GPM Guyane : après les bons résultats de 2020, le port attend ses grues

Avec une hausse de 2, 3% de son trafic global, le GPM de Guyane démontre sa résilience face à la crise sanitaire. En 2021, le port de Degrad des Cannes va moderniser sa manutention.

La Guyane a été fortement touchée par la pandémie de la Covid 19. Les entrées et sorties du territoire d’Amérique du sud ont été suspendues pendant un long moment. Si ces restrictions ont eu un effet sur les déplacements des particuliers, le commerce de marchandises n’a pas été autant touché. Le principal baromètre du département, le Grand port maritime, a vu ses trafics continuer à progresser.

Une hausse de 2,3%

En effet, en 2020, le GPM de la Guyane, situé sur la commune de Degrad des Cannes, a vu son trafic augmenter de 2,3% à 838 325 t. « La Guyane a bien géré la crise. En dehors du confinement, le département a privilégié le couvre-feu pour maintenir une activité économique », explique Philippe Lemoine, président du directoire du GPM de Guyane.

Une diminution des importations de véhicules

Le port de Degrad des Cannes est avant tout un lieu d’importation de produits en provenance de la Métropole. La gestion sociale de la pandémie a permis de maintenir le commerce. Au final, seules les importations de voiture ont vu leur nombre décroître. En nombre d’unités, elles perdent 9,7% à 11 329 unités. Outre l’effet Covid 19, les concessionnaires ont procédé dès la fin de 2019 a du sur stockage. Ce mouvement a ralenti l’activité import en Guyane des véhicules.

Vracs liquides: baisse de volume

Les vracs liquides ont vu leur volume ralentir. Ils perdent 2,3% à 265 618 t. Le confinement et ensuite le couvre-feu ont réduit sensiblement la consommation d’hydrocarbures dans le département au cours de l’année 2020. En appliquant une mesure de couvre-feu, les autorités ont permis aux habitants de se déplacer. Les déplacements ont pu être réalisés et la consommation d’hydrocarbures s’est maintenue au cours du second semestre.

Les diverses et les vracs en hausse

Les performances du GPM de Guyane sont à mettre au crédit des marchandises diverses et des vracs solides. En effet, la mesure de couvre-feu a permis aux activités du BTP de continuer. « Nous avons plusieurs grandes opérations en Guyane qui ont été suspendues que temporairement », explique le président du directoire. Ainsi, les produits pour cette filière du BTP, notamment le gypse et le clinker destinés à la fabrication du ciment, ont vu leur volume croître de 24,2% à 79 338 t.

Fret spatial stable

Enfin, les marchandises diverses ont connu une année 2020 en progression. Elles augmentent de 2,4% à 482 040 t. Elles se composent du fret destiné aux armées, du fret spatial et des produits pour la consommation générale de la population. Le fret pour les armées augmente régulièrement depuis quelques années. Le fret spatial a pour sa part été stable en 2020. Le retard dans le lancement d’éléments a reporté une partie du trafic prévu. Enfin, le fret conteneurisé pour les marchandises générales continue de croître. Avec 63 480 EVP, les conteneurs sont en hausse de 6,4%. Les conteneurs pleins accusent un léger repli de 1% à 34 680 EVP quand les vides augmentent de 16,5% à 28 800 EVP.

La gestion des vides

La particularité du port de Degrad des Cannes est d’avoir peu de produits à l’export. La réexpédition de ces boîtes vides, leur stockage sur le port en attente de leur chargement et la gestion de ces flux a toujours été un souci pour le GPM. Pour améliorer la fluidité des flux et augmenter la productivité des opérations, le port s’est engagé dans une opération de modernisation de la manutention.

De nouvelles grues

Le GPM de Guyane réalise des rails pour accueillir les grues sur le terminal. GPM Guyane

Cette modernisation passera par l’arrivée de nouvelles grues pour le terminal à conteneurs. Elles sont attendues pour le mois d’avril, assure le président du directoire. Construites par un consortium sino-français, elles seront installées et testées jusqu’à l’été. « Nous devrions voir ces grues devenir opérationnelles entre les mois de juin et de septembre », nous a confié Philippe Lemoine. Il reste encore des travaux de raccordement électrique à mener. « La pandémie a quelque peu retardé nos travaux mais nous serons prêts. »

