Conteneurs : la performance portuaire se retrouve avant tout en Asie

Publié au début du mois de mai par la Banque mondiale et IHS, le Container Port Performance Index montre la qualité des ports asiatiques.

Le travail fourni par la Banque mondiale et la société IHS se base sur des données collectées dans plus de 350 ports dans le monde. Dans le document présenté au mois de mai, l’index de performance portuaire explique avec précisions les différents éléments prix pour mesurer la qualité de service de chaque port.

Des éléments pondérés par la taille et le nombre de mouvements

Pour tenter de créer une mesure la plus juste possible, les auteurs de ce document ont pris en compte tous les éléments techniques de l’arrivée du navire en rade jusqu’à son départ du port. Ces données ont été collectées par le système AIS. Ensuite, selon la taille du navire et le nombre de mouvements opérés, les résultats sont pondérés pour éviter de pénaliser des ports qui traitent des petits navires.

Des données qui intègrent la crise sanitaire

Le rapport a évalué les ports selon différentes mesures, ce qui rend le classement d’efficacité comparable dans le monde entier en évaluant et en normalisant les différentes tailles de navires et les mouvements de conteneurs par escale. Les données ont été collectées auprès des armements et des ports sur les douze mois de juillet 2019 à juin 2020. Une année pendant laquelle la crise sanitaire a commencé à engendrer des modifications importantes dans le commerce international.

Yokohama en pole position

Au final, selon l’approche administrative ou statistique apportée, il s’avère que les ports asiatiques occupent les premières places du classement. En effet, le premier port de ce classement se trouve être celui de Yokohama. Il est suivi par le port saoudien de King Abdullah. Le quinté de tête se termine avec deux ports chinois, Chiwan et Guangzhou, et un port taïwanais, Kaoshiung.

Algésiras, premier port européen

Le premier port européen de ce classement revient à Algésiras avec un score le plaçant au dixième rang mondial. Du côté français, le GPM de Nantes Saint-Nazaire se classe à la 255è position, juste devant Le Havre à la 258è place et Marseille à la 345è place. Une place basse pour le port phocéen puisque le classement contient 351 ports dans son classement. Les ports de Bordeaux et de Brest ont été sortis de ce classement en raison du peu d’informations disponibles.

Nouméa en tête des ports ultramarins

Les ports ultramarins n’ont pas été oublié. Le premier port de ce classement revient à Nouméa qui se positionne en 104è place. Le GPM de Martinique entre à la 125è place. Celui de Guadeloupe entre en 147è position, Port Réunion se place à la 334è position, juste après le port de Long Beach.

Afrique: Djibouti sur le haut du podium

Les ports conteneurisés africains sont menés par celui de Djibouti. Le port de la corne d’Afrique se situe en 61è position. Il surclasse de deux places celui de Shanghai et d’une place le port de Xiamen. Ceux d’Afrique de l’ouest se placent derrière. Dakar se place en 177è position, Abidjan à la 228è place, Conakry à la 238è place, Kribi à la 303è place et Lagos à la 340è.

Tonnage et performance ne sont pas sur la même longueur d’ondes

Le classement des ports selon leur trafic est loin d’être respecté. En effet, le premier port mondial conteneurisé en volume, Shanghai, se situe à la 63è place et celui de Singapour, second port en volume dans le monde, à la 15è position. En Europe, Rotterdam entre à la 106è place, Anvers à la 86è, Barcelone à la 75è et Gênes à la 321è place.

Un référentiel pour les autorités

Pour les rédacteurs de cette étude, « le Container Port Performance Index doit servir de référentiel pour les autorités, comme les gouvernements, les autorités portuaires, les opérateurs et les acteurs dans les opérations de commerce international et de services logistiques. » Pour l’avenir, la Banque mondiale et IHS souhaitent apporter des corrections en fonction des retours qu’ils recevront des différents opérateurs.

Une nouvelle édition 2021

Il est prévu une nouvelle édition sur la période de juillet 2020 à juin 2021 « pour apporter des comparaisons et des tendances dans la performance des ports conteneurisés ». Il sera aussi l’occasion pour les auteurs de chercher et expliquer les différences de classement selon l’approche statistique ou administrative. « L’objectif final vise à identifier les points à améliorer qui bénéficieront à tous les opérateurs du secteur ».