port voit ses trafics croître régulièrement. « Nous avons encore de la marge mais rapidement nous allons avoir besoin de nouveaux espaces pour accueillir cette croissance ».

Mettre le port à niveau

De plus, les ports de Saône ont été construits, dans leur état actuel, au cours des années 90. Ils ont besoin d’une remise à niveau en fonction des nouvelles contraintes environnementales. « Nous sommes certifiés 9001 et 14001 mais nous devons malgré tout entreprendre encore des travaux ».

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

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