La logistique maritime bloque le café péruvien dans les entrepôts

Selon les coopératives péruviennes de café, ce sont 25 000 t de produits qui sont bloqués dans les entrepôts des producteurs en raison du manque de navire.

Dans la balance commerciale péruvienne, le café occupe la première place au niveau des exportations. En 2020, le Pérou a produit 276 000 t de café. Le pays de la côte ouest de l’Amérique du Sud se place en deuxième position des pays exportateurs de café dans le monde, derrière le Mexique.

En attendant des conteneurs

Pour conserver son rang sur le marché, les exportateurs péruviens doivent disposer de capacités. Or, selon une dépêche de Agraria, 25 000 t de café seraient toujours dans les entrepôts et magasins des producteurs en attente de conteneurs pour exporter ses produits. La situation dure maintenant depuis plus de trois mois.

Un coût de 120 M$

Pour le président de Junta Nacional del Cafe, organisation nationale pour le café, Lorenzo del Castillo, l’incapacité à pouvoir exporter du café pèse lourdement sur le monde agricole péruvien. Il estime que ce manque à exporter représente environ 120 M$ de marchandises. Pour les petits producteurs, l’absence de capacité à l’export les empêche de disposer de liquidités pour la future production. De plus, le manque de capacité maritime intervient alors que le café enregistre actuellement une hausse de ses prix sur les marchés internationaux.

Les compagnies maritimes préfèrent les lignes à plus fort trafic

Ainsi, selon les chiffres de l’organisation nationale du café, les exportations ont enregistré une baisse de 23,5% pour la période de janvier à août 2021, par rapport à la même période de 2020. En effet, en 2020, ce sont 3,6 millions de sacs de café qui ont été exportés contre moins de 3 millions cette année. « Nous pourrions exporter par les ports de Paita, de Callao et de Guayaquil (Équateur). Les trafics au départ de ces ports maritimes sont faibles alors les compagnies maritimes préfèrent se recentrer sur les routes à fort trafic. Nous avons des lots qui attendent entre un mois et trois mois, ce qui constitue des pertes critiques pour notre industrie », indique le président de la Junta Nacional del Cafe.

L’aérien coûterait trop cher

Pour les exportateurs, une solution existe en utilisant le mode aérien. Or, avec un prix du café élevé sur les marchés internationaux ajouté à des surcoûts logistiques par avion, le café deviendrait trop cher sur les marchés européens et asiatiques.