GPM Dunkerque : le port mise sur la logistique

Le GPM de Dunkerque a subi la crise sanitaire à l’image des autres ports européens. Il mise sur la logistique pour développer ses activités.

En 2020, le GPM de Dunkerque, Dunkerque Port, accuse un repli global de 14% à 45,2 Mt. Un repli global lié à la crise sanitaire. « Une année particulière avec de nombreuses incertitudes liées au Brexit et à la pandémie. Malgré ces évènements, nous constatons que Dunkerque Port a su mieux résister que ses concurrents », a commencé par indiquer Emmanuelle Verger, présidente du conseil de surveillance.

Nouvelle structure des flux

Cette résilience s’est manifestée par le maintien des opérations pendant tout le cours de l’année. Au final, si Dunkerque Port perd de son volume, l’année 2020 a montré une nouvelle tendance : les vracs solides sont passés derrière les marchandises diverses. « Nous avons perdu en volume sur ce courant, analyse Daniel Deschodt, président du directoire par intérim de Dunkerque Port. Une baisse que nous devons aux diminutions intervenues sur le charbon et les minerais. »

Charbon: un cycle baissier structurel

Avec 18,1 Mt, les vracs solides affichent un repli de 22%. Les minerais ont perdu 34% à 8,7 Mt. Sur les trois fourneaux d’ArcelorMittal, un seul a fonctionné pendant cinq mois en raison de la crise, explique la direction du port. Quant au charbon, il est entré dans un cycle baissier structurel. Le plan charbon mis en place par le gouvernement en 2018 produit ses premiers effets. La mutation vers l’utilisation d’énergies propres a des effets sur l’activité du port.

Trouver des alternatives pour évietr les licenciements

La diminution des trafics de charbon n’est pas sans effets sur le volet social. L’opérateur du terminal QPO (Quai à pondéreux ouest),  Sea Invest, voit une partie de son activité disparaître. Pour le responsable du syndicat CNTPA, Franck Gonsse, « cette tendance va se confirmer dans les prochaines années. Nous devons trouver des alternatives avec l’opérateur du terminal et les salariés pour éviter de voir des licenciements secs ».

GNL: diminution des volumes

Les vracs liquides s’affichent dans la même tendance avec une diminution de 18% à 7,7 Mt. Le GNL, en provenance des champs russes, a perdu des volumes. Dunkerque Port a traité 3,5 Mt en 2020, soit une baisse de 31%. « Nous comparons une année 2020 particulière avec une année 2019 exceptionnelle. Il faut relativiser », a souligné Daniel Deschodt. Quant aux hydrocarbures, ils restent stables à 3,4 Mt.

Bonne tenue des conteneurs

Enfin, si les flux des diverses reculent, 2020 a été marquée par la prédominance de ce courant. Avec 19,3 Mt, elles sont devenues le premier courant du port septentrional. Un phénomène qui s’explique par la tenue des trafics conteneurisés. En 2020, le GPM de Dunkerque établit un record avec 463 000 EVP, en hausse de 2%. Bien plus, les conteneurs pleins voient leur nombre augmenter de 5%.

Transmanche: hausse du nombre de camions

Dans cette catégorie des diverses, le Transmanche voit ses trafics perdre 1% à 14,8 Mt. Une baisse en tonnage mais une progression du nombre camion de 4% à 607 000 unités. Une hausse qui s’explique par les anticipations des britanniques. En novembre et décembre, les industriels d’outre-Manche ont créé des stocks avant le Brexit.

Quant aux marchandises conventionnelles, elles accusent une baisse de 50% à 600 000 t. L’arrêt de hauts fourneaux de l’usine d’ArcelorMittal a réduit la production de produits sidérurgiques qui composent une grande partie de ces flux.

L’avenir est à la logistique

En analysant ces flux, la direction de Dunkerque tourne son avenir vers la logistique. Une analyse partagée par le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete. « Le développement de la conteneurisation est synonyme de nouveaux emplois. La mairie accompagne la démarche du port ». Plusieurs investissements sont prévus dans ce sens.

L’addition de 80 hectares sur la ZLI

Ainsi, la phase 2 de la Zone Grandes Industries doit démarrer durant le second trimestre 2021. Les travaux doivent permettre de créer 80 hectares supplémentaires pour les opérateurs logistiques. Sur la zone Dunkerque Logistique Internationale, le port réalise actuellement de nouveaux accès routiers pour fluidifier le trafic.

Royaume-Uni: ajout de flux non-accompagnés

Autre piste de développement logistique, Dunkerque Port et les opérateurs privés ont vu l’ouverture de nouvelles lignes sur les îles britanniques. Avec le Brexit, les marchandises en provenance d’Irlande veulent éviter de passer par l’Angleterre. Les liaisons directes entre l’Irlande et le continent sont préférées. Le 3 janvier, un service assuré par DFDS relie directement Rosslare à Dunkerque avec du fret non-accompagné. « Nous disposons sur Dunkerque des liaisons ferroviaires. En privilégiant le non accompagné, les opérateurs font le pari d’une nouvelle logistique qui permet de s’affranchir du manque de chauffeurs routiers actuels en Europe », explique Daniel Deschodt.

Containerships relie Dunkerque et l’Angeleterre

Autre innovation dans le nord, la mise en service d’une liaison par Containerships vers les ports de Bristol et Liverpool. Elle offre des possibilités d’export vers l’Angleterre, le Pays de Galles et le sud de l’Écosse avec des conteneurs. « La conteneurisation et le non accompagné sont deux alternatives pour maintenir les échanges avec les anglais. Notre marché avec le Royaume-Uni est estimé à environ 17 Mt. Nous voulons apporter toutes les solutions pour que ces flux demeurent sur le port », indique le président du directoire par intérim.