Baromètre Upply : à l’est rien de nouveau

Le baromètre de Upply pour le mois de février montre peu de changements dans la situation. La demande reste élevée et les armements maintiennent leur stratégie.

« Soldez vos congés annuels maintenant, tous les navires sont pleins… ». C’est sur cette « demi-boutade » que Jérôme de Ricqlès, expert maritime de Upply, commence le baromètre pour le mois de février.

Demande soutenue du retail

Traditionnellement, la période suivant le Nouvel an chinois enregistre une baisse de la demande. Parce que cette année a un caractère exceptionnel, la demande n’a pas baissé, constate l’expert de Upply. « Au contraire, que ce soit sur les axes Asie-Europe ou Asie-Côte Ouest des États-Unis, la demande du secteur du retail reste extrêmement soutenue. Les industries de Chine et plus largement de toute la zone Asie tournent à plein régime. »

Stratégie de rareté des armements

Les armements continuent leur stratégie de la rareté. Ils maîtrisent l’accès à l’espace et aux conteneurs. Et par voie de conséquence, les taux de fret restent à des niveaux élevés. Ainsi, sur le lien Asie-Europe, Jérôme de Ricqlès souligne la hausse de 349% entre mars 2020 et aujourd’hui.

Report sur le prix final

La conséquence directe se répercutera sur les chargeurs et, au final, le consommateur. La hausse des taux de fret et du carburant de ces dernières semaines va directement se retrouver sur le prix du panier de la ménagère. Alors, « la Banque centrale européenne (BCE) accueille favorablement un scénario d’inflation à 2% pour la zone Euro en 2021, qui accompagnerait logiquement la reprise », continue l’expert de Upply.

Des prix élevés

L’analyse sur les prix laisse souffler une bise d’optimisme. Les taux se réduisent faiblement en février, indique le baromètre de Upply. Malgré tout, les prix demeurent à des niveaux élevés. Ainsi, en Transatlantique, le taux entre un chargeur et un armement se négocie entre 1500 et 1800$ pour un FEU dans un cadre de contrat annuel. D’Europe vers l’Asie, dans les mêmes conditions, le taux est estimé à 1000$. En sens inverse, ce même conteneur de 40’ se négociera aux alentours de 2500$.

Transatlantique: le bon élève montré du doigt

Le baromètre de Upply analyse en profondeur les lignes entre les États-Unis et l’Europe. En premier lieu, ce baromètre met en lumière le peu d’effets que les hausses des tarifs de douane ont eu sur ces échanges. Pour Jérôme de Ricqlès, le Transatlantique, « considéré comme un bon élève pour sa rentabilité est aujourd’hui montré du doigt pour sa sous performance financière. »

Miser sur les valeurs portuaires sûres

Du côté des services, les choses ne changent guère. Les armements se concentrent sur les ports qui apparaissent comme des valeurs sûres. Autre élément à prendre en compte, le début des négociations quinquennales des alliances avec les opérateurs portuaires. Jérôme de Ricqlès note que les terminaux les plus anciens et ceux qui ont le moins investi pourraient disparaître des schedules.

Premiers blank sailing en Transatlantique

Enfin, les compagnies maritimes continuent de jouer le jeu de la rareté. Entre l’Asie et l’Europe, les capacités de réservation ont rapidement été bouclées. Sur le Transatlantique, les armements annoncent les premières annulations d’escale et ce malgré les premiers assouplissements sur les droits de douane.

Congestion portuaire à Los Angeles, Long Beach et en Angleterre

Le monde portuaire est aussi impacté par ce phénomène nouveau. Les ports de Los Angeles et Long Beach sont congestionnés. Des reports sur d’autres ports de la côte ouest ne produisent que peu d’effet. Même scénario de congestion dans les ports britanniques. Avec en plus un manque de disponibilité des conteneurs vides, et le marché a toutes les cartes en main pour afficher de prochaines hausses.