Niger : la boucle ferroviaire, le regret du président de la République

Le 7 avril, dans un message adressé au pays, le président de la République du Niger, Issoufou Mahamadou, a dressé un bilan des neuf années passées à présider aux destinées du pays. Il demeure un regret : la non réalisation de la boucle ferroviaire.

Le président de la République du Niger, Issoufou Mahamadou, a dressé un bilan des neufs années passées a présidé aux destinées du pays. Les élections de décembre devrait voir un nouveau locataire du palais présidentiel, la loi nigérienne limitant le nombre de mandats à deux.
Le président de la République a dressé un bilan du Plan Renaissance mis en place à son arrivée en 2011. Ce programme est destiné à relancer l’économie nationale. Le bilan tiré est positif pour le président. Avec un doublement du PIB entre 2011 et 2019 et une inflation limitée à 2% par an.

13% des ressources pour les infrastructures

Ce Plan de Renaissance a prévu un volet d’actions en faveur des infrastructures. « Le secteur des infrastructures a reçu en moyenne 13% des ressources contre 10% initialement prévus », a souligné Issoufou Mahamadou. Des allocations budgétaires qui ont permis de renforcer et réhabiliter le réseau routier. Au global, depuis neuf ans, le réseau routier a vu le nombre de kilomètres de routes bitumées augmenter de 2600 km. « Les linéaires des routes bitumées en perspective sont de plus de 2100 km », a continué le président de la République.

Arrêt des travaux après 140 km de lignes construites

Le locataire du palais présidentiel a cependant évoqué un grand regret. « À notre grand désespoir, ce projet, conduit par un investisseur privé, a été arrêté, juste après la construction du tronçon Niamey-Dosso long de 140 km, suite à un litige au niveau du Bénin ». Et pourtant, cette boucle qui doit relier Abidjan, Niamey, Ouagadougou et Cotonou a vu les premiers coups de pioche. « Nous avions démarré avec beaucoup d’enthousiasme la construction du chemin de fer Niamey Cotonou. » Pour le président de la République, l’arrêt des travaux constitue un grand regret de ses deux mandats. « La non- réalisation de ce chemin de fer au cours de cette période constitue un de mes plus grands regrets. »

Des procédures judiciaires

Ce projet de boucle ferroviaire est né en 2008 lorsque le Bénin et le Niger décident de lancer un appel d’offres pour créer une liaison entre Cotonou et Niamey. Appelée aussi l’Épine dorsale africaine, ce projet s’étend sur 3034 km dont 1946 km à réhabiliter et 1088 km à construire.
L’appel d’offres est remporté par la société Petrolin qui prévoit d’étendre cette liaison ferroviaire à des ports secs au Niger et au Bénin. Le contrat de concession mentionne aussi la possibilité pour le groupe pétrolier béninois de construire un port en eau profonde sur le site de Sèmè Podji. Le changement de président au Bénin, avec l’arrivée de Boni Yayi en 2013 change la donne. Le groupe Petrolin est dessaisi au profit de la filiale ferroviaire du groupe Bolloré, Bénirail. Le groupe logistique français souhaite étendre ce projet et l’intégrer dans une boucle plus large qui irait d’Abidjan à Cotonou en passant par Ouagadougou et Niamey. Le groupe Petrolin ne l’entend pas de cette oreille et saisi les tribunaux. Une première instance donne raison au groupe béninois, qui sera confirmée, en 2017, par une décision de la Cour suprême. En 2018, le nouveau gouvernement du Bénin de Patrice Talon, demande le retrait du groupe Bolloré et l’indemnise pour lui préférer une société chinoise.
Le projet sera relancé le novembre 2019 lors d’une réunion des ministres des transports des pays concernés. Des 1000 MdFCFA (1,5 Md€) prévus au début des travaux, la facture est évaluée à 4000 MdFCFA (6,09 Md€) fin 2019. Les études techniques doivent être lancées en 2020.

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.