Une productivité améliorée

L’entrée en service de ces grues va permettre d’améliorer la productivité du GPM. Aujourd’hui, les navires opérant dans le port doivent utiliser les moyens de manutention du bord. Demain, avec les grues, la manutention se fera avec des engins plus adaptés. « Parfois les conditions climatiques obligent les dockers à cesser le travail avec les engins de bord. L’arrivée des grues de quai évitera d’être sujet aux aléas climatiques », explique Philippe Lemoine. Au global, sur chaque escale, le port espère que le temps passé dans le port pourra être réduit d’une journée. Aussi, le chargement des vides pourra se faire plus rapidement. « Nous avons souvent une saturation du terminal avec les vides. Les temps de déchargement actuels ne nous permettent pas de procéder au rechargement des vides. Avec ces nouveaux moyens de manutention, nous pourrons réaliser toutes les opérations de l’escale et éviter la saturation des vides sur le terminal. »

Un espace pour les reefers

Outre l’arrivée des grues, le port aménage le terminal en dédiant une partie pour les conteneurs reefers. De leur côté, les manutentionnaires ont aussi entrepris de moderniser leur outillage. Des remorques et des tracteurs sont attendus pour permettre une évacuation plus rapide des boîtes.

Une ligne fluvio-maritime

En se dotant de ces nouveaux outils, le GPM de Guyane a dans son viseur la mise en service de nouvelles lignes maritimes. « Nous importons environ 30 000 EVP par an de produits depuis la Métropole principalement. Nous pensons que nous pouvons aussi avoir des lignes short sea avec les pays voisins », nous a confié le président du directoire. Ce projet de développement de cabotage fluvio-maritime a déjà fait l’objet d’un appel à manifestation d’intérêt.

Construire un navire dédié

« Nous avons reçu, avant le début de la pandémie, cinq candidatures pour le développement de ces lignes », indique Rémy-Louis Budoc, directeur de la stratégie et du développement du GPM de la Guyane. La crise sanitaire a coupé les avancées de ce projet. Les études sont en cours avec les candidats. Des réunions ont lieu pour faire avancer ce projet. Parmi les candidats, un armement prévoit de construire un navire spécifiquement dédié à cette ligne qui relierait notamment la Guyane et le Brésil. Il est prévu, en fin d’année 2021, une conférence entre les ports pour s’accorder sur les conditions de cette ligne.

Construction d’un poste de contrôle frontalier

L’ouverture de liaisons régionales doit s’accompagner par la mise en place d’un poste de contrôle frontalier. Aujourd’hui, les viandes brésiliennes doivent aller au Havre avant de revenir en Guyane pour subir les contrôles sanitaires européens. Le GPM a donc décider d’installer sur le port de Degrad des Cannes un poste frontalier. Les travaux sont en cours et devraient être livrés en 2022.

Début des études pour Saint Georges de l’Oyapok

Enfin, dans les projets d’investissements du port apparaît une zone logistique à Saint Georges de l’Oyapok. Situé sur le fleuve éponyme, cette commune de l’est de la Guyane permettrait de dynamiser les relations commerciales avec le géant voisin qu’est le Brésil. Le projet entre dans sa phase d’études. Les financements ont été bouclés. L’objectif du port est de créer une zone logistique de 90 hectares. Les études doivent s’achever en début 2022. Ensuite, interviendra la phase de recherche des financements et de l’aménagement de la zone.

Un système de frontière douanière intelligente

Dans cette zone logistique, le GPM souhaite installer un système de frontière douanière intelligente. « Il s’agit d’un Port Community System comme nous en disposons dans le port à l’image de CI5 d’AP+ », indique Philippe Lemoine. Ce système de guichet unique frontalier devra interfacer les logiciels des douanes françaises et des douanes brésiliennes.

L’année 2021 sous de bons auspices

Fort de ces projets mais aussi de perspectives économiques satisfaisantes, le président du directoire et le directeur du développement du GPM de la Guyane estiment que l’année 2021 devrait s’inscrire dans la croissance. « Les acteurs économiques sont en mode actifs. Les perspectives sont bonnes pour cette année avec des projets de logements sociaux et de nombreux ouvrages à construire », indiquent de concert, Philippe Lemoine et Rémy-Louis Budoc. De plus, l’entrée en service des deux grues en fin d’année sera l’entrée dans une nouvelle ère pour le port guyanais. « Nous allons franchir une étape que les ports de Métropole ont passé il y a 30 ans. Nous progressons à notre rythme », conclut Philippe Lemoine.

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