GPM La Réunion : des conteneurs pleins en hausse et le transbordement en baisse

Avec une baisse de 4% de ses trafics, le GPM de La Réunion a subi la crise sanitaire avec malgré tout un élément positif : le maintien à domicile a incité les habitants de l’île à consommer local.

Le trafic du GPM de La Réunion est, globalement en retrait de 4% par rapport à 2019 à 5,4 Mt. Une baisse qui se fait surtout sentir sur les vracs liquides. En effet, presque tous les postes de ce courant sont au rouge.

Vracs liquides: baisse généralisée

Les produits pétroliers et autres vracs liquides sont uniquement en entrée dans le GPM de La Réunion. Qu’il s’agisse de l’essence, du fioul, du bitume ou du gazole, les vracs liquides perdent 15% à 796 357 t. Le confinement du printemps et l’arrêt des activités aériennes ont eu raison de ces flux.

En effet, avec le maintien à domicile des réunionnais, la consommation en essence et en gazole s’est contractée. La suspension des liaisons aériennes a été aussi un élément de baisse du trafic de kérosène. Il perd 37% à 125 871 t.

Vracs solides: progression générale

Du côté des vracs solides, la situation a été meilleure. Les trafics affichent une progression de 7% à 1,1 Mt. Les réunionnais sont restés sur l’île pendant le confinement. En temps normal, ils ont l’habitude de beaucoup voyager. Ce maintien à domicile a eu pour effet d’augmenter la consommation sur l’île », explique Gilles Ham Chou Chong, directeur général adjoint du GPM de La Réunion.

Progression des céréales et du charbon

Ainsi, les céréales ont vu leurs flux augmenter de 2% à 234 153 t en 2020. Une hausse qui tient à la consommation locale. Une progression qui s’est aussi répercutée sur le charbon avec une augmentation de 13% à 620 412 t pour les besoins de la population locale en électricité.

Du charbon à la biomasse

L’île Bourbon compte aujourd’hui deux centrales à charbon. Elles utilisent en partie ce produit pour fonctionner mais tendent à se diversifier. Le groupe Albioma participe à la transition énergétique de l’île.

Ainsi, sur le site de Bois-Rouge, Albioma a inauguré la première centrale hybride charbon/biomasse. Elle utilise les produits issus du broyage de la canne à sucre pour produire de l’électricité. En 2023, cette centrale fonctionnera à 100% avec de la biomasse issue du broyage mais aussi d’importations.

Sucre: de nouveaux marchés

Les exportations de sucre en vrac sont aussi en hausse de 11% à 96 655 t. Les sucriers réunionnais ont trouvé de nouveaux marchés de niche qui demandent à exporter plus rapidement la production. Ainsi, toute la production a été traitée en 2020. Cette hausse du trafic export de sucre devrait se stabiliser dans les années à venir.

Ciment: baisse d’activité

Le seul produit à accuser une baisse de ses flux dans les vracs solides est le ciment. Il perd 13% à 51 051 t. La crise sanitaire a mis à l’arrêt bon nombre de chantiers au cours de l’année. Les besoins en ciment s’en sont ressentis.

Diverses: hausse des conteneurs pleins

Enfin, les marchandises diverses affichent une baisse générale de leur trafic. Les conteneurs reculent de 2% à 365 974 EVP. L’effet Covid 19 a eu pour effet de voir les conteneurs pleins progresser à La Réunion. En restant sur l’île, les habitants ont consommé localement ou importé plus.

Ouverture de trois grandes surfaces

Outre l’obligation faite à la population de rester sur l’île, l’ouverture de trois nouvelles grandes surfaces sur l’île, dont Leroy Merlin, a amené ces opérateurs à constituer leurs stocks de départ. Alors, les conteneurs pleins ont augmenté de 3% à 154 511 EVP ou une hausse de 4% à 1,69 Mt

Baisse des vides et du transbordement

La baisse du trafic conteneurisé s’est ressentie sur deux courants. D’une part les boîtes vides perdent 2% à 111 630 EVP. D’autre part, le transbordement a vu ses flux se réduire de 10% à 99 833 EVP.

Pour le directeur adjoint du GPM de La Réunion, l’activité de transbordement a subi les effets de la crise qui a sévie en Afrique de l’est. « Le groupe CMA CGM réalise des transbordements dans notre port pour les pays d’Afrique de l’est. Avec la baisse d’activité économique dans ces pays, le transbordement a été affecté ».

CMA CGM et MSC pour le hub

Le GPM de La Réunion est en concurrence avec celui de Port Louis à Maurice pour jouer le rôle de plate-forme de transbordement. Pour caricaturer la situation dans l’Océan indien, CMA CGM est à La Réunion quand MSC est à Port Louis. Or, ces dernières semaines, le port de l’île Maurice connaît des difficultés pour répondre à la demande. une partie du trafic de transbordement de l’armement suisse vient sur l’île Bourbon. MSC pourrait diversifier ses hubs et venir sur La Réunion, selon certains observateurs.

Voitures neuves: une baisse relative

Enfin, dans ces trafics de marchandises diverses, le trafic des voitures neuves accuse un repli de 18% à 28 865 unités. Une évolution que Gilles Ham-Chou-Chong relativise. « En 2019, nous avons réalisé un trafic de véhicules exceptionnel. En 2020, avec la crise sanitaire, la construction automobile a été lourdement impacté. Si nous comparons les chiffres de 2020 aux précédentes années, la baisse s’avère moindre ».

Deux portiques pour 2022

Cette année 2020 marquée par la crise sanitaire n’a pas empêché le port de continuer à investir. Les travaux entrepris sur le quai 1 ont continué. Ils doivent s’achever dans les prochains jours. De plus, le port a entrepris la commande de deux nouveaux portiques pour le terminal à conteneurs. Avec ces nouveaux engins, le port disposera de moyens de manutention adaptés aux navires touchant l’île.

Faire de la zone arrière un site logistique

En 2021, le GPM de La Réunion va entamer les discussions avec le conseil départemental pour l’acquisition des terrains en zone arrière du port. Cet espace a servi pendant la construction de la Nouvelle Route du Littoral (NRL) à entreposer les produits pour la construction. Avec la fin de la construction, cette zone devient libre.

La viabilisation interviendra après les travaux des carriers

Cette zone s’étend sur 80 hectares. Le port souhaite pouvoir occuper 20 hectares pour développer la logistique sur le port. La zone est actuellement en travaux par les carriers qui ont extraits des matières premières pendant la construction de la NRL. Une fois ces ouvrages terminés, le port viabilisera le terrain pour y implanter une zone logistique.

Une zone sur Saint Paul

Outre cette zone, le port et les opérateurs réfléchissent à d’autres terrains dans l’île. Sur la commune de Saint Paul, ils regardent avec intérêt des espaces pour implanter une autre zone logistique.