La femme africaine est une logisticienne née

La féminisation des métiers portuaires tend à se confirmer ces dernières années. Le Groupe Bolloré, au travers de sa filiale Bolloré Ports, mène une politique RH volontariste pour la parité. Deux femmes au parcours différent montrent la voie pour accélérer la féminisation du monde portuaire en Afrique.

La manutention portuaire a longtemps été considérée comme un métier réservé aux hommes. Le transport et le déplacement de charges lourdes constituait un frein à la féminisation. Les choses changent. L’évolution des différents process opérationnels et notamment la mécanisation ouvre tous les métiers de la manutention portuaire aux femmes.

Une présence dans les postes à responsabilité

En France, mais aussi sur les autres continents, l’arrivée de femmes sur les quais est récente. En Afrique, les femmes ont commencé depuis quelques années à prendre position dans différents métiers. Depuis la conductrice d’engins de levage jusqu’à la directrice opérationnelle d’un terminal en passant par des postes à responsabilité, les femmes occupent une place de plus en plus importante dans le secteur.

Une politique RH volontariste

Le Groupe Bolloré mène depuis quelques années une politique des ressources humaines volontariste pour encourager les femmes à se tourner vers ces métiers. « L’évolution de nos process opérationnels a montré que ce métier n’est pas le seul apanage des hommes, indique Adrian Lopez, directeur du développement RH et du recrutement de Bolloré Transport & Logistics (BTL). Nous avons favorisé l’entrée des femmes dans BTL et les accompagnons dans leur projet de carrière pour qu’elles continuent de monter en compétence au sein de nos différentes entités ».

13% de féminisation

Au sein de la filiale Bolloré Ports, les femmes représentent désormais 13 % de l’ensemble de nos effectifs. Bien plus, elles sont 24 % dans les postes de direction et de management de la structure. Elles occupent des métiers aussi divers que la direction informatique, des ressources humaines, de terminal voire des postes de portiqueuses, de conductrices d’engins de levage.

 

La progression de la féminisation dans la logistique portuaire

Cette proportion de femmes dans les métiers portuaires n’a eu de cesse de progresser sur les dernières années dans l’entreprise. Pour le responsable du développement des ressources humaines, cette tendance s’explique par la politique RH en faveur de l’égalité des genres. « Nous ne faisons pas de distinction lors du recrutement. Les femmes qui exercent ces métiers renvoient une image de courage et sont saluées par tous leurs collègues », continue le directeur du développement RH de BTL.

Le rôle majeur de la femme africaine

Cette place dans le groupe n’est pas anodine, notamment en Afrique. « La femme joue un rôle fondamental dans la cellule familiale en Afrique. Elles participent à l’économie du foyer et gèrent l’organisation quotidienne. Des qualités indispensables pour travailler dans la logistique », nous confie Adrian Lopez. Et cette approche est approuvée par des femmes en poste.

Des logisticiennes de tous les instants

Madina Yankalbe, directrice financière de Côte d’Ivoire Terminal (le second terminal à conteneurs de Bolloré Ports sur le port d’Abidjan), le souligne. « Dans notre vie personnelle, nous sommes des logisticiennes de tous les instants. Nous devons gérer l’économie du foyer mais aussi organiser la vie de famille. Être une femme, que ce soit en Afrique ou dans n’importe quel continent de la planète, reste un défi quotidien dans la vie professionnelle et personnelle. ».

Pas de victimisation

Une position qu’elle refuse de montrer comme une victimisation. « Il faut savoir pousser les portes et prendre des initiatives. J’ai démarré ma carrière au sein du groupe Bolloré au Ghana, puis au Gabon avant de rejoindre les équipes ivoiriennes. Ces évolutions, j’ai pu les réaliser parce que le Groupe Bolloré m’a fait confiance et m’a donné les moyens de m’exprimer ».

S’investir et savoir ce que nous voulons

Cette volonté d’entrer dans un métier traditionnellement masculin, Sandrine Wamy, directrice des opérations de Congo Terminal, l’a vécu toute sa carrière. Elle a suivi une formation dans l’informatique en Belgique au sein d’une filière majoritairement masculine. En entrant dans le Groupe Bolloré, elle a pris des postes à responsabilité en Afrique à la DSI (Direction des Services Informatiques). « En tant que femmes, nous devons nous investir et savoir ce que nous voulons faire. »

Savoir saisir sa chance

Au cours de sa carrière, Sandrine Wamy, a fait des choix. « Nous ne devons pas attendre qu’une opportunité se présente. Il faut saisir notre chance. En travaillant dans le Groupe Bolloré, nous avons la possibilité de pouvoir évoluer au même titre que les autres salariés et de suivre les formations nécessaires notamment via du e-learning. Cela a été bénéfique pour moi. Nos mères n’avaient pas cette solution de la formation à distance pour évoluer dans la société ».

Un investissement pour le continent

En intégrant Bolloré Transport & Logistics et ses métiers associés à une image « plutôt » masculine, ces deux femmes ont aussi fait le choix de s’investir pour le continent. Pour Sandrine Wamy de Congo Terminal, après avoir commencé une carrière d’informaticienne en Europe, elle fait le choix de revenir en Afrique. « Mon objectif en revenant en Afrique était d’apporter une pierre à la construction de l’émergence du continent. Le secteur de la logistique portuaire y contribue pleinement en participant au développement du commerce international du continent mais aussi des pays enclavés ».

Un retour impactant

 

Une réflexion que la directrice financière de Côte d’Ivoire Terminal partage. « Mon retour en Afrique devait avoir un effet impactant et une utilité à l’échelle du continent. Derrière les fonctions logistiques se dessinent toute l’importance de son développement économique ». Une réflexion qui prend toute sa mesure en raison des origines de Madina Yankalbe. Avec des parents venant du Mali et du Tchad, elle a pris très tôt en compte l’importance de la logistique pour les pays sans littoral du continent. « Le futur terminal à conteneurs d’Abidjan s’impose comme un outil technologique de premier plan mais ce sont toutes les populations des pays enclavés qui vont aussi en profiter ».

Une charte en faveur de la diversité

Pour le responsable du développement des ressources humaines de BTL, la représentation du passé sur les métiers portuaires a changé radicalement. En 2018, l’entreprise a mis en place une charte en faveur de la diversité et l’inclusion sociale. Elle se décline autour de quatre axes :

  • Respecter et promouvoir l’application du principe de non-discrimination dans le recrutement et l’emploi ;
  • Favoriser l’accueil et l’insertion de personnes en situation de handicap ;
  • Promouvoir l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes ;
  • Favoriser l’insertion professionnelle des jeunes.

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« En 2016, le groupe a connu une transformation de sa structure avec la création de BTL ce qui nous a amenés à formaliser les engagements que nous avions déjà pris précédemment au travers d’une nouvelle charte harmonisée qui a été ensuite déclinée dans nos différentes filiales. Elle est désormais l’ADN du groupe en matière de recrutement », indique Adrian Lopez.

L’évaluation sur les performances

Sur le terrain, les femmes africaines gardent la possibilité d’évoluer à tous les niveaux. « Dans tous les postes occupés au sein du Groupe Bolloré, j’ai été évaluée uniquement sur mes performances et mes résultats », souligne Sandrine Wamy. Et elle assure que lors des changements d’orientation au cours de sa carrière, « le Groupe ne m’a jamais mis de frein. La direction m’a demandé de m’assurer que mon projet était suffisamment mûr pour être réalisé. De toutes les manières, j’ai toujours été soutenue et accompagnée dans mes démarches ».

Une parité à venir naturellement

 

En Côte d’Ivoire, Madina Yankalbe se veut pragmatique : « La parité entre les hommes et les femmes se fera naturellement. Nous en sommes encore loin mais de nombreux progrès ont été faits en ce sens pour permettre aux femmes d’accéder à des postes à responsabilité. Il existe dans BTL une véritable volonté de hisser les femmes à des hautes fonctions managériales ».

Le centre de formation interne

Les possibilités d’évolution dans le Groupe sont favorisées grâce au centre de formation interne. Le CFPP (Centre de formation portuaire panafricain) a été ouvert en 2008. Basé à Abidjan, il propose diverses formations axées sur les métiers portuaires. Depuis sa création ce sont quelque 5 600 personnes qui sont passées par ce centre, indique le responsable du développement RH de BTL.

L’initiatives BT Elles

Ces parcours de femmes dans le monde portuaire africain sont montrés comme des exemples. Tant les salariées que la direction du Groupe souhaitent capitaliser sur ces succès. Toute la réussite de la politique RH porte sur cette action : montrer que les métiers actuels du portuaire sont ouverts à tous et toutes. « En interne, nous avons mis en place une initiative appelée Bt’ELLES qui vise à mettre à l’honneur les femmes de l’entreprise à travers leur parcours qui sont de véritables sources d’inspiration. Nous avons de nombreux exemples de réussite à montrer qui légitiment leur présence dans le secteur », continue le responsable du développement RH et recrutement de BTL.

Être des ambassadrices vis-à-vis des autres femmes

Pour ouvrir les portes de ces métiers aux jeunes filles, les actuelles salariées du groupe jouent un rôle d’ambassadrices. « Nous avons beaucoup de sœurs à convaincre. Il nous appartient, en tant que pionnières à inciter les plus jeunes à entrer dans cette filière », indique Madina Yankalbe. Elle souhaite qu’un mouvement en faveur de la féminisation des métiers de la logistique portuaire soit créé. « Nous avons défriché le terrain pour les plus jeunes », acquiesce Sandrine Wamy. Les plus jeunes doivent maintenant prendre le train en marche.

Des défis à venir

Sandrine et Madina ont réalisé une partie de leur rêve : apporter leur contribution au développement économique du continent africain. Quand nous leur avons demandé quel serait leur prochain défi, elles ont répondu d’une seule voix qu’elle se voyaient toujours dans le Groupe Bolloré mais peut-être à des postes différents. Et si elles se voient, dans la prochaine décennie, en poste en Afrique, elles restent néanmoins ouvertes à d’autres opportunités. Peu importe, les deux ambassadrices continueront à promouvoir la féminisation des métiers de la logistique portuaire auprès des nouvelles générations.

 

Si la presse se fait l’écho des sinistres de porte-conteneurs et de rouliers, comme l’Ever Given, le Golden Ray et d’autres, en 2020, ce sont les vraquiers et les cargos qui ont le plus souffert. Ensemble, ces deux catégories ont représenté 20 pertes totales. Pour leur part, les porte-conteneurs n’ont enregistré qu’une perte totale. Enfin, les pétroliers et les chimiquiers ont enregistré une seule perte totale pour chaque catégorie